La Salle Pleyel est une salle de concert et de spectacle située dans le 8e arrondissement de Paris, au 252 rue du Faubourg-Saint-Honoré, entre l'avenue Hoche et la place des Ternes. Depuis les travaux menés en 2015, sa capacité est de 2 036 places assises et de 2 503 assis/debout.
Du nom de la manufacture française de pianos Pleyel, elle était jusqu'en 2015, date de fin de la programmation en musique classique, une salle de concerts symphoniques. Inaugurée en 1927, elle prenait la suite de plusieurs « salles Pleyel » créées au cours du XIXe siècle.
De style Art déco, elle est considérée comme l’une des grandes salles françaises du XXe siècle comme un « passage obligé de la gent musicale internationale ». Elle a contribué à l’animation de la vie musicale de Paris en accueillant, depuis son ouverture, environ vingt-cinq millions de spectateurs lors de vingt mille concerts. Plusieurs fois rénovée, elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 3 septembre 2002.
Ré-ouverte en septembre 2006 après quatre années d’interruption, elle a été gérée par la Cité de la musique de 2006 à 2014, qui en est devenue propriétaire en juin 2009, et a accueilli en résidence l’Orchestre de Paris et l’Orchestre philharmonique de Radio France de septembre 2006 à décembre 2014.
Avant l'ouverture de l'auditorium de la maison de la Radio en 2014 puis de la Philharmonie de Paris en 2015, c’était la seule salle parisienne spécifiquement construite pour la musique symphonique, les autres concerts avec orchestre ayant lieu notamment à la salle Olivier-Messiaen de la maison de la Radio et de la Musique et à la salle Gaveau, plus petites, ou au théâtre des Champs-Élysées et au théâtre du Châtelet, des salles à l’italienne.
Depuis janvier 2015, la programmation relève de la Philharmonie de Paris, et la Cité de la musique a donné la concession de la salle pour quinze ans au groupe Fimalac, dans le cadre d'une occupation temporaire du domaine de l'État. Afin de laisser le répertoire de la grande musique classique à la Philharmonie depuis son ouverture, la programmation de Pleyel a été réorientée vers le répertoire de musique moderne au sens large, elle ne propose plus de concerts de musique classique.
À mi-chemin entre la place Charles-de-Gaulle et le portail sud-ouest du parc Monceau, elle est plus directement desservie par la station de métro Ternes.
La salle Pleyel trouve sa lointaine origine dans les deux salles de concert précédemment construites par Camille Pleyel, le fils d’Ignace Pleyel, compositeur et fondateur en 1807 de la célèbre manufacture de pianos Pleyel, tous les deux successivement facteur de pianos officiel du roi sous la Restauration et sous la monarchie de Juillet. Dès l'origine, à travers l'organisation de concerts prestigieux et la venue de compositeurs et de pianistes célèbres, l'objectif de ces deux salles successives vise à offrir à la marque une vitrine assurant la promotion de la grande qualité et du « son à la française » des pianos Pleyel, dont la notoriété est déjà établie. Ces salles vont en effet largement participer de l'accroissement de la visibilité de la marque Pleyel et de ses pianos, favorisant encore leur rayonnement et, partant, leur haute réputation qui ne tarde pas à devenir mondiale dès le milieu du XIXe siècle. Elles sont en fait un prolongement direct et logique des pianos Pleyel, de même que la salle actuelle conçue à sa création elle aussi dans cette perspective.
Un salon, d’environ cent cinquante places, est d’abord ouvert le 1er janvier 1830 au no 9 de la rue Cadet, dans le 9e arrondissement. Il accueille de grands pianistes de l’époque, dont Frédéric Chopin en 1832 et Franz Liszt en 1833.
La première salle Pleyel proprement dite est construite en 1838–1839 au no 22 de la rue Rochechouart, à côté de la manufacture, et inaugurée en décembre 1839. Dans cette salle de cinq cent cinquante places ont lieu des concerts de piano et de musique de chambre qui occupent une place importante dans la vie musicale parisienne du XIXe siècle. De nombreux grands musiciens s’y produisent : Chopin y donne son dernier concert en 1848, et elle voit les débuts, entre autres, de Camille Saint-Saëns, âgé de onze ans, en mai 1846, de César Franck, d’Anton Rubinstein etc. En janvier 1897, le compositeur et virtuose pianiste Edouard Potjes y donna un concert très apprécié. Dans cette salle sont notamment créés :
le Deuxième Concerto pour piano de Saint-Saëns, en 1868, et son Cinquième Concerto, le 2 juin 1896 ;
plusieurs œuvres de Ravel, dont :
les Sites auriculaires, le 5 mars 1898, par Marthe Dron et Ricardo Viñes,
la Pavane pour une infante défunte et Jeux d'eau, le 5 avril 1902, par Ricardo Viñes,
et la Sonate pour violon et violoncelle, le 6 avril 1922, par Hélène Jourdan-Morhange et Maurice Maréchal.
Au début des années 1920, l’ingénieur et architecte Gustave Lyon, directeur de la manufacture de pianos Pleyel, décide de faire construire un grand centre musical avec en son cœur une salle de concert symphonique de trois mille places bénéficiant des dernières recherches en acoustique musicale, et intégrant des studios et des espaces d’accueil et d’exposition, permettant notamment de promouvoir les instruments produits par la société. En 1922, il confie la réalisation de son projet à l’architecte Jacques Marcel Auburtin, qui meurt en 1926 ; deux de ses collaborateurs, André Granet et Jean-Baptiste Mathon, le remplacent. Le chantier est lancé le 5 décembre 1924 sur le terrain situé au no 252 de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, à proximité de la place de l’Étoile, et achevé en 1927.
la grande salle, d’une capacité 3 000 places environ ;
la salle Debussy, d’une capacité de 150 places environ ;