Ce Jour-là

Royaume du Laos

Ancien pays

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Le royaume du Laos a été jusqu'en 1975 le régime politique du Laos, unifié sous l'égide du royaume de Luang Prabang en 1946. D'abord État associé de l'Union française et composante de la Fédération indochinoise, le Laos acquiert son indépendance pleine et entière en 1953 et 1954. La guerre civile qui oppose le gouvernement royal au Pathet Lao s'intensifie parallèlement à la guerre du Viêt Nam. Le conflit s'achève avec l'accès au pouvoir du Pathet Lao, vitrine officielle du Parti révolutionnaire populaire lao (parti communiste laotien) : l'abolition de la monarchie, fin 1975, laisse place à la république démocratique populaire du Laos.

Depuis septembre 1940, à la suite d'accords entre le régime de Vichy et l'empire du Japon et des désaccords sur le terrain, le Japon occupe l'Indochine française.

En 1942, le gouvernement de Vichy, est destitué et défait en métropole par l'Allemagne nazie alliée du Japon. Le protectorat du Laos reste encore sous le contrôle de certains représentants de ce gouvernement.

Sisavang Vong, roi de Luang Prabang, proclame le 4 avril 1945 l'indépendance du pays, sous la contrainte des Japonais qui prennent le territoire aux Français, après l'avoir initialement refusé. Le Japon est défait par les États-Unis à la fin de la Seconde Guerre mondiale et capitule le 2 septembre 1945.

Le Premier ministre indépendantiste Phetsarath Rattanavongsa tente d'éviter le retour des Français. Le conflit opposant le monarque au gouvernement aboutit en octobre à la proclamation d'un nouveau gouvernement révolutionnaire, le roi est détrôné au profit de Phetsarath et mis en résidence surveillée.

Rétablissement du royaume par les Français

Le retour des troupes françaises contraint les indépendantistes à la fuite en mai 1946 : Le roi, libéré, manœuvre alors pour maintenir l'unité du Laos au profit de la monarchie de Luang Prabang. Pour rétablir leur autorité au Laos, les Français doivent faire des compromis avec le gouvernement laotien. En juin 1946, une commission franco-laotienne se réunit pour réfléchir à l'avenir des institutions. Le 27 août 1946, la France et le Laos parviennent à définir un modus vivendi : le Laos accède à l'autonomie interne au sein de la Fédération indochinoise et de l'Union française et devient un pays unifié, doté d'un gouvernement central sous l'égide de la monarchie de Luang Prabang, avec Sisavang Vong comme souverain. Le prince Boun Oum renonce à ses droits sur le Champassak et le pays retrouve ses frontières de 1940. Le 15 décembre 1946, une assemblée est élue et, le 11 mai 1947, le Laos adopte sa première constitution. La France conserve néanmoins des pouvoirs importants au Laos, notamment par le biais de l'administration fédérale.

Les indépendantistes du Pathet Lao demeurent néanmoins actifs et animent à Bangkok un gouvernement en exil. Si Phetsarath demeure nominalement le chef des opposants, le plus actif est son demi-frère le prince Souphanouvong, très lié au Việt Minh, qui relance dès 1947 des activités de guérilla avec le soutien de Hô Chi Minh. Le 28 juillet 1947, le roi propose aux insurgés une amnistie en échange de l'abandon de la lutte. La France, afin de stabiliser la situation, mène progressivement le Laos sur le chemin d'une indépendance mesurée : le 19 juillet 1949, Boun Oum, devenu Premier ministre, signe avec le président français Vincent Auriol une convention assurant au Laos une indépendance dans le cadre de l'Union française. Si le pays demeure un État associé à la France, il peut désormais devenir membre de toutes les organisations internationales. Le 16 janvier 1950, une délégation lao se rend à Saïgon pour établir les textes des conventions annexes : les anciens services fédéraux sont transférés au gouvernement du royaume. Les indépendantistes du mouvement Lao Issara/Pathet Lao se divisent : Phetsarath reste en exil mais renonce provisoirement à la lutte, et son frère Souvanna Phouma rentre au pays. Souphanouvong, l'autre frère, refuse cependant d'abandonner le combat.

