Ce Jour-là

Rubin Carter

Boxeur américain poids moyens

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Rubin Carter, surnommé Hurricane, est un boxeur américain poids moyens né le 6 mai 1937 à Clifton, New Jersey et mort le 20 avril 2014 à Toronto d'un cancer de la prostate. Il possède également la nationalité canadienne.

Il est notamment connu pour ses condamnations controversées en 1967 et 1976 pour trois meurtres perpétrés en juin 1966 à Paterson (New Jersey), et pour sa libération de prison en 1985, survenue après la cassation de la condamnation en appel. L'affaire a fait l'objet d'une chanson de Bob Dylan, Hurricane et d'un film de Norman Jewison, Hurricane Carter.

Rubin Carter grandit à Paterson dans le New Jersey, au milieu d'une famille de sept enfants. Ses parents connaissent un long et paisible mariage, subvenant aux besoins de la famille, et éduquent leurs six autres enfants sans problème majeur. Rubin semble être le seul à avoir des problèmes avec la justice, l'amenant même à être emprisonné dans un centre pour délinquants juvéniles après avoir poignardé à 11 ans un homme qui selon lui avait tenté de commettre une agression sexuelle.

Carter s'évade du centre en 1954 et s'engage dans l'US Army à l'âge de 17 ans. Plusieurs mois après avoir achevé ses classes dans l'infanterie à Fort Jackson (Caroline du Sud), il rallie l'Allemagne, où, selon son autobiographie parue en 1974, il commence à s'intéresser à la boxe. Toutefois, Rubin Carter est un piètre soldat et est traduit quatre fois en cour martiale avec des charges allant de l'insubordination à la désertion (ou absence illégale). En mai 1956, l'armée le renvoie en le réformant pour inaptitude à l'activité militaire, peu avant sa date de fin de service. En définitive, il sert 21 mois sur les trois années prévues de son contrat.

Après son retour dans le New Jersey, Carter est rattrapé par les autorités et doit faire dix mois de détention supplémentaires pour son évasion de la maison de correction. Peu après sa libération, Carter est arrêté pour une série d'agressions dans la rue. Il plaide coupable de tous les chefs d'accusation et est condamné à la prison d'État de l'East Jersey, où il reste les quatre années qui suivent.

Pendant son incarcération, Rubin Carter développe sa pratique de la boxe et devient professionnel à sa libération en septembre 1961. Mesurant 1,73 m, Carter est plus petit que la moyenne des poids moyens, mais il combat toute sa carrière avec un poids proche des 70 kg (150-160 livres). Sa tête rasée, sa moustache imposante, son regard fixe et décidé, ainsi que son solide gabarit lui donnent une intimidante stature sur le ring, des années avant qu'une telle allure se banalise.

Son style agressif et la puissance de ses coups – qui lui permettent de terminer beaucoup de ses combats par KO dès les premiers rounds – forcent le respect, faisant de lui le favori des foules et lui faisant gagner le surnom de « Hurricane » (Ouragan). Après avoir battu nombre de ses concurrents légitimes chez les poids moyens tels que Florentino Fernandez, Holley Mims, Gomeo Brennan, et George Benton, le monde de la boxe le prend au sérieux. Ring Magazine est le premier à le classer dans son « Top 10 » des poids moyens en juillet 1963.

Il prend part à six combats en 1963, comptabilisant quatre victoires pour deux défaites. Il reste classé au bas du top 10 jusqu'au 20 décembre, où, à la surprise générale, il met deux fois au tapis l'ancien et futur champion du monde Emile Griffith au premier round par KO technique.

Cette victoire permet à Carter d'atteindre la troisième place des prétendants au titre des poids moyens, détenu alors par Joey Giardello.

Carter remporte deux combats de plus (dont un sur décision d'arbitre sur le futur champion poids lourd Jimmy Ellis) en 1964, avant de rencontrer Joey Giardello à Philadelphie pour un championnat du monde en 15 rounds le 14 décembre. Carter se défend bien, mais la décision des juges est unanime pour récompenser Giardello. La plupart des journalistes ont un avis contraire : une rapide concertation montre que 14 des 18 journalistes sportifs présents près du ring s'accordent à dire que Carter avait mieux boxé que son adversaire. Carter reste digne dans la défaite et ne proteste pas contre la décision des juges.

Après ce combat, le statut de Carter en tant que prétendant — illustré par son classement dans Ring Magazine — commence à chuter. Il combat neuf fois en 1965, mais perd quatre de ses cinq combats contre des concurrents sérieux (Luis Manuel Rodriguez, Harry Scott et Dick Tiger). Tiger, en particulier, ne rencontre pas de problème avec Carter, l'envoyant trois fois au tapis lors du même match, en mars 1965. « C'était », dira Carter, « la pire raclée que j'ai prise dans ma vie - sur et en dehors du ring ».

Évolution du classement de Carter

Publié par Ring Magazine, son classement ne cesse de chuter avant son emprisonnement :

Le 17 juin 1966, à 2 h 22 du matin, deux hommes entrent dans le Lafayette Bar and Grill, à Paterson (New Jersey) et tirent. Le patron, Jim Oliver, et un client, Fred Cedar Grove Bob Nauyoks, sont tués sur le coup. Hazel Tanis, une cliente grièvement blessée, est touchée à la gorge, à l'estomac, aux intestins, à la rate et au poumon gauche, ainsi qu'à un bras qui éclate sous l'impact des balles. Elle meurt près d'un mois plus tard.

Un troisième client, Willie Marins, survit à l'attaque bien qu'atteint à la tête, perdant l'usage d'un œil.

Un petit délinquant, Alfred Bello, qui se trouve près du Lafayette pour commettre un cambriolage la même nuit, est témoin des faits. Bello est l'une des premières personnes présentes sur le lieu du crime et c'est lui qui appelle un opérateur téléphonique pour avertir la police.

Une résidente de l'appartement au deuxième étage au-dessus du Lafayette, Patricia Graham (qui devint Patricia Valentine), voit deux hommes noirs monter dans une voiture blanche et partir vers l'ouest en quittant le bar.

Un autre voisin, Ronald Ruggiero, entend également les coups de feu et lorsqu'il regarde par sa fenêtre, il voit Bello courir de la rue Lafayette vers la 16e rue. Il entend aussi des crissements de pneus et voit une voiture blanche s'échapper, prendre la direction de l'ouest, avec deux hommes noirs assis à l'avant.

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