Samy Elmaghribi, né Salomon Amzallag à l'état-civil, dit aussi Elmaghribi, est un chanteur et musicien marocain, né le 29 avril 1922 à Safi (Maroc) et mort le 9 mars 2008 à Montréal (Canada).
Salomon est le plus jeune des trois fils (dont Raphaël) du tailleur Amram Amzallag et de sa femme Farha.
Venant de la ville portuaire de Safi, sa famille juive s'installe à Rabat à partir de 1926.
Là, il commence à se familiariser avec la musique arabo-andalouse dans le quartier juif de la ville et en autodidacte apprend à jouer du oud ; à 7 ans, il se fabrique un luth.
Après la mort de sa mère, alors qu'il est âgé de 14 ans, son père déménage avec ses enfants dans la ville de Salé où il se remarie avec une veuve qui avait trois enfants, et fonde une nouvelle famille. Samy étudie à l'Alliance israélite de la ville. Il se perfectionne dans l'art musical par la suite en fréquentant le Conservatoire de musique de Casablanca et les cercles des maîtres de musique andalouse.
À 20 ans, il décide de quitter son poste de directeur commercial pour se consacrer uniquement à la musique. Il chante en arabe et entre 1950 et 1965, compose une musique populaire inspirée des motifs traditionnels connus sous les noms de malhûn au Maroc et hawzi en Algérie, basés sur le système de modes des noubas du gharnati arabo-andalouse (de Grenade) et de variations mélismatiques, et ainsi crée son propre style musical.
La sensibilité de sa poésie le fait surnommer « Chanteur de l'émotion ». Ayant accès aux palais marocains, il est le chanteur préféré de Mohammed V dont il avait salué le retour d'exil de Madagascar par l'une de ses compositions (Alef hniya ou hniya : Mille souhaits de bienvenue), en 1955, qui devient un grand succès populaire. Avec son orchestre de musique légère, les « Samy Boys », composé de dix musiciens en costume européen, il devient avec Salim Hilali qu'il admire, l'une des stars du divertissement à Casablanca où il possède une grande maison avec son studio d'enregistrement, et se produit dans le club du sheikh Radwan du centre-ville.
C'est l'époque où commence la légende du nom de « Sami Almagribi » qui vend alors des milliers de disques, en utilisant la technologie rapportée de France. Ses musiciens témoignent qu'il était généreux avec eux mais exigeant (loyauté envers les sources, exclusivité de jeu, horaires, costumes...).
« Sa popularité s'étend à la publicité commerciale : Elmaghribi est devenu un porte-parole officiel de Coca-Cola au Maroc. « Ses dialogues parlés et ses accrochages musicaux pour la société de boissons gazeuses ont été joués en forte rotation sur Radio Tanger International au cours des années suivantes », écrit le professeur Christopher Silver.
Durant cette période, il devient le son d'autres marques comme Gillette, Palmolive, Canada Dry et Shell Oil ».
Lors des années menant à l'indépendance du Maroc, sa famille quitte le Maroc pour Paris et lui-même en 1959 s'y installe d'abord pour y poursuivre sa carrière. Il confie à des amis que la raison principale de son départ du Maroc était liée au sentiment que lui vouait une sœur du roi Mohammed V, auquel le musicien n'aurait pas répondu ; le roi lui aurait laissé la vie sauve en échange de son exil.
Des Juifs du monde entier l'invitent à se produire lors de célébrations et de festivals, en Suisse, en Algérie, au Venezuela, aux États-Unis, au Canada ou en Israël. Lors d'une arrivée à l'aéroport de Tel Aviv, parmi ses fans venues en autocars et rassemblés pour le saluer, les personnes âgées ont pleuré de joie en le voyant.
En 1960, il écrit une chanson pour exprimer sa peine et celles de ses compatriotes marocains après le tremblement de terre d’Agadir.
Entre l'Amérique du Nord et Israël
Il s'installe à Montréal en 1967, où vit une importante communauté juive ; il devient ministre officiant (chantre, paytan et poète) de Shearith Israël, la synagogue hispano-portugaise de la ville, durant seize années, sans pour autant abandonner complètement le chant et la musique populaire pour des concerts donnés devant public au Canada, à Caracas, au Maroc, en France et en Israël.
Entre 1984 et 1996, il vit dans un penthouse face à la mer et travaille à Ashdod en Israël ; il y gère son emploi du temps selon les règles de Maïmonide. Dans les années 1990, Almagribi est pendant plusieurs années le directeur pédagogique du centre de musique séfarade « Piyyut Tikvatnu » à Ashdod et dirige l'orchestre du centre. Il soutient en 1994 la création de l'(he)Orchestre andalou israélien où des solistes marocains viennent du monde entier se produire avec lui. Il y engage également de grands musiciens soviétiques émigrés et les aide financièrement.
Il retourne au Canada en 1996 et octogénaire, participe à de nombreux événements musicaux comme lors du Festival de Chant Gharnati à Rabat et Oujda en 1999 et de l'Arab-Andalusian Festival à l’UNESCO à Paris en 2000, ou invité en 2006, dans l'émission populaire télévisée Shada al alhan, dont l’enregistrement deviendra viral sur internet.
En Amérique, il travaille pendant un certain temps comme chantre de la synagogue séfarade « Beit Yosef » dans le New Jersey aux États-Unis et enseigne la liturgie sépharade, entre autres à l'université Yeshiva à New York.