Séoul (/se.ul/ ; en coréen : 서울 ; RR : Seoul, /sʌ.ul/ ), officiellement la ville spéciale de Séoul (hangeul : 서울특별시 ; hanja : 서울特別市 , anciennement nommé Hanyang), est la plus grande ville, et la capitale de la Corée du Sud. Si Séoul reste le siège de l'Assemblée nationale et de la présidence, nombre de ministères et d'institutions nationales ont été transférées dans la ville nouvelle de Sejong, capitale administrative de facto depuis 2013.
Située sur le fleuve Han, au nord-ouest du pays, elle compte une population d'environ onze millions d'habitants intra-muros et 27 625 000 dans son aire urbaine (qui inclut notamment Incheon), ce qui fait d'elle la quatrième mégapole la plus peuplée au monde après Tokyo, São Paulo et Jakarta, et juste devant Manille et donc la plus peuplée du pays. En outre, la ville est le lieu de résidence de plus de la moitié de la population sud-coréenne. La zone démilitarisée marquant la frontière avec la Corée du Nord (DMZ) est, quant à elle, à environ 45 kilomètres du centre-ville.
Fondée il y a deux mille ans par le royaume Baekje, l'un des Trois Royaumes de Corée, Séoul est pendant plus de cinq cents ans la capitale du royaume de Joseon. À la fin du XIXe siècle, rompant avec une longue tradition d'isolement, Séoul s'ouvre aux étrangers et notamment aux États-Unis : elle est la première ville d'Asie de l'Est à avoir l'électricité, l'eau courante, le téléphone et un réseau de tramway. Occupée par le Japon de 1910 à 1945 et rebaptisée Gyeongseong, la ville devient la capitale de la république de Corée lors de sa proclamation en 1948. Elle sera gravement endommagée lors des conflits de la guerre de Corée, dont la bataille de Séoul fut l'un des évènements majeurs : le palais de Gyeongbokgung et sa grande porte sont notamment incendiés. Reconstruite dans les années 1960 et 1970, avec l'aide des États-Unis, elle connaît une forte industrialisation et devient le visage d'une Corée du Sud en voie de modernisation.
Siège des plus grandes entreprises coréennes (les chaebol, hangeul : 재벌), dont Samsung, LG et Hyundai, Séoul est considérée comme une ville globale. Son niveau de vie très élevé et son PIB – le quatrième au monde pour une aire urbaine après Tokyo, New York et Los Angeles – en font l'un des principaux centres économiques au monde. Le quartier branché de Gangnam et la Digital Media City concentrent des entreprises dans les nouvelles technologies. La ville compte de nombreux bâtiments à l'architecture futuriste, comme le Dongdaemun Design Plaza et la Lotte Super Tower 123, qui atteint les 555 mètres de hauteur en 2016 et dépasse la N Seoul Tower. Symbole de son rayonnement, Séoul a organisé plusieurs grands évènements internationaux, dont les Jeux asiatiques de 1986, les Jeux olympiques d'été de 1988, la Coupe du monde de football 2002 et le Sommet du G20 de novembre 2010.
Importante destination touristique, Séoul compte trois monuments classés au patrimoine mondial de l'UNESCO : le palais de Changdeokgung, le sanctuaire de Jongmyo et plusieurs tombes royales de la dynastie Joseon. En raison de sa forte densité de population, plus de trois millions de véhicules y sont comptabilisés, ce qui entraîne des embouteillages quotidiens, même au-delà de minuit. Enfin, en tant que cœur culturel du pays, Séoul est le berceau de la K-pop et de la diffusion de la culture coréenne à travers le monde (hallyu, hangeul : 한류).
On pense que les premiers hommes habitaient le long des berges inférieures du fleuve Han pendant le paléolithique, car des ruines préhistoriques ont été déterrées à Amsa-dong (village), Gangdong-gu (district). Avec l'introduction du bronze vers 700 ans av. J.-C., les hommes se sont progressivement dispersés du bassin du fleuve vers les régions intérieures. L'histoire de Séoul remonte à 18 av. J.-C. Cette année-là, le nouveau royaume de Baekje construisit sa capitale dans la région de Séoul sous le nom de Wiryeseong (위례성 ; 慰禮城). À l'époque où les Trois Royaumes se disputaient l'hégémonie de la Corée, Séoul fut souvent le site où se réglèrent les conflits. On considérait que le royaume qui contrôlait la région aux alentours était capable de contrôler toute la péninsule. C'est pourquoi au XIe siècle le dirigeant de la dynastie Goryeo construisit un palais à Séoul, qui était considérée comme la Capitale du Sud.
