Sandrine Gruda, née le 25 juin 1987 à Cannes, est une joueuse française de basket-ball évoluant au poste d'intérieure. Elle devient rapidement l'une des joueuses majeures de l'équipe de France et l'une des meilleures joueuses européennes, attirant ainsi les convoitises des meilleurs clubs européens avant de rejoindre la Superligue de Russie. Elle est désignée meilleure joueuse européenne de l'année 2009 par la FIBA Europe.
Avec la sélection française, elle obtient un titre européen en 2009, la médaille d'argent en 2013, 2015, 2019, 2021 et deux médailles de bronze en 2011 et 2023 ainsi que deux médailles olympiques, l'argent en 2012 et le bronze en 2020. Ses 2878 points en équipe de France durant sa carrière sportive, achevée en 2024, font d'elle à cette date la meilleure marqueuse de l'histoire de la sélection.
Née à Cannes, elle est élevée en Martinique depuis ses trois ans, avec ses sœurs par son père Ulysse, ancien pivot international, après le décès de sa mère. Après une formation au Golden Lion Basket Ball et au Pôle Espoir de la Martinique, c’est en 2002 que la jeune Martiniquaise alors âgée de 15 ans s’envole vers la Métropole et entame sa route par la filière fédérale. Elle débute trois ans plus tard dans le championnat professionnel féminin à 18 ans à Valenciennes. Recrutée comme quatrième intérieure, elle devient très rapidement un élément majeur, tant en championnat national (15 pts à 63 %, 81 % de réussite aux lancers-francs, et 6,3 rebonds) qu’en Euroligue. Laurent Buffard témoigne « On l’a recrutée à l’âge de 18 ans comme quatrième joueuse du secteur intérieur, mais elle s’est très vite imposée. Elle possédait déjà une dimension athlétique hors norme. ». Lors de l'Euroligue 2006, l'USVO atteint le Final Four disputé à Brno et échoue en demi-finale face au club local du Basketbalový Klub Brno sur le score de 61 à 54, Gruda apportant 14 points et 8 rebonds à son équipe en 35 minutes. Sur la scène française, Valenciennes est battu par Bourges en finale deux victoires à une (68-56, 66-85 et 71-58) en LFB 2005-2006 et également lors du tournoi de la fédération 65 à 72, toujours face au même adversaire. La jeune pivot est nommée meilleure joueuse (MVP) française de la ligue, cumulant ce titre avec le titre de meilleure espoire.
Le 17 janvier 2007, elle est nommée meilleure jeune joueuse européenne de l’année 2006 par la FIBA. Ce classement est déterminé à partir d’un vote de la part de fans sur internet et par une sélection d’experts comprenant journalistes, joueurs et entraîneurs.
En mars 2007, elle signe un contrat avec le club russe de UMMC Iekaterinbourg pour la saison suivante, rejoignant ainsi son entraîneur de Valenciennes Laurent Buffard qui vient de prendre la direction sportive. En avril, à l’occasion de la draft WNBA 2007, la Française est choisie en 13e position du premier tour par la formation du Sun du Connecticut, franchise avec laquelle elle signe un contrat de trois ans. À l'âge de 20 ans, elle suit son entraîneur à Iekaterinbourg. Elle explique « En Sibérie, les journées très courtes et les températures extrêmes (jusqu’à – 45 °C en hiver) sont compensées par un environnement propice au basket de haut niveau. « C’est une ville qui me correspond, où j’ai une vie simple (...) le club dispose de moyens très importants. » Pour la préparatrice physique Sabine Juras, qui a suivi Buffard en Russie, puis qu'elle retrouve dans le staff de Valérie Garnier en équipe de France : « Très rapidement, elle a assimilé beaucoup en ce qui concerne le travail et la rigueur. Elle a fait preuve d’une capacité d’adaptation incroyable. A 20 ans, en Sibérie, elle n’était pas paumée ni déconcentrée par les conditions extérieures. »
Elle termine la saison par une finale du championnat où elle apporte 21 points (à 10/17) et 7 rebonds en 36 minutes lors de la victoire du match aller à Bourges sur le score de 64 à 55, puis 11 points et 7 rebonds en 35 minutes lors de victoire 70 à 61 à Valenciennes qui donne le titre à ses couleurs. Comme lors de la saison précédente, elle est nommée MVP française de l'année (le titre d'étrangère revenant à Hamchétou Maïga-Ba) et de meilleure jeunes espoire. Durant la saison estivale, elle décide de privilégier l'équipe nationale et ne rejoint pas la WNBA.
