Le royaume de Pologne (en polonais : Królestwo Polskie, en russe : Царство Польское), aussi appelé royaume du Congrès (en polonais : Królestwo Kongresowe), est une entité politique polonaise sous tutelle russe, créée en 1815 par le congrès de Vienne, au cours duquel les grandes puissances européennes réorganisent l’Europe après la fin des guerres napoléoniennes.
Le congrès de Vienne attribue le territoire du duché de Varsovie, création de Napoléon en 1807, au tsar Alexandre, désigné par le titre de « tsar, roi de Pologne » ; le royaume, lié à l'Empire russe par cette union personnelle héréditaire, est doté en 1815 d'une Constitution, d'un Parlement, d'un Gouvernement et d'une armée spécifiques. Il conserve le Code Napoléon qui devient le « Code civil du royaume de Pologne ».
Les tensions entre les Polonais et la monarchie russe aboutissent en 1830 à une première insurrection, au terme de laquelle le royaume subit une limitation drastique de son autonomie (suppression du Parlement et de l'armée ; fermeture de l'université de Varsovie).
Une seconde insurrection en 1863 aboutit à la suppression quasi complète de cette autonomie (suppression du Gouvernement, à l'intensification de la politique de russification) et à la disparition dans la nomenclature russe des références au royaume de Pologne. Celles-ci vont cependant réapparaître après la révolution de 1905.
Pendant la Première Guerre mondiale, le territoire du royaume de Pologne est occupé par l'armée allemande à partir de 1915.
Le troisième partage de la Pologne (1795) et ses suites
En 1795, la république des Deux Nations, monarchie élective réunissant le royaume de Pologne et le grand-duché de Lituanie, disparait à la suite du troisième partage de la Pologne, son territoire étant désormais intégralement partagé entre ses trois puissants voisins : l'Autriche, la Prusse et la Russie.
La France révolutionnaire, qui est alors en guerre contre ces nations, va constituer un recours pour les militaires polonais réfugiés, qui forment les Légions polonaises, combattant d'abord sous le commandement du général Bonaparte les Autrichiens en Italie (1796-1797), puis prenant part à toutes les guerres napoléoniennes : en Allemagne, Espagne et même à Haïti.
Le duché de Varsovie (1807-1815)
En 1806-1807, Napoléon remporte la guerre contre la Prusse et la Russie, alliées de la Quatrième Coalition. Par les traités de Tilsit (juillet 1807), Napoléon obtient la création, sur les territoires annexés par la Prusse en 1793 et 1795, d'un État vassal de la France, le duché de Varsovie. Le tsar accepte d'autant plus facilement qu'il n'a aucun territoire à céder. En 1809, après la victoire contre l'Autriche (Guerre de la cinquième coalition), celle-ci doit céder au duