Ce Jour-là

Rudolf Höss

Militaire allemand, criminel de guerre nazi

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Rudolf Höss (également écrit Höß, forme allemande standard, ou Hoeß ou Hoess, prononcé [hœs]) est un officier supérieur (Obersturmbannführer, grade équivalent à celui de lieutenant-colonel) allemand de la SS, né le 25 novembre 1901 à Baden et mort par pendaison le 16 avril 1947 à Auschwitz. Criminel de guerre, il occupe une fonction de premier plan dans les génocides des Juifs d'Europe et des Tsiganes.

Dès son enfance, Höss se montre peu sociable, préférant les promenades solitaires et les animaux à la compagnie des hommes[réf. nécessaire]. Il se détourne de l'éducation catholique que tente de lui donner son père. À seize ans, il s'engage dans l'armée impériale allemande et sert au cours de la Première Guerre mondiale sur le front du Proche-Orient ; il est décoré de la croix de fer. Après le conflit, il s'engage dans les corps-francs ; il est condamné en 1924 à dix ans de prison pour le meurtre d'un militant communiste.

Affilié au parti nazi dès 1922, il entre dans la SS en juin 1934 et commence sa carrière au sein du système concentrationnaire nazi en novembre de la même année. Il est commandant des camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, le plus vaste complexe du système concentrationnaire nazi, du 1er mai 1940 au 1er décembre 1943, puis de nouveau entre le 8 mai et août 1944, période durant laquelle la déportation massive des Juifs hongrois, au nombre de plus de 320 000 hommes, femmes et enfants, a porté la machine de mort à son paroxysme.

Nazi convaincu, il fait preuve non seulement d'une totale obéissance aux ordres du plus haut gradé de la SS, Heinrich Himmler concernant l'extermination des Juifs, mais aussi d’initiative, afin d'augmenter les capacités exterminatrices d'Auschwitz, notamment en utilisant le Zyklon B dans un ensemble de chambres à gaz.

Après la capitulation allemande en mai 1945, Höss réussit à se cacher pendant près d'un an, sous une fausse identité et est finalement dénoncé, par sa femme. Il est arrêté par les troupes britanniques le 11 mars 1946. Il témoigne lors du procès de Nuremberg, puis il est livré aux autorités polonaises et est ainsi jugé par le Tribunal suprême de Pologne du 11 mars au 2 avril 1947. Condamné à mort, il est exécuté par pendaison le 16 avril 1947 dans le camp d'Auschwitz même.

Ses mémoires, intitulés Le commandant d'Auschwitz parle, popularisés en France par les pseudo-mémoires de l'écrivain Robert Merle dans le roman La mort est mon métier, constituent un document historique d'une importance reconnue pour la compréhension de la Shoah, de l'univers concentrationnaire et de la mentalité des bourreaux.

Issu d'une famille profondément catholique, et assez aisée, Rudolf Franz Ferdinand Höss passe les six premières années de sa vie dans une région isolée voisine de Baden-Baden, à la limite de la Forêt-Noire. À sept ans, Rudolf Höss, ses parents et ses trois sœurs déménagent dans les environs de Mannheim, toujours en dehors de la ville. Son père, Franz Xaver Höss, qui a servi dans l'armée du Reich en Afrique orientale allemande, avant de se lancer dans des activités commerciales, s'y montre beaucoup plus présent qu'à Baden-Baden : il élève Rudolf dans une discipline toute militaire et destine son fils à une carrière ecclésiastique ; ce dernier perd la foi au cours de son adolescence. Dans son autobiographie, Höss caractérise ses années d'enfance par trois éléments : une profonde piété, l'habitude de ne pas extérioriser ses sentiments et une soumission totale aux ordres de tous les adultes. De plus, Höss se définit comme un enfant très solitaire et « n'ayant jamais eu de réelle intimité avec ses parents, ni avec ses sœurs ». Son enfance se déroule sans problèmes de santé, à part une rougeole qu'il a eue très tôt ; son parcours scolaire est limité et ses résultats, vagues.

