Rubens Barrichello, né le 23 mai 1972 à São Paulo, Brésil, est un pilote de course automobile brésilien qui a fait ses débuts en Formule 1 en 1993. Il dispute 323 Grands Prix où il remporte 11 victoires, réalise 14 pole positions, 17 meilleurs tours en course et monte 68 fois sur le podium.
La famille Barichello est originaire du village de Castello di Godego en Vénétie (Italie). Pietro Barichello s'installe au Brésil et double à cette occasion le r de son patronyme qui devient Barrichello. Son fils Rubens, garagiste à proximité du circuit d'Interlagos est le père de Rubens Gonçalves dit Rubinho.
Rubens se lance rapidement dans le sport automobile : dès son plus jeune âge, il dispute des compétitions de karting et décroche cinq titres de champion.
À 18 ans, il part en Europe faire ses débuts en sport automobile dans le championnat de GM Lotus Euroseries, qu'il remporte. En 1991, il s'engage en championnat britannique de Formule 3, au sein de l'écurie de Dick Bennett, pour laquelle avait également roulé Ayrton Senna huit ans auparavant, et remporte le titre dès sa première année de participation en s'imposant notamment devant le Britannique David Coulthard.
En 1992, il accède au championnat international de Formule 3000. Rattrapé par son inexpérience et handicapé par un matériel qui n'est pas toujours à la hauteur, il termine troisième du championnat, un résultat suffisamment probant pour obtenir, avec l'aide de sponsors brésiliens, un volant en Formule 1 chez Jordan Grand Prix pour la saison 1993.
Barrichello fait ses débuts en Formule 1 le 14 mars 1993 sur le circuit de Kyalami, lors du Grand Prix d'Afrique du Sud. À vingt ans, il devient un des plus jeunes pilotes de l'histoire du championnat du monde. Son premier Grand Prix se solde par un abandon à la suite d'un problème de boîte de vitesses, un souci qui donne le ton d'une saison marquée par le manque de fiabilité de sa monture, puisqu'il totalise neuf abandons en seize courses.
Il se montre régulièrement à son avantage en qualifications où il domine des coéquipiers aussi expérimentés qu'Ivan Capelli ou Thierry Boutsen mais également en course, comme au Grand Prix d'Europe, disputé sur la piste humide du circuit de Donington Park, où il est en troisième position avant son abandon à six tours de l'arrivée à cause d'un problème de pression d'essence. Même s'il doit attendre la fin de saison et une cinquième place au Japon pour inscrire ses seuls points de la saison, Barrichello apparaît pour beaucoup comme la révélation de la saison.
La saison 1994 démarre sur d'excellentes bases pour Rubens qui, grâce à une quatrième place au Grand Prix du Brésil puis à une troisième place au Grand Prix du Pacifique, pointe à la troisième place du championnat des pilotes après seulement deux épreuves et confirme qu'il est un des espoirs de la discipline. Sa progression est proche de s'interrompre brutalement lorsqu'au cours des premiers essais libres du Grand Prix de Saint-Marin, il perd soudainement le contrôle de sa monoplace à l'entrée d'une chicane rapide (on parlera d'une crevaison) avant de décoller, de s'écraser contre un mur de pneus puis de se retourner. Barrichello est transporté inconscient à l'hôpital du circuit, laissant craindre le pire sur son état de santé, jusqu'à ce que Ayrton Senna, venu à son chevet, apporte des nouvelles rassurantes de son jeune protégé. Souffrant de blessures légères, Barrichello déclare forfait pour le reste du week-end mais de retour dans le paddock dès le lendemain où il assiste le samedi à l'accident mortel de Roland Ratzenberger, puis le dimanche à celui d'Ayrton Senna.
Très touché par les événements du Grand Prix de Saint-Marin, Barrichello n'en accomplit pas moins une saison remarquable, malgré une fiabilité parfois aléatoire de sa Jordan-Hart. Il termine quatrième à quatre reprises supplémentaires et réalise le 28 août lors du Grand Prix de Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps sa première pole position, devenant ainsi le plus jeune poleman de l'histoire de la Formule 1, record qui sera battu en saison 2003 par Fernando Alonso puis par Sebastian Vettel au Grand Prix d'Italie en 2008. Il boucle sa saison à la sixième place du championnat du monde avec 19 points.
