Ce Jour-là

Samuel de Champlain

Navigateur, cartographe, soldat, explorateur, ethnologue, géographe, commandant et chroniqueur français, colonisateur de la Nouvelle-France (vers 1567-1635)

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Samuel de Champlain, né vraisemblablement à Brouage (royaume de France) entre 1567 et 1574 (peut-être baptisé le 13 août 1574 à La Rochelle au temple Saint-Yon) et mort à Québec en Nouvelle-France le 25 décembre 1635, est un colonisateur, navigateur, cartographe, soldat, explorateur, ethnologue, géographe, commandant et auteur de récits de voyage français. Il fonde la ville de Québec le 3 juillet 1608.

Après une formation de navigateur en Saintonge (vers 1586-1594), il s'enrôle comme soldat en Bretagne (1595-1598), puis devient explorateur des colonies espagnoles d'Amérique (1599-1601), du fleuve Saint-Laurent (1603) ainsi que de l'Acadie (1604-1607) et de la côte atlantique (entre l'actuel Nouveau-Brunswick et Cap Cod). Il nomme définitivement la Nouvelle-France en l'inscrivant sur la carte de 1607, représentant l'Acadie à partir de La Hève jusqu'au sud du Cap Cod. Champlain enracine la première colonie française permanente, à Port-Royal d’abord, puis à Québec ensuite. À cette fin, il bénéficie du soutien du roi de France Henri IV, de Pierre Dugua de Mons, de François Gravé et du chef montagnais Anadabijou.

N'appartenant pas à la grande noblesse, Champlain agit en tant que subalterne d'un noble désigné par le roi. Il est ainsi d'abord lieutenant du lieutenant général de la Nouvelle-France, Pierre Dugua de Mons et à partir de 1612, « lieutenant du vice-roi de la Nouvelle-France » qui est successivement le comte de Soisson, le prince de Condé, le duc de Montmorency et celui de Ventadour. À partir de 1633, Champlain est lieutenant du cardinal de Richelieu dans toute l'étendue du fleuve Saint-Laurent.

Les difficultés rencontrées dans l'entreprise d'une colonisation de l'Amérique du Nord sont nombreuses, et ce n'est qu'à partir des étés 1634 et 1635, dans les dix-huit derniers mois de sa vie, que Champlain voit son rêve de colonisation se concrétiser, avec l'arrivée et l'établissement de quelques dizaines de familles de colons. Son acharnement à vouloir implanter une colonie française en Amérique du Nord lui vaut, depuis le milieu du XIXe siècle, le surnom de « Père de la Nouvelle-France ».

Samuel de Champlain est né dans une famille protestante. Son enfance est inconnue, mais il en tire une bonne formation de navigateur et de cartographe dans l'armée royale de Bretagne, ainsi que de dessinateur et de rédacteur de textes. Il écrit plus tard de nombreux ouvrages (voir Œuvres). Il dit lui-même « qu'il s'affectionne dès le bas âge à l'art de la navigation et l'amour de l'océan ». Un document de 1601 indique un lien familial avec Guillaume Allène, son oncle lorsqu'il hérite de son domaine viticole situé à La Jarne, près de La Rochelle. Guillaume Allène est allé vivre à Brouage en 1583 lorsqu'il avait épousé l'une des sœurs de la mère Champlain. Robert Le Blant a retrouvé dans les archives de l'Ille-et-Vilaine, la première mention de Samuel de Champlain. C'est un relevé de paie dans l'armée royale de Bretagne daté du mois de mars 1595.

Dans l'armée du roi, en Bretagne (1595 - 1598)

Champlain prend part aux guerres de religion, qui ont ravagé le royaume de France dans la seconde moitié du XVIe siècle et où se sont opposés catholiques et protestants, appelés aussi huguenots. Henri IV luttait contre les catholiques de la Ligue, mais en 1593, Henri abjure sa foi protestante et il est sacré roi en février 1594.

Samuel Champlain s'engage au printemps 1593 dans l'armée du roi, sous la direction des maréchaux d'Aumont, de Saint-Luc, puis de Brissac, à Blavet, dans le sud du duché de Bretagne. Champlain intègre alors le Service des Logis de l'armée royale de Bretagne, véritable école de cartographie. Cette armée levée par Henri IV vise à soumettre le duc de Mercœur, gouverneur sécessionniste de Bretagne et baillistre de la maison de Penthièvre. Il s'agit d'un épisode central de la huitième guerre de religion (1585–1598), au cours duquel le duc de Mercœur, dans le souci d'arracher la Bretagne catholique au « roi hérétique », offre refuge aux dernières troupes rebelles de la ligue catholique et organise le débarquement d'un corps expéditionnaire espagnol.