Sous ses nouvelles couleurs russes, elle doit se faire une place au sein d'un effectif riche d'individualité. Le club se qualifie pour le Final Four qui se tient à Brno. Le club échoue en demi-finale face au tenant du titre, également russe, du Spartak région de Moscou. Lors de la rencontre, terminée sur le score de 68 à 78, Gruda marque 8 points à 4 sur 8 aux tirs et capte 2 rebonds en 26 minutes. Ekaterinbourg termine finalement troisième de la compétition après sa victoire sur Bourges. Le club échoue ensuite en finale de la Superligue, face au même Spartak.
Après la fin de la saison en Europe, elle décide de privilégier sa carrière américaine en WNBA. Pour sa première saison dans la ligue américaine, elle dispute 31 rencontres, dont une dans le cinq entamant la rencontre. Elle réalise 6 double-double et termine la saison avec 6,2 points de moyenne et 3,5 rebonds en 15,4 minutes.
La saison suivante, elle évolue de nouveau dans la ligue russe. En Euroligue, le club russe échoue comme la saison précédente en demi-finale, de nouveau face au même adversaire, sur le score de 83 à 74, Gruda apportant 12 points (5 sur 7) et 8 rebonds en 37 minutes. Toutefois, Ekaterinbourg, qui a changé d'entraîneur durant la coupure hivernale, remporte la Superligue. Gruda est pour sa part nommée MVP, fait d'autant plus remarquable que la Superligue accueille la plupart des meilleures joueuses mondiales.
Après sa campagne victorieuse avec l'équipe de France au championnat d'Europe, elle enchaîne avec sa deuxième saison en WNBA. Elle devient l'une des joueuses majeures de son équipe, commençant 25 des 26 rencontres de la saison régulière auxquelles elle participe. À la fin de celle-ci, elle est la deuxième marqueuse de sa franchise avec 13,5 points derrière Asjha Jones et la première au rebond avec 6,3 prises. Elle est même désignée joueuse de la semaine. Cependant, avec un bilan de 16 victoires pour 18 défaites, son équipe n'est pas qualifiée pour les play-offs.
En février 2010, elle est désignée joueuse européenne de l'année 2009 (2009 Women's Player Of The Year) par la FIBA Europe. Elle devance la Lettone Anete Jēkabsone et la Russe Maria Stepanova. Sa saison européenne avec Ekaterinenburg se termine par une nouvelle élimination en demi-finale de l'Euroligue, sa quatrième à titre personnel, et la troisième avec son club. C'est de nouveau le principal rival de celui-ci en Russie, le Spartak Région de Moscou, qui empêche Gruda et ses coéquipières d'atteindre la finale. Durant cette rencontre, remportée 87 à 79 par le Spartak, Gruda termine meilleure rebondeuse de son équipe avec 11 prises mais elle doit se contenter de 4 points, 1 sur 4 aux tirs, 1 passe et 2 contres. Ekaterinenburg remporte ensuite la troisième place en triomphant du club polonais de Wisła Can-Pack Cracovie. Ekaterinenburg remporte toutefois le championnat russe et la coupe de Russie.
Elle retrouve pour la troisième fois la franchise de Connecticut pour la saison WNBA 2010. Les joueuses du Sun de Connecticut terminent la saison régulière avec un bilan équilibré de 17 victoires pour 17 défaites. Cependant, ce bilan, cinquième de la conférence Ouest, ne permet pas à la franchise de jouer les playoffs. Durant cette saison, elle voit arriver Tina Charles, la no 1 de la draft WNBA 2010 et qui terminera la saison avec quatre titres, sur quatre, de rookie of the Month (meilleure débutante du mois) et le titre de rookie of the Year (meilleure débutante de l'année). Celle-ci devient la titulaire du poste de pivot. Sandrine Gruda, qui n'entame désormais que dans six rencontres sur les 28 qu'elle dispute (contre 25 sur 26 la saison précédente), est avec 11,5 points la troisième marqueuse de son équipe. Elle est également la quatrième de son équipe au classement des rebonds avec 4,5 prises. Elle reçoit des votes pour le poste de sixième femme de la saison, titre qui revient finalement à DeWanna Bonner.