Le père de Rudolf Höss meurt subitement en 1914, d'une crise cardiaque, peu après le déclenchement de la Première Guerre mondiale ; alors que les blessés évacués du front affluent à Mannheim, Rudolf obtient de sa mère l'autorisation d'entrer à la Croix-Rouge comme secouriste. En 1916, à l'insu de sa mère, il rejoint le régiment dans lequel avaient servi son père et son grand-père ; après une courte période de formation, il est affecté à l'Asien-Korps, envoyé au front en Turquie, participe à la campagne du Sinaï et de Palestine puis en Irak. À 17 ans, il devient l'un des plus jeunes sous-officiers de l'armée allemande et est décoré de la croix de fer de 1re classe. Sa mère meurt en 1917, à trente-neuf ans, alors qu'il est au front.

En 1919, après la Première Guerre mondiale, Höss s'engage dans le corps-franc Rossbach, fort de 3 000 hommes et combat les groupes armés communistes dans la Ruhr, la Haute-Silésie et les pays baltes. De 1921 à 1923, il travaille comme apprenti agricole en Silésie et dans le Schleswig-Holstein. Il s'inscrit au parti nazi dès novembre 1922.

Le 31 mai 1923, Höss participe, notamment avec Martin Bormann, au meurtre de Walter Kadow, soupçonné d'être un communiste infiltré et accusé d'avoir livré aux troupes françaises d'occupation de la Ruhr l'activiste nationaliste Albert Leo Schlageter, dont il avait fait la connaissance dans les corps-francs. Arrêté, Höss est condamné à dix ans de prison le 10 mars 1924. Il est libéré dès 1928, à la suite d'une amnistie concernant les prisonniers politiques. À sa libération, Höss travaille dans des fermes et des propriétés du Mecklembourg et du Brandebourg, comme régisseur et rejoint la ligue d'Artam, organisation dont est également membre Heinrich Himmler ; c'est à cette époque qu'il rencontre sa future femme, Hedwig Hensel, qu'il épouse en 1929, trois mois après leur première rencontre. En juin 1934, il renonce à l'agriculture et rejoint la SS, selon lui à la demande de Himmler, qui l'aurait remarqué à la suite de son initiative de créer un peloton de cavaliers au sein de la SS.

Au mois de novembre 1934, il arrive au camp de Dachau et commence sa carrière au sein du système concentrationnaire nazi. C'est à Dachau que Höss apprend la « philosophie essentielle des SS », élaborée par le SS Theodor Eicke et centrée sur la dureté à l'égard des détenus. Selon Laurence Rees, « en apprenant à réprimer des émotions telles que la compassion et la pitié, Höss intégra un sentiment de fraternité qui était aussi très fort dans les SS. » C'est également à cette occasion qu'il « apprit une autre leçon significative qui devait avoir des conséquences pour Auschwitz […] et observa que les détenus supportaient mieux leur emprisonnement parce que les SS leur permettaient de travailler. »

« Membre modèle de la SS », Höss est promu Rapportführer, premier adjoint du commandant du camp puis il est nommé Sturmführer (équivalent de lieutenant) et transféré au camp de Sachsenhausen, en tant que chef de la garde.

En avril 1940, il est chargé par l'Inspection des camps de concentration de présider une commission chargée d'étudier la possibilité de créer un camp de concentration à Auschwitz : cette commission émet un avis favorable qui est transmis à Heinrich Himmler.

Commandant du camp d'Auschwitz : 1940-1943

Richard Glücks, qui a succédé à Theodor Eicke en tant qu'inspecteur des camps de concentration, nomme Höss commandant du nouveau camp d'Auschwitz, dont la création a été décidée le 27 avril 1940. Höss et une poignée de gardes SS y arrivent le 1er mai 1940, suivis, le 20 mai, par les premiers internés, 30 criminels allemands de droit commun transférés de Sachsenhausen pour remplir la fonction de Kapo. Après un renforcement de la garde par 120 SS provenant notamment des camps de Buchenwald, Dachau et Flossenburg, 728 détenus politiques polonais arrivent au camp le 14 juin 1940. Comme à Dachau et Sachsenhausen, Höss fait apposer sur le portail d'entrée du camp la devise Arbeit macht Frei (le travail rend libre). Dès le 18 juin, Höss demande au responsable des constructions un rapport hebdomadaire sur l'état d'avancement des travaux visant à alimenter le camp en eau potable, à évacuer les eaux usées et à drainer les terres marécageuses.

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