La ville vit changer son nom de Hanyang (한양 ; 漢陽) en Hanseong (한성 ; 漢城) lorsqu'elle devint la capitale de la dynastie Joseon en 1394 (elle fut connue sous ce nom en chinois, Hancheng, jusqu'en octobre 2005, date à laquelle le nom de Shou'er (首爾) fut adopté à la demande du maire de Séoul). Elle fut rebaptisée Gyeongseong (경성 ; 京城 ; Keijō en japonais) lors de l'occupation japonaise et retrouva finalement le nom de Séoul à la libération en 1945. Ce nom avait été utilisé depuis le royaume Silla (57 av. J.-C.-935) ; il provient des mots anciens seobeol ou seorabeol. Tous deux désignaient Gyeongju, alors capitale de Silla, et signifiaient « ville capitale ». Ils furent ensuite translittérés en plusieurs types reflétant les changements progressifs au cours du temps et arrivèrent à Séoul. Le hanja gyeong (京) signifie aussi « capitale » et est utilisé pour représenter Séoul dans les noms des lignes ferroviaires et des autoroutes, par exemple la ligne ferroviaire Gyeongbu (Séoul-Busan) et l'autoroute Gyeongin (Séoul-Incheon).
Vers la fin du XIXe siècle, après des centaines d'années d'isolement, Séoul a ouvert ses portes aux étrangers et a commencé à se moderniser. Elle est devenue la première ville en Asie de l'Est à avoir l'électricité, le tramway, l'eau courante, le téléphone, et le télégraphe. Beaucoup de ces innovations étaient dues au commerce avec les États-Unis. Par exemple, la Seoul Electric Company, Seoul Electric Trolley Company, et Seoul Fresh Spring Water Company étaient des entreprises aux capitaux américains. En 1904, un citoyen des États-Unis nommé Angus Hamilton a visité la ville et a dit : « Les rues de Séoul sont magnifiques, spacieuses, propres, admirablement faites et bien drainées. Les voies étroites, sales ont été élargies, les gouttières ont été couvertes, les chaussées sont agrandies. Séoul est dans la mesure de devenir la plus importante, la plus intéressante et la plus propre des villes dans l'est ».
En 1905, le Japon établit un protectorat en Corée, à la suite du traité de Portsmouth qui clôt la guerre russo-japonaise, faisant de Séoul une capitale coloniale. Sous l'occupation japonaise (1910-1945), la ville a été appelée Gyeongseong (en japonais Keijō). Le 1er mars 1919, des centaines de milliers de personnes ont manifesté contre la colonisation japonaise ; la répression de la manifestation fait 7 500 morts. Le Japanese General Government Building (détruit en 1995) a servi comme siège du Gouvernement colonial japonais.
Après la Seconde Guerre mondiale et la libération de la Corée, la ville a pris son nom actuel. Lorsque la république de Corée (Corée du Sud) a été proclamée en 1948, le nouvel état a adopté la ville comme la capitale. En 1950, la guerre de Corée a éclaté et Séoul a changé quatre fois d'occupants entre les Coréens du nord appuyés par la Chine et les Coréens du sud soutenus par l'ONU lors des batailles de Séoul, la ville a été gravement endommagée pendant cette guerre. Une évaluation des dégâts a montré qu'au moins 191 000 bâtiments, 55 000 maisons, et 1 000 usines étaient en ruines. De plus, une foule de réfugiés du Nord est venue peupler la ville, qui était déjà en pénurie de logements. Avec les afflux de réfugiés, la population était estimée à 2 500 000 personnes à la fin de la guerre.
Avec l'aide des États-Unis, Séoul est devenu le centre d'une reconstruction immense et de modernisation. La croissance économique rapide accomplie pendant l'industrialisation des années 1960 et 1970 a considérablement élevé le niveau de vie des habitants. Les tours de bureaux et les appartements ont commencé à pousser partout dans la ville pendant le boom des constructions des années 1980. La pollution et les embouteillages sont devenus des problèmes majeurs alors que l'urbanisation dans le pays s'accélère et de plus en plus de personnes ont commencé à migrer vers Séoul et ses régions environnantes. En dépit d'une ceinture verte établie autour de la ville pour éviter l'étalement urbain, la zone métropolitaine de Séoul va aussitôt devenir l'une des plus grandes du monde en nombre d'habitants et une des plus entassées. Séoul est alors l'une des métropoles les plus chères et les plus polluées au monde.