McLaren songe à l'engager pour piloter la nouvelle Marlboro McLaren Mercedes, mais l'affaire ne se concrétise pas et Mclaren se rabattra sur Mark Blundell pour épauler Mika Häkkinen.
En saison 1995, Barrichello est très attendu d'autant que Jordan a signé un partenariat avec le motoriste Peugeot et peut ainsi revoir ses ambitions à la hausse. La pression est un peu forte pour le jeune Brésilien, inévitablement présenté par ses compatriotes comme le « nouveau Senna ». Malgré une belle deuxième place lors du Grand Prix du Canada, il semble perdre au fil des courses de son aisance des saisons précédentes et subit en interne la montée en puissance de son coéquipier Eddie Irvine. Il termine néanmoins encore une fois devant son coéquipier au classement général. Alors que Barrichello a été un temps pressenti pour rejoindre Michael Schumacher chez Ferrari pour la saison suivante, c'est le Nord-Irlandais qui lui est préféré.
Toujours chez Jordan en saison 1996, Barrichello réalise un solide début de saison mais, comme l'année précédente, se désunit en cours d'année. De plus en plus insatisfait de son jeune pilote, Eddie Jordan lui signifie son intention de ne pas prolonger son contrat. Il termine huitième au classement du championnat du monde devant notamment son nouveau coéquipier Martin Brundle et Eddie Irvine, son ancien équiper parti chez Ferrari. Il semble devoir se résoudre à quitter la Formule 1 pour le CART lorsque l'ancien champion du monde Jackie Stewart et son fils Paul font appel à lui.
1997-1999 : nouvelle aventure avec Stewart Grand Prix
Au sein de la jeune équipe Stewart, Barrichello retrouve la flatteuse réputation de ses débuts. Le manque de fiabilité chronique de sa monture ne lui permet de rallier l'arrivée qu'à trois reprises lors de la saison 1997 mais, grâce à plusieurs coups d'éclat en qualification et à une deuxième place sous le déluge de Monaco où ses pneus Bridgestone étaient très efficaces, il prouve qu'il reste à 25 ans un espoir de la Formule 1.
La saison 1998 est une copie-conforme de 1997 avec de belles performances en qualifications : ses équipiers Jan Magnussen ou Jos Verstappen sont complètement éclipsés. Ces bons résultats sont rarement concrétisées en course à cause d'une voiture insuffisamment fiable. Contacté par Williams à la fin de la saison 1998, il est contraint d'honorer son ultime année de contrat chez Stewart, ce qu'il ne regrette pas puisque la Stewart de saison 1999, conçue par l'ingénieur Alan Jenkins peu avant son limogeage, s'avère être la meilleure réalisation de l'équipe britannique. À son volant, il signe trois podiums, une pole position au Grand Prix de France et termine le championnat à la septième place. Ces performances lui valent d'être recruté par la Scuderia Ferrari pour devenir à partir de saison 2000 le nouveau coéquipier de Michael Schumacher à la place d'Eddie Irvine.
Chez Ferrari, avec l'une des meilleures monoplaces du plateau, Barrichello s'affirme comme un candidat régulier au podium. Fiable et performant, il évolue toutefois un ton en dessous de son coéquipier Michael Schumacher, ce qui ne lui permet pas de jouer sa carte personnelle. Au Grand Prix d'Allemagne à Hockenheim, il remporte la première victoire de sa carrière au terme d'un scénario particulièrement haletant : parti du fond de grille à la suite d'un ennui technique lors des qualifications, il remonte tout le peloton et effectue la jonction avec les leaders grâce à la neutralisation de la course consécutive à l'intrusion d'un manifestant sur la piste. Tandis que la pluie commence à tomber en fin de course, il fait le pari de ne pas s'arrêter aux stands et de conserver ses pneus pour piste sèche, ce qui lui donne la victoire pour sa 128e participation, soit la plus longue attente pour un premier succès (battu au Grand Prix d'Allemagne 2009 par Mark Webber). Il dédie cette victoire à Ayrton Senna. Moins en réussite en 2001 alors même que la domination de la Scuderia se fait de plus en plus forte, il n'obtient pas le moindre succès mais monte sur dix podiums et termine le championnat troisième avec 56 points.