Entre 1950 et 1953, le gouvernement royal réorganise l'administration du pays, forme de nouveaux fonctionnaires et recycle les anciens employés des services français. L'Armée nationale lao est fondée en 1950 (elle prendra en 1954 le nom d'Armée royale lao). Le pays accède à des représentations internationales, ouvrant en 1952 ambassades et légations en Thaïlande, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Mais si le pays se développe politiquement, son administration demeure faible, et sans grand contrôle sur les régions éloignées. Le problème des minorités ethniques ne sont de surcroît pas traités. La classe politique est divisée entre les neutralistes menés par le prince Souvanna Phouma et la droite nationaliste menée par le prince Boun Oum. Souvanna Phouma devient Premier ministre en 1951.

De son côté, Souphanouvong ne désarme pas et, le 13 août 1950, relance les activités du Pathet Lao en formant, avec le soutien việt minh, un Front du Laos libre (Neo Lao Issara), dont il prend la présidence du comité central. Phetsarath est toujours reconnu comme le chef officiel du mouvement indépendantiste mais, depuis son exil thaïlandais, son influence est essentiellement symbolique. Les révolutionnaires s'infiltrent progressivement sur le territoire laotien, principalement dans les zones éloignées du pouvoir central, qui s'estiment négligées par la monarchie. Des cellules communistes laotiennes entrent en activité, en liaison avec le Parti des travailleurs du Viêt Nam, reformé en 1951. En avril 1953, le Laos est pleinement entraîné dans la guerre d'Indochine : la division régulière 312 de l'Armée populaire vietnamienne franchit la frontière laotienne avec le concours des bases du Pathet Lao. Les troupes việt minh s'avancent sur Luang Prabang tandis qu'une partie de la population fuit devant la mise à sac des villages. Le Việt Minh se replie finalement à trente kilomètres de Luang Prabang, mais laisse au Pathet Lao le contrôle d'une zone étendue, comprenant le plateau des Bolovens au sud, et plusieurs provinces du nord. La guerre civile laotienne a réellement commencé.

En septembre 1953, la France cède ses dernières compétences au gouvernement royal. Le 22 octobre, le royaume du Laos signe avec la France un traité d'amitié et d'association qui lui garantit de jouir pleinement de son indépendance. Les Français demeurent présents dans la vie politique laotienne, mais ont désormais le statut de conseillers.

À la conférence de Genève, le royaume du Laos tente en vain d'obtenir que le Pathet Lao n'apparaisse pas comme une instance officielle sur la scène internationale, mais les « Unités combattantes du Pathet Lao », représentées par le Việt Minh à la conférence, sont finalement mentionnées dans les textes des accords. Le 21 juillet 1954, par la signature des accords de Genève, la France reconnaît l'indépendance pleine et entière des pays de l'ancienne Indochine française. La France conserve provisoirement, sur le territoire laotien, 1 500 militaires destinés à entraîner l'Armée nationale lao, ainsi que 3 500 soldats dans deux bases. Dès la signature des accords, le pays est parcouru par une forte agitation, et bruit de rumeurs de coup d'État, ou d'un retour au pouvoir de Phetsarath. Une grave crise politique éclate après l'assassinat du ministre de la défense Kou Voravong. Le gouvernement de Souvanna Phouma démissionne, pour laisser la place à celui de Katay Don Sasorith. Une partie de la classe politique laotienne accuse la Thaïlande d'avoir organisé l'attentat pour déstabiliser le royaume, et les Thaïlandais réagissent en accusant Phoui Sanakinone, ancien Premier ministre ayant lui-même réchappé à l'attentat, d'avoir fait assassiner Kou Voravong car ce dernier étant favorable à la réconciliation avec le Pathet Lao. Les forces du Pathet Lao sont les principales bénéficiaires de la confusion politique.

Les accords de Genève, qui ont rejeté toute idée de partition du Laos, stipulent que le royaume devra entamer des pourparlers avec le Pathet Lao, en vue de la participation de ce dernier aux élections prévues en 1955. Le Pathet Lao, entretemps, profite de l'accès à l'indépendance, et voit grandir la popularité de Souphanouvong, qui s'en attribue le mérite. Plusieurs milliers de villageois, espérant une amélioration de leur situation, partent vers les provinces de Sam Neua et Phongsaly, fief des rebelles. Le 21 novembre 1954, des pourparlers difficiles s'ouvrent entre les deux parties. Le Parti du peuple lao, parti communiste conçu comme une branche du Parti des travailleurs du Viêt Nam, a été fondé secrètement autour d'un petit noyau de 300 cadres, formés par les Nord-Vietnamiens. Le Pathet Lao, toujours dirigé par Souphanouvong flanqué de Kaysone Phomvihane, continue d'en constituer la vitrine officielle.

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