Saint-Pierre est une commune française et une sous-préfecture de la collectivité territoriale unique de Martinique depuis 1995 et chef-lieu de l'arrondissement de Saint-Pierre. Saint-Pierre est située à 31 km au nord de Fort-de-France sur la côte caraïbe au sud-ouest de la montagne Pelée. Ses habitants sont appelés les Pierrotains (aussi écrit Pierrotins) et les Pierrotines.
Fondée en 1635 par Pierre Belain d'Esnambuc, c'est la plus ancienne localité de la Martinique dont elle est la capitale administrative (chef-lieu) jusqu'en 1692. Elle fut aussi la capitale économique et culturelle de la Martinique jusqu'en 1902, date de sa destruction par l'éruption de la montagne Pelée, avant d'être progressivement reconstruite à partir de 1923. L'ensemble de la ville est labellisée Ville d'Art et d'Histoire en 1990.
La ville de Saint-Pierre est située sur la côte nord-ouest de l'île de la Martinique à 31 km au nord de Fort-de-France sur la côte caraïbe au sud-ouest de la montagne Pelée qui culmine à 1 397 mètres d'altitude. Le climat y est de type tropical.
La rade de Saint-Pierre est profonde et n'a à craindre que les vents de l'ouest. Elle constitue un excellent lieu de mouillage. Une partie de la rade, nommé le Plateau, possède des fonds avec moins de déclivité qui forment, relativement à ceux qui existent devant la ville, un exhaussement qui permet d'y mouiller par 24 brasses d'eau, en se tenant a deux encablures de la côte.
La ville de Saint-Pierre est bâtie au bord de la mer des Caraïbes, le long d'une plage de sable, et s'élève en amphithéâtre sur un terrain dont les pentes sont généralement peu rapides. Elle est traversée par une rivière, la Roxelane, qui la divise en deux parties formant, l'une, le quartier du Fort, en souvenir du fortin qu'y éleva d'Esnambuc à son arrivée, et l'autre, le quartier du Mouillage. Avant 1902, la ville se divisait en trois paroisses, celle du Fort, du Centre et du Mouillage, la rivière limitant la paroisse du Centre, au nord, et la rue du Petit-Versailles, numéros pairs, la limitant au sud.
La position topographique des quartiers de Saint-Pierre a une grande influence sur leur climat. Dans le quartier du Mouillage, les vents d'est sont interceptés par les mornes qui le cernent, à savoir, du sud au nord, le parapet de la batterie Sainte-Marthe (43 mètres), le morne d'Orange (124 mètres) et le morne Tricolore (195 mètres), d'où résulte une chaleur qui se trouve encore accrue par les rayons du soleil que les escarpements réfléchissent sur cette partie de la ville. Il en est de même pour le quartier du Centre que dominent le plateau Trouvaillant (153,70 mètres) et le morne Abel (140 mètres). Le quartier du Fort n'étant dominé par aucune hauteur voisine du côté de l'est, les vents de cette direction y soufflent avec liberté et tendent sans cesse à rafraîchir l'atmosphère.
Dans les environs de la montagne Pelée, les terres ne présentent que des débris de pierres-ponces mêlés aux détritus végétaux. Cette terre légère est d'un bon rapport et d'un travail facile.
Saint-Pierre est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Pierre (Martinique), une agglomération intra-départementale regroupant 1 commune et 3 961 habitants en 2023, dont elle est une ville isolée.
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Fort-de-France, dont elle est une commune de la couronne. Cette aire, qui regroupe 28 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants.
La commune, bordée par la mer des Caraïbes à l'ouest, est également une commune littorale au sens de la loi du 3 janvier 1986, dite loi littoral. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit.
Saint-Pierre doit son nom à l'apôtre éponyme, saint patron de son fondateur, Pierre Belain d'Esnambuc.
Fondation de Saint-Pierre et colonisation française
Le 15 septembre 1635, le flibustier Pierre Belain d'Esnambuc débarque dans la rade de Saint-Pierre avec 150 colons de la colonie française de Saint-Christophe. Il installe ainsi la première colonie permanente dans l'île de la Martinique, le Fort Saint-Pierre de la Martinique (actuelle ville de Saint-Pierre), pour le compte de la couronne de France et de la Compagnie des îles d'Amérique.
Développement de Saint-Pierre et de la Martinique
De ce premier établissement, les premiers colons de Martinique partent à la conquête du reste de l'île. Afin d'éviter de se soumettre au joug colonisateur, les derniers autochtones de Martinique, les Caraïbes, se seraient alors suicidés en se jetant d'une falaise au nord de la ville, nommée depuis le tombeau des Caraïbes. Il s'agit d'une interprétation erronée d'un épisode de la colonisation de Grenade par les Français, durant laquelle les Caraïbes, surpris lors d'une fête, préférèrent mourir ainsi, plutôt que sous les coups des assaillants. Durant les premières décennies de l'implantation française, l'île est productrice de denrées coloniales fournissant de forts profits : tabac (pétun), roucou, indigo, cacao. La crise du tabac de la seconde moitié du XVIIe siècle ruine les premiers planteurs qui se tournent vers la production de sucre.
Saint-Pierre est alors la capitale administrative de la Martinique puisqu'elle abrite le palais du Gouverneur. L'Hôpital militaire Saint Jean-Baptiste de Saint-Pierre est établi à Saint-Pierre en 1665 : le prix de la journée y est fixé à cinq livres de tabac. En 1671, la ville est victime d'un incendie. En 1692, le palais du Gouverneur est transféré à Fort-Royal et Saint-Pierre perd son statut de capitale administrative, mais reste la capitale économique et le centre culturel de la Martinique jusqu'en 1902.
Une ordonnance du gouverneur, publiée en 1724, enjoint d'envoyer hiverner à Fort-Royal les navires en rade à Saint-Pierre à cause des ouragans.
En 1759, tentative d'invasion de la Martinique par les anglais : Saint-Pierre est bombardée le 19 janvier, sans succès. Saint-Pierre se dote d'une chambre de commerce et d'agriculture en 1760, qui envoie un député à Paris. Deuxième invasion anglaise de la Martinique en 1762 : celle-ci réussit. La Martinique est rendue à la France par le traité de Paris de 1763.