Le séisme de 2007 au Pérou (ou séisme de Pisco), d'une magnitude de 8,0 sur l'échelle de Richter, secoue la côte centrale du Pérou, de la région de Chincha à celle de Pisco le 15 août 2007 à 18 h 40 min 57 s heure locale (23 h 40 min 57 s UTC) pendant environ 3 min 50 s.
Ce séisme est classé comme le plus fort ayant touché cette région du Pérou depuis celui de 1716.
Un an plus tôt, le 20 octobre, un tremblement de terre de magnitude 6,4 Mw s'est produit dans la même zone où le séisme de Pisco a commencé en 2007.
Deux ans avant la catastrophe en 2005, un rapport de l'Institut Géophysique du Pérou ou IGP (espagnol : Instituto Geofísico del Perú) montrait que la zone entre Lima et Nazca n'avait jamais été le lieu d'épicentres de séismes, ce qui augmentait la probabilité qu'un grand tremblement de terre se produise dans cette zone à tout moment. L'IGP demandait qu'un plan d'urgence soit élaboré, mais ce rapport n'a pas été pris en compte par l'Institut péruvien de défense civile (INDECI).
L'épicentre fut localisé par l'Institut d'études géologiques des États-Unis ou USGS (anglais : United States Geological Survey) à 150 km au sud-est de Lima à une profondeur de 30 km, l'IGP ayant pour sa part annoncé que l'épicentre se trouvait à 120 km au sud-ouest de Lima.
La secousse initiale a été suivie de deux fortes répliques atteignant des magnitudes de 5,8 et 5,9.
Le séisme eut son origine dans le choc entre la plaque de Nazca en subduction sous la plaque sud-américaine, processus qui crée la cordillère des Andes et ses volcans. Cette frontière de plaques est caractérisée par une des plus grandes vitesses de convergence au monde (7.7 cm/an).
L'IGP a enregistré une magnitude locale (ML) de 7.0 sur l'échelle de Richter et fourni cette information dans les 10 premières minutes après le tremblement de terre, estimant la magnitude de moment (Mw), caractéristique de l'énergie mise en jeu par le séisme, à 8.0.
Cependant, les informations de l'USGS indiquaient au préalable un tremblement de terre de 7,7, puis le chiffre est passé à 7,9 et enfin, après de nombreuses études, il a été établi à 8,0 sur l'échelle du moment de magnitude (Mw). C'est cette magnitude qui a finalement été acceptée par l'USGS et l'IGP.
L'intensité maximale des dégâts, évaluée sur l'échelle de Mercalli, fut de VII à VIII dans un rayon de 100 km autour de l'épicentre. Le séisme a été ressenti avec des intensités évaluées à VI (forte) dans la capitale Lima (située à 150 km) et même de II-III (très légère à légère) jusque dans les villes d'Arequipa (à 500 km) et de Chiclayo (à 900 km).
Le séisme a présenté une rupture très complexe, montrant deux pics d'intensité maximale séparés de 50 secondes, donnant l'impression qu'il s'agissait de deux tremblements de terre. C'est d'ailleurs ce qui a conduit le président péruvien d'alors, Alan García, à diffuser l'information erronée selon lesquelles deux tremblements de terre, successivement de magnitude 7,7 puis 7,5 se seraient produits.
Dans les premières heures du tremblement de terre principal, il y a eu de nombreuses répliques.
Le 15 août, une réplique de 5,8 Mw s'est produite à 19 h 2 min (heure locale), centrée à 113 km au nord-est de Chincha Alta.
Puis 17 minutes plus tard, une autre réplique s'est produite, centrée à 48 km au sud-est d'Ica.
Au moins deux répliques de 5,0 Mw - parmi plus de 70 - ont encore été enregistrées ce jour-là.
La plus forte réplique qui était de magnitude 6,2 ML s'est produite à 12 h 16 le lendemain 16 août.
L'IGP a enregistré plus de 3 000 répliques dans les 12 jours qui ont suivi, dont une dizaine d'une magnitude comprise entre 5 et 6 sur l'échelle de Richter.
Pour les spécialistes, la faible magnitude des répliques indiquait que la majeure partie de l'énergie accumulée avait été libérée lors du tremblement de terre initial.