« La Rochelle étant le centre du parti huguenot, les ligueurs ne tardèrent pas à y porter leurs armes, et nous avons vu que, dès 1577, ils vinrent mettre le siège devant Brouage, sous la conduite du duc de Mayenne. Champlain nous dit qu'il « était employé en l'armée du roi sous messieurs le maréchal d'Aumont, de Saint-Luc, et maréchal de Brissac, en qualité de maréchal des logis de la dite armée durant quelques années ». […] Mais, en 1586, alors que François d'Epinay de Saint-Luc défendait Brouage attaquée par Henri de Navarre et le prince de Condé, il est assez probable que Champlain avait déjà quitté le foyer paternel pour défendre sa ville natale contre les envahisseurs huguenots. Il pouvait avoir alors vingt ans. Après la mort de Henri III, tombé sous le poignard d'un assassin, les ligueurs se soumirent les uns après les autres à l'autorité du roi de Navarre, devenu roi de France. Champlain continua à porter les armes, mais il dut subir l'autorité de ses chefs, devenus les ardents défenseurs de leur ancien adversaire. »

En avril 1598, Henri IV signe l’édit de Nantes, reconnaissant aux protestants la liberté de conscience. Samuel Champlain aura servi dans ce corps d'armée pendant trois ans, jusqu'à la paix de Vervins (2 mai 1598). Il s'y taille une bonne réputation auprès de ses supérieurs hiérarchiques. D'abord fourrier, « aide » de Jean Hardy (qui est le maréchal des logis), puis « enseigne » du sieur de Millaubourg, il finit par obtenir le grade de maréchal des logis. D'ailleurs, il recevra du roi dès 1603 une rente viagère qui, en 1618, sera augmentée à 600 livres par an.

Espion en Amérique (1599 - 1601)

Après la paix de Vervins signée par la France et l'Espagne le 2 mai 1598, Champlain accompagne son oncle Guillaume Allène, dit le capitaine provençal, qui est chargé de rapatrier les troupes espagnoles cantonnées à Blavet. Ils arrivent à Cadix à bord du Saint-Julien le 14 septembre 1598 et leur navire est vite réquisitionné par le gouvernement espagnol pour rejoindre la flotte envoyée dans l'Amérique ibérique afin d'en ramener de l'or et de l'argent. Allène devant rester en Espagne, Champlain devient le « maître ordinaire » du Saint-Julien, c'est-à-dire celui qui est chargé de diriger l'équipage français, sous les ordres du capitaine espagnol du bateau.

Ce voyage fut très formateur : « Son traité sur la navigation publié en 1632, le « Traitté de la marine », souligne également un apprentissage par observation de la pratique plutôt qu'académique. Il montre peu de connaissances des principes mathématiques de la navigation et de topométrie, mais il utilise les procédures élémentaires de navigation et d'arpentage. Comme il ne cite que des textes espagnols et n'utilise que la lieue marine espagnole, c'est probablement à bord du vaisseau de son oncle qu'il accumula ses connaissances en navigation et cartographie. »

À son retour en France, il présente ses observations compilées dans le « Brief Discours » à la cour du roi. Il ne reprend pas un carnet de voyage, fait d'un journal tenu au jour le jour et de cartes crayonnées sur le terrain, car un tel document aurait pu être facilement découvert par ses compagnons espagnols et il aurait alors couru le risque d'une arrestation pour espionnage. Il se contente de ses souvenirs, plus ou moins précis, qu'il complète avec des informations recueillies lors de conversations, de lectures et de visites de cabinets de curiosités. La confrontation du Brief Discours avec les archives espagnoles permet de douter que Champlain ait visité en personne tous les lieux décrits, en particulier l'île de la Marguerite, Mexico et l'isthme de Panama.

Analyse des mœurs des « Indiens » et du traitement qu'ils subissent

Le récit de Champlain est non seulement géographique, mais il couvre aussi la flore, la faune et l'ethnologie. Vers 1600, les Espagnols et Portugais dominent l’Amérique du Sud avec une population de 160 000 habitants pour environ cinq millions d’« Indiens ». Il décrit ainsi les mœurs des « Indiens » :

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