Sébastien Vaillant (26 mai 1669 à Vigny - 20 mai 1722 à Paris) est un botaniste français, qui, écrit Linné, « commença la réformation de la botanique ».
Premier âge : botanique, orgue et chirurgie
Sébastien Vaillant va à l'école à quatre ans. À cinq, il ramasse des plantes et les transplante dans le jardin de son père, qui doit lui faire son petit jardin. À six, il est mis en pension à Pontoise, chez M. Subtil, un prêtre qui sera un maître sévère. Affligé de fièvre depuis quatre mois, un jour l'enfant se cache et se fait un remède de laitues assaisonnées de vinaigre ; il guérit.
Il est envoyé par son père étudier auprès de l'organiste de la cathédrale de Pontoise auquel il succède, à sa mort, à l'âge de onze ans.
Sébastien Vaillant étudie la médecine et la chirurgie à l'hôpital de Pontoise (la médecine incluait alors des études de botanique). Il quitte Pontoise pour Évreux à dix-neuf ans et c'est à titre de chirurgien qu'il est à la bataille de Fleurus. Toujours chirurgien, il est à Paris en 1691. Il prend comme maître de botanique Joseph Pitton de Tournefort (1656–1708) qui utilise ses talents pour son Histoire des plantes qui naissent aux environs de Paris, parue en 1698. Il suit aussi les cours d'anatomie de Du Verney et de chimie d'Antoine de Saint-Yon.
Guy-Crescent Fagon, médecin du roi et botaniste, remarque Sébastien Vaillant et en fait son secrétaire. Il peut dès lors se consacrer à l'étude des plantes pour laquelle il obtient un accès illimité au Jardin du roi dont Fagon le nomme directeur. Fagon était professeur et sous-démonstrateur au Jardin du roi. Tournefort avait sollicité cette charge, mais ce n'est toutefois pas en sa faveur, mais en celle de Sébastien Vaillant, que Fagon démissionne en 1708. Vaillant n'avait rien sollicité mais est très sensible à l'honneur ; il redouble de zèle, accomplissant avec grande générosité ses tâches de professeur.
Les collections du jardin croissent considérablement sous l'impulsion de Vaillant. Même si Vaillant lui-même est basé à Paris et passera à l'histoire par son travail sur la flore parisienne, le Jardin a plusieurs contributeurs hors de Paris, en particulier dans les colonies.
Deux développements dans la suite méritent d'être signalés :
Fagon obtient de Louis XIV l'autorisation de construire un « Cabinet de drogues » au Jardin du Roi et charge Vaillant de le garnir et d'en assurer la garde ;
Charles Bouvard avait fait construire la première serre chaude : le Jardin avait des plantes des pays chauds. En 1714, Vaillant obtient l'autorisation d'en construire une autre, afin d'y cultiver des plantes grasses, puis une autre encore en 1717.
En 1716, Vaillant entre à l'Académie des sciences ; là encore, il ne l'avait pas sollicité.
Études sur la sexualité des plantes
Sur la question de la sexualité des plantes, Sébastien Vaillant avait eu des prédécesseurs : André Césalpin, Rudolf Jakob Camerarius, John Ray, Nehemiah Grew et Prospero Alpini. Il aura, par l'intermédiaire de Johan Stensson Rothman, un successeur illustre, Carl von Linné. Mais c'est à lui qu'il faut attribuer le rôle d'avoir identifié les organes sexuels des plantes et d'avoir fait reconnaître leur importance dans la taxonomie.
En 1700 paraissent les Institutiones rei herbariae de Tournefort. Dans l'ouvrage monumental de son maître, Vaillant doit, écrit Herman Boerhaave, séparer le vrai d'avec le faux. Il fait aussitôt part de ses réserves à Fagon, et montrera plusieurs fois par la suite son désaccord. Mais ce n'est qu'en 1721, longtemps après la mort de l'auteur des Institutiones et peu avant la sienne, qu'il les communiquera à l'Académie des sciences, et seulement en 1722 que seront publiées ses Remarques sur la méthode de M. Tournefort.
Le différend tourne autour du rôle central que Vaillant, anticipant Linné, attribue, pour la classification des plantes, à leurs caractères sexuels. L'histoire, par Linné, a clairement favorisé Vaillant, mais beaucoup ont vu chez lui de l'ingratitude à l'égard de Tournefort.
Le pistachier du Jardin du roi (l'actuel jardin des plantes de Paris) — pistachier dont Tournefort avait rapporté les graines lors de son voyage au levant — fleurissait mais ne portait jamais de pistaches. Il y avait, très loin, dans un autre quartier de Paris, un autre pistachier qui fleurissait mais ne portait également jamais de pistaches. Vaillant apporta une branche en fleurs du pistachier du Jardin du roi à l'autre pistachier de Paris et la secoua près de lui. Cette année-là, l'autre pistachier de Paris donna des pistaches. L'expérience de Vaillant venait de démontrer la sexualité des plantes : en effet, le pistachier du Jardin du roi était un pistachier mâle et l'autre un pistachier femelle.
Le « pistachier de Vaillant » existe toujours, trois fois centenaire, dans le Jardin alpin du Jardin des plantes, et son cartel raconte précisément cette histoire.
L'expérience, pour être validée, doit réunir plusieurs conditions :