Le saut à ski est une discipline de la famille du ski nordique et qui consiste à descendre une pente sur une rampe (tremplin) pour décoller en essayant d’aller le plus loin possible. Outre la longueur du saut, les juges attribuent des points pour le style en vol et l'atterrissage du sauteur.
Le saut à ski est l'une des deux épreuves du combiné nordique.
Le ski est un moyen de déplacement utilisé par les chasseurs et les militaires depuis plusieurs milliers d'années. Au début du XIXe siècle, les militaires décident d'organiser des compétitions et le ski devient un sport.
Une légende raconte que Trysil-Knut (no) aurait sauté par-dessus douze soldats.
Le premier sauteur à ski connu de l'histoire est Olaf Rye, un lieutenant du royaume de Danemark et de Norvège, qui réalisa en novembre 1809 un saut de 9,5 mètres de haut pour montrer son courage à ses soldats à Eidsberg, en Norvège.
Ce sport trouve ses origines en Norvège où la première compétition se tient en 1862. La première grande compétition a lieu sur le mont Husebybakken à Oslo en 1879. Holmenkollen est aujourd'hui considéré comme le berceau du ski nordique. Le saut à ski fait son apparition aux Jeux olympiques dès la première édition de 1924.
Discipline historique, le saut à ski est couramment pratiqué dès l'apparition du ski dit « nordique » en Europe continentale à la fin du XIXe siècle.
Le skieur s'élance du haut d'un tremplin enneigé ou revêtu de matière synthétique pour atteindre une vitesse élevée dépassant les 100 km/h pour les tremplins de vol à ski. À cet instant, il doit donner une impulsion afin d'aller le plus loin possible dans les airs. Cette impulsion est d'une importance capitale car le nez du tremplin ne remonte pas. Une fois en l'air, le sauteur, qui a le talon libre, se penche en avant de façon à placer son corps entre ses skis afin d'obtenir une portance optimale sur l'air. Il se redresse au moment de l'atterrissage et doit alors effectuer une « fente » avec les pieds en position dite « télémark », figure prise en compte dans la notation de style du sauteur.
On peut distinguer trois phases essentielles qui permettent d'effectuer un saut de qualité :
La phase d'élan, sanctionnée par la vitesse obtenue par le sauteur au bout du tremplin. Une bonne vitesse est essentielle pour réaliser un bon saut. Cette vitesse dépend de la position d'élan du sauteur, de son relâchement dans la trace, de son poids, encore une idée reçue : la vitesse est totalement indépendante du poids- pire les lourds vont moins vite sque les légers !-, de la capacité des skis à glisser sur la piste ;
L'impulsion au bout du tremplin, qui doit être puissante et réalisée exactement au bon moment.
La phase de vol, déterminée principalement par le poids du sauteur, sa position en vol et la qualité de la transition entre l'impulsion et la position de vol.
On distinguait généralement deux catégories de sauteurs il y a encore 25 ans :
Les sauteurs athlétiques ou sauteurs, qui arrivaient vite au bout du tremplin, produisaient une impulsion forte mais obtenaient relativement peu de portance sur l'air par leur poids du corps important et la trajectoire en cloche de leur vol consécutive à leur impulsion ;
Les sauteurs légers ou voleurs, qui arrivaient moins vite au bout du tremplin, produisaient une impulsion moins forte, mais obtenaient beaucoup plus de portance sur l'air en raison de leur poids du corps faible et la trajectoire rasante de leur vol, rapide, résultant d'une impulsion plus mesurée.
De nos jours[Quand ?], tous les sauteurs sont très légers et ont un indice de masse corporelle faible (le contrôle de l'IMC a été installé sur le circuit international pour lutter contre l'anorexie).
En 2008, tous les sauteurs d'un niveau international ont une détente sèche d'environ 60 à 70 cm pour un IMC égal à 18,5 (P/T2) soit environ 1,84 m pour 63 kg.
Plusieurs techniques se sont succédé à travers l'histoire du saut à ski. À la fin de la Première Guerre mondiale, les scientifiques, comme Reinhard Straumann, se sont intéressés à cette discipline pour déterminer la position du corps idéale et la plus aérodynamique en phase de vol. Les Norvégiens ont mis au point la technique dite de Kongsberger (en référence à la ville de Kongsberg), vulgarisée par Jacob Tullin Thams et Sigmund Ruud (tous deux champions du monde dans les années 1920). La partie supérieure du corps au-dessus des hanches était courbée vers l'avant, avec la position des bras mobiles tendus vers l'avant tandis que les skis étaient parallèles. Cette technique a permis de passer d'une distance de 45 mètres à plus de 100 mètres jusqu'aux années 1950. Vient ensuite la technique de Däscher du nom du sauteur suisse Andreas Däscher où les bras sont alors placés en arrière, tout comme celle de Windisch, du nom du sauteur allemand Erich Windisch.