La fête de la Saint-Nicolas est issue de la célébration religieuse du 6 décembre, telle que fixée par le calendrier liturgique de l'Église catholique. Prenant de l'ampleur et quittant le cadre strictement religieux au fil des temps, elle met en scène saint Nicolas, un personnage quasi légendaire inspiré de l'évêque lycien Nicolas de Myre et de son compatriote, mais ayant vécu deux siècles plus tard, le moine Nicolas de Sion, dont les traditions hagiographiques se confondent à tort depuis le Xe siècle. Une légende, en particulier, racontait qu'il avait sauvé des orphelins d'une mort atroce.
Lors des célébrations dont le déroulement peut différer selon les régions, saint Nicolas récompense les bons comportements des enfants en les gratifiant de cadeaux ou de friandises, souvent assisté d'un compagnon à l'allure menaçante, qui est chargé de punir ceux qui n'ont pas été sages.
C'est une tradition vivace dans de nombreux pays d'Europe qui se déroule dans les jours précédant le 6 décembre, — ou le 19 décembre du calendrier julien pour les Églises orthodoxes qui suivent encore ce calendrier (russe, géorgienne, jérusalémite, serbe) et le mont Athos — jour de célébration du saint dans les églises chrétiennes.
La Saint-Nicolas est une fête inspirée de l'évêque lycien du IVe siècle, Nicolas de Myre, appelé aussi Nicolas de Bari, et d'un moine actif dans la même région au VIe siècle, Nicolas de Sion, les traditions hagiographiques confondant les deux personnalités à partir du Xe siècle.
Certains historiens[Lesquels ?] rapprochent la légende du dieu Odin — également orthographié Wodan — du personnage de saint Nicolas. Odin chevauche un cheval blanc Sleipnir, vole dans les airs et est le chef de la chasse fantastique. Au cours de la christianisation, le pape Grégoire Ier a fait valoir que les conversions étaient plus faciles si les gens étaient autorisés à conserver les formes extérieures de leurs traditions tout en affirmant que les traditions étaient en l'honneur du Dieu chrétien. La tradition de saint Nicolas est l'une d'elles, en convertissant Odin à un homologue chrétien.[Information douteuse]
La tradition explique que, dès le Xe siècle, une relique (une phalange du saint) fut transférée depuis Bari vers le duché de Lorraine, et il fut édifié au Sud de Nancy une grande basilique dédiée au saint, à Saint-Nicolas-de-Port. Vénéré et très souvent invoqué, il deviendra très rapidement le saint patron de la Lorraine. Port étant une cité réputée pour ses foires et marchés, le culte de saint Nicolas se répandit très rapidement au-delà des frontières du duché de Lorraine et, notamment, outre-Rhin où la tradition demeure également très vive.
Vers le XIe siècle apparaît une légende qui semble forgée sur la combinaison d'un « malentendu littéraire », transformant « trois innocents » protégés par le saint en « trois enfants », et d'un « malentendu iconographique », dans lequel ces trois innocents incarcérés deviennent trois enfants dans un cuveau. Ces deux malentendus constituent le terreau d'une légende qui se développe particulièrement dans les régions franco-allemandes.
La légende veut ainsi que, l'hiver approchant, trois enfants, partis glaner dans les champs, se perdent sur le chemin du retour ; attirés par la lumière filtrant des fenêtres d'une maison, ils s'approchent et frappent à la porte. L'homme qui leur ouvre, Pierre Lenoir (Peter Schwartz dans la culture germanique), boucher de son état, accepte de leur donner l'hospitalité pour la nuit. En fait, sitôt les enfants entrés, il les tue, puis, à l'aide d’un grand couteau, les coupe en petits morceaux, pour finalement les mettre dans son saloir (un grand baquet empli de sel), afin d'en faire du petit salé.
Saint Nicolas, chevauchant son âne, passe par là et frappe à son tour à la porte du boucher. L'homme, n'osant pas rejeter un évêque, le convie à dîner. Son invité lui demandant du petit salé, le boucher comprend qu'il est découvert et, pris au piège, avoue tout. Le saint homme étend alors trois doigts au-dessus du tonneau de petit salé, reconstituant et ressuscitant ainsi les trois enfants.
Saint Nicolas enchaîne ensuite le boucher à son âne et le garde auprès de lui pour le punir. Celui-ci devient le père Fouettard, être mauvais, dont le rôle est de réprimander les enfants désobéissants et les cancres, fort de son caractère violent et irascible. Toujours vêtu de noir, caché sous une cagoule et une épaisse barbe noire, il incarne tout l'opposé de saint Nicolas, en somme, qui arbore une belle barbe blanche, des vêtements colorés d'évêque (mauve et blanc, avec une crosse, dorée à l'origine, puis rouge et blanche, ce qui le rapproche du Père Noël actuel (Saint Nikolaus devint Santa Klaus)), et donne toujours l'image d'une personne bienveillante.
Au XXIe siècle, la Saint-Nicolas est toujours fêtée dans un grand nombre de pays d'Europe, parmi lesquels : la France, l'Allemagne, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, la Russie, la Pologne, la Croatie, l'Autriche… Dans la nuit du 5 au 6 décembre, le saint passe dans les maisons pour apporter aux enfants sages des friandises : fruits secs, pommes, gâteaux, bonbons, chocolats et de grands pains d'épices. Dans la Flandre française, le Hainaut français, le Boulonnais, l’Artois, l’Alsace, la Lorraine, la Belgique et la ville suisse de Fribourg, dont il est le saint Patron, saint Nicolas défile dans les rues le 6 décembre.
Saint Nicolas est accompagné de différents personnages selon les régions ou les pays, chargé de menacer ou de distribuer des coups de trique aux enfants qui n'ont pas été sages ou de les emporter dans leur sac et qui donne, parfois, du charbon, des pommes de terre et des oignons ou quiche.
Dans les folklores des pays de l'ancien empire austro-hongrois, saint Nicolas est souvent associé au Krampus.
Dans le folklore alsacien et lorrain germanophone, son acolyte se nomme Hans Trapp, Rubelz, etc.
En Allemagne, saint Nicolas peut être accompagné de Ruprecht ou Serviteur Ruprecht (Père Fouettard) et Houseker (variante orthographique : Housécker) au Luxembourg.
En Suisse, saint Nicolas est entouré de ses pères Fouettard, appelés Schmutzli, en suisse allemand.
Dans le Sud-Ouest de l'Allemagne, il est accompagné de Belsnickel.
En Pologne, Ryszard Pospiech est l'acolyte de saint Nicolas.