Ruth Dorothy Louisa Gipps, née le 20 février 1921 à Bexhill-on-Sea et morte le 23 février 1999, est une compositrice, hautboïste, pianiste et impresario britannique. Elle est l'une des plus prolifiques compositrices de Grande-Bretagne de son époque.
Ruth Gipps est une enfant prodige qui remporte des concours alors qu'elle est beaucoup plus jeune que les autres participants. Après sa première composition dès l'âge de huit ans pour l'un des nombreux festivals de musique, la partition est achetée par une maison d'édition pour une guinée et demi. C'est après avoir gagné un concours de concerto avec l'orchestre de Hastings, que commence sérieusement sa carrière d'artiste.
En 1937, Ruth Gipps entre au Royal College of Music, où elle étudie le hautbois avec Léon Goossens, le piano avec Arthur Alexander et la composition, d'abord avec Gordon Jacob et plus tard avec Ralph Vaughan Williams. Plusieurs de ses œuvres y sont jouées. Elle poursuit ses études à l'université de Durham ce qui l’amène à rencontrer son futur mari, le clarinettiste Robert Baker.
Ruth Gipps est une compositrice accomplie et prolifique, mais également une instrumentiste soliste, jouant tout autant le hautbois que le piano. Son répertoire comprend des œuvres comme le Concerto pour piano d'Arthur Bliss et Le Rio Grande de Constant Lambert. À l'âge de 33 ans, une blessure à la main abrège sa carrière de soliste. Elle décide de se focaliser sur la direction d'orchestre et la composition.
Le début de son succès se réalise lorsque le chef d'orchestre Henry Wood, dirige son poème symphonique Knight in armour (« Le Chevalier en armure ») lors de la dernière nuit des Proms en 1942. Un second tournant dans la carrière de Ruth Gipps intervient avec sa Symphonie no 2, op. 30, créée en 1946, qui montre les prémices de son style de la maturité. La musique de Ruth Gipps est marquée par une utilisation habile des couleurs instrumentales et montre souvent l'influence de Vaughan Williams, tout en rejetant les tendances de l'avant-garde de la musique moderne comme le sérialisme et la musique dodécaphonique. Elle considère ses œuvres pour orchestre, ses cinq symphonies en particulier, comme ses œuvres les plus importantes. Elle a composé également deux grands concertos pour piano. Après la guerre, Ruth Gipps tourne son attention vers la musique de chambre. En 1956, elle remporte le prix Cobbett de la Société des femmes musiciennes avec sa Sonate pour clarinette, op. 45.
Le début de sa carrière est fortement touché par la discrimination à l'égard des femmes dans le domaine de la musique (et en particulier dans celui de la composition), par les professeurs et les jurys ainsi que le monde de la critique musicale. Elle n'a pas, par exemple, été considérée pour le poste de chef d'orchestre vacant de l'Orchestre symphonique de Birmingham, où elle a été associée de longue date avec George Weldon, jusqu'en 1950, parce que la pensée d'une femme chef d'orchestre était « indécent ». C'est pour cette raison qu'elle développe une personnalité difficile que beaucoup estiment rebutante, et surtout une farouche détermination à faire ses preuves grâce à son œuvre.
En 1955, elle fonde à Londres le London Repertoire Orchestra comme une opportunité pour de jeunes musiciens professionnels à être exposés à un large éventail de musique, et le Chanticleer Orchestra en 1961, un ensemble professionnel qui produit une œuvre d'un compositeur contemporain dans chacun de ses programmes, souvent en création. Plus tard, elle est nommée à la faculté de Trinity College de Londres (de 1959 à 1966), au Royal College of Music (de 1967 à 1977), puis à Kingston Polytechnic à Gypsy Hill.
Elle meurt en 1999, âgée de 78 ans, après avoir subi les effets du cancer et un accident vasculaire cérébral.
Variations sur « Non nobis » de Byrd, pour petit orchestre, op. 7 (1942)
Knight in armour, poème symphonique, op. 8 (1942)
Nymphe de mer, ballet pour petit orchestre (ou pour deux pianos, op. 14 (1941 ?)
Symphonie no 1 en fa mineur, op. 22 (1942)
Death on the Pale Horse, poème symphonique, op. 25 (1943)
Chanticleer Ouverture, op. 28 (1944)
The Chinese Cabinet, Suite pour orchestre, op. 29 (1945)
Symphonie no 2 (en un mouvement), op. 30 (1945)
Mahomet et le chat, op. 32 (1947)
Song for orchestra, op. 33 (1948)