Sacha Pitoëff est un comédien et metteur en scène de théâtre franco-suisse, né le 11 mars 1920 à Genève et mort le 21 juillet 1990 à Paris 13e.
On retient notamment son interprétation au théâtre de Henri IV de Pirandello.
Fils de Georges et Ludmilla Pitoëff, frère de six enfants dont les comédiennes Carmen et Svetlana Pitoëff, il fait ses études secondaires au lycée Buffon et Pasteur, puis suit des cours d'art dramatique chez Louis Jouvet au théâtre de l'Athénée où il apprend aussi les métiers de régisseur et décorateur.
À la déclaration de guerre, il accompagne ses parents et sa fratrie à Genève où il joue au théâtre avec eux. Après la mort de son père fin 1939, il lui arrive alors de jouer le rôle de mari ou d'amant de sa mère. Il retourne à Paris en 1945 et est engagé comme régisseur théâtre des Bouffes-du-Nord. En 1949, il décide de se lancer dans la mise en scène et monte au Deirdre des douleurs au théâtre Rochefort où la pièce ne rencontre qu'un succès d'estime. En 1950, il monte Oncle Vania d'Anton Tchekhov qui est un grand succès.
Il devient une figure du théâtre parisien des années 1960, il créa sa propre troupe théâtrale avec laquelle il monta des textes de Jean Genet, Ionesco, Hugo Claus, Robert Musil, Anna Langfus, etc., reprit également une partie du répertoire de son père ; Anton Tchekhov notamment La Mouette avec Romy Schneider et Oncle Vania, ainsi que Les Trois Sœurs, au théâtre de l'Œuvre dans les années 1950. De 1961 à 1967, il dirige le Théâtre moderne dont il a l’usufruit et où il emploie, entre autres acteurs, son épouse Luce Garcia-Ville et Romy Schneider. En 1967, il obtient son plus grand succès en jouant et mettant en scène Henri IV de Luigi Pirandello avec Claude Jade, dont c'est le premier grand rôle.
Au cinéma, il commence sa carrière dans les années 1950 dans le film à sketch de Claude Autant-Lara Les Sept Péchés capitaux. Il est cantonné le plus souvent dans des seconds rôles d'espions ou de tueurs, comme celui de John Felton dans Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie. Il est le mari « M », personnage énigmatique, dans le film L'Année dernière à Marienbad d'Alain Resnais. Il interprète Frédéric Joliot-Curie dans le film Paris brûle-t-il ? de René Clément ou le Premier ministre dans Peau d'Âne de Jacques Demy.
Remarquable par son physique émacié et sa maigreur, Sacha Pitoëff avait également une diction singulière et une voix grave qui le conduiront souvent à jouer des personnages inquiétants à la limite de la folie (son physique le rapproche de Laurent Terzieff, avec lequel il est souvent confondu). On le voit dans les années 1960 et 1970 à la télévision française dans La Poupée sanglante de Marcel Cravenne, le feuilleton télévisé Lagardère (1967) de Jean-Pierre Decourt ou dans des seconds rôles dans la série Arsène Lupin. À la fin de sa carrière, il joue aussi au cinéma dans des films d'horreur, comme Inferno.
Accentuant sa légende d'acteur incontrôlable qui avait su jouer et mettre en scène de façon remarquable le Henri IV de Pirandello, il souffre de profondes crises dépressives à la fin de sa vie et doit renoncer au théâtre et au cinéma.
Marié avec une comédienne en 1949, Sacha Pitoëff a été professeur à l'École d'art dramatique de la rue Blanche (aujourd'hui ENSATT) où il a eu comme élèves Gérard Depardieu, Jean-Roger Milo, Jean-Pierre Thiercelin ainsi que Niels Arestrup.
Il meurt le 21 juillet 1990 à Paris 13e.
(Sauf mention contraire, les théâtres indiqués sont situés à Paris)
Un ennemi du peuple, drame d'Henrik Ibsen, mise en scène et scénographie de Georges Pitoëff, Théâtre des Mathurins - rôle de Lamstad.
La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils, mise en scène de Georges Pitoëff, Théâtre des Mathurins - rôle d'Arthur.
1945 : Les Bouches inutiles, pièce de Simone de Beauvoir, mise en scène de Michel Vitold (création), Théâtre des Carrefours - rôle du troisième soldat.
1946 : L’Échange de Paul Claudel, reprise de la mise en scène de Georges Pitoëff créée en 1937, Théâtre des Mathurins - Sacha Pitoëff reprend le rôle de Louis Laine joué par son père en 1937, Ludmilla Pitoëff joue Marthe.
1951 : Vogue la galère de Marcel Aymé, mise en scène de Georges Douking, Théâtre de la Madeleine - rôle de Hardouin.
1954 : La guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux, mise en scène de Jan Doat, Théâtre romain de Fourvières lors du Festival de Lyon-Charbonnières - rôle de Busiris.
1955 : Les Mouches de Jean-Paul Sartre, mise en scène de Véra Korène, Théâtre de la Cité - rôle du grand prêtre.