Ce Jour-là

Sócrates

Footballeur brésilien

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Sócrates Bolratis, plus connu simplement comme Sócrates, né le 19 février 1954 à Belém et mort le 4 décembre 2011 à São Paulo, est un footballeur international brésilien évoluant au poste de milieu de terrain.

Titulaire d'un doctorat en médecine et politiquement engagé pour la démocratie, il est surnommé le « docteur » lors de sa carrière de joueur puis exerce comme spécialiste en médecine sportive et est consultant après sa carrière sportive. Il est, avec Zé Maria, Wladimir et Walter Casagrande, l'un des leaders de la démocratie corinthiane.

Il est par ailleurs le frère aîné de Raí.

Né le 19 février 1954 à Belem, en Amazonie, Sócrates Brasileiro est le fils de Raimundo Vieira de Oliveira et Guiomar Sampaio de Sousa. La fratrie compte six frères au total. Leur père est passionné de philosophie grecque, et appelle son fils Sócrates en hommage au philosophe grec et baptise deux autres de ses fils Sófocles (Sophocle) et Sóstenes (saint Sosthène). Les trois derniers ont des prénoms plus communs au Brésil : Raimundo Filho, Raimar et Raí, de onze ans son cadet et lui aussi futur capitaine de la Seleção.

Il indique avoir vraiment ressenti la répression exercée par la dictature en rentrant au lycée : « Il y avait des camarades de classe qu’il fallait cacher, d’autres qui s’enfuyaient. ». À l’âge de 17 ans, Sócrates et sa famille déménagent à Riberão Preto, à la suite d'une mutation professionnelle de son père fonctionnaire. Sócrates entre à la faculté de médecine de la ville.

Débuts au Botafogo FC (1974-1978)

À seize ans, Sócrates intègre son premier club de football et l’équipe de jeunes de Botafogo-SP. Il poursuit avec l'équipe professionnelle en 1974. Il raconte plus tard : « Le football est arrivé dans ma vie presque par coïncidence, alors que j’étudiais, en 3e année à la fac de médecine de Ribeirao Preto, ville où j’ai grandi ». Le jeune joueur est vu comme un prodige, car il est performant en match en ne s’entraînant pratiquement pas, à cause des cours à l’université.

Le Botafogo de Ribeirão Preto accède en Serie A pour l'exercice 1976. Sócrates est un atout majeur de l’équipe lors du championnat paulista 1976, dont il finit meilleur buteur avec quinze buts, et lors de la victoire dans la Taça Cidade de São Paulo, premier tour du championnat paulista 1977, après avoir tenu en échec le prestigieux São Paulo (0-0) au stade de Morumbi.

Lors de sa deuxième saison dans l'élite, le jeune Sócrates de 22 ans se fait notamment remarquer en donnant la victoire à son équipe face au prestigieux Santos FC (3-2). Ses performances dans les championnats paulista et brésilien attirent l’attention du Corinthians, vainqueur du titre paulista 1977.

Succès de la Démocratie corinthiane (1978-1984)

En 1978, Sócrates rejoint les SC Corinthians et se souvient : « Après avoir obtenu mon diplôme, en 1977, les Corinthians de Sao Paulo sont venus me proposer un contrat pro ». Sócrates est aussi un étudiant brillant, et décroche un doctorat en médecine de la prestigieuse faculté de São Paulo, faisant figure d'exception dans le milieu du football.

Lors de la saison 1979, le milieu de terrain remporte son premier grand titre, le championnat paulista, inscrivant l’un des buts de la victoire 2-0 en finale contre Ponte Preta. Cette saison-là, Sócrates est convoqué pour la première fois en équipe nationale brésilienne.

En 1980, Sócrates remporte la Bola de Prata, un titre décerné par la revue Placar. Il est aussi régulièrement convoqué par le sélectionneur national Telê Santana.

En 1981, l’équipe, qui compte pourtant dans ses rangs des internationaux comme Sócrates, Wladimir ou Zenon termine à la 26e place du championnat brésilien et huitième dans celui paulista. Cela abouti à la relégation du club en Taça de Prata du championnat national 1982. Les joueurs sont en conflit avec leur présidence.

Outre ses remarquables qualités de joueur, Sócrates se distingue par son engagement politique. Sócrates est l’un des initiateurs et l’animateur d’une expérience unique d’autogestion appliquée au football, connue sous le nom de « démocratie corinthiane ». Elle doit son nom au club des Corinthians, qui évolue alors en deuxième division brésilienne. En pleine dictature militaire, dans un contexte de corruption généralisée, c'est avec quelques-uns de ses coéquipiers et le soutien d'un jeune sociologue, ex-étudiant contestataire sorti de prison, que cette expérience est tentée. Dans ce système d'autogestion du club par les salariés, chaque décision liée à la vie du club est soumise au vote des joueurs, lesquels sont en tout état de cause liés quasiment à vie à leur club. « Nous voulions dépasser notre condition de simples joueurs travailleurs pour participer pleinement à la stratégie d’ensemble du club. Cela nous a amenés à revoir les rapports joueurs-dirigeants. Les points d’intérêt collectif étaient soumis à la délibération », dira Sócrates.

Relégué en Taça de Prata début 1982, la compétition permet toutefois au club de remonter en première division la même année, performance réussie par les Conrinthians. L'équipe atteint même les demi-finales de la compétition, perdue face au Grêmio champion en titre. En fin d'année, le Timão atteint la finale du championnat paulista contre le favori et double tenant du titre São Paulo FC. Sócrates offre la victoire aux siens à l'aller (1-0) et l'équipe remporte aussi le match retour 3-1. Sócrates est élu Craque do Ano (joueur de l’année) par la revue Placar.

Le Championnat du Brésil 1983 est mitigé avec une dixième place finale, malgré le record de la plus large victoire de l’histoire de la compétition : 10-1 infligée à Tiradentes-PI avec un quadruplé de Sócrates. Dans le championnat de São Paulo, le Corinthians dispute à nouveau la finale face à São Paulo et Sócrates offre la victoire 1-0 au match aller comme l’année précédente. Au retour, il ouvre le score pour le Corinthians, et São Paulo égalise à quelques minutes de la fin, en vain (1-1). Le Timão remporte son deuxième championnat d'État consécutif. Sócrates est une nouvelle fois été élu joueur de l’année par Placar et, pour la première fois, meilleur joueur sud-américain par le journal vénézuélien El Mundo.

La démocratie conrintiane est donc couronnée de succès. Sur le plan sportif, les Corinthians remportent deux championnats de Sao Paulo. Sur le plan politique, la dictature ne peut rien faire pour s'opposer aux messages politiques des joueurs, lesquels inscrivent d'ailleurs ostensiblement le mot « démocratie » sur leurs maillots. Ils sont considérés comme des symboles de la lutte contre la dictature brésilienne. En 1983, ils profitent de leur exposition médiatique pour déployer une banderole, à l'occasion de la finale du championnat pauliste : « Gagner ou perdre, mais toujours en démocratie ». Il participe notamment au mouvement Diretas Já, demandant des élections présidentielles directes. Les revendications corinthianes sont moins intenses avec le début de la transition démocratique et le départ de plusieurs joueurs, dont Sócrates. Le joueur international tire un bilan très positif de cette expérience. Selon lui, les joueurs exerçaient leur métier « avec plus de liberté, de joie et de responsabilité. Nous étions une grande famille, avec les épouses et les enfants des joueurs. Chaque match se disputait dans un climat de fête. […] Sur le terrain, ils luttaient pour la liberté, pour changer le pays. Le climat qui s’est créé leur a donné plus de confiance pour exprimer leur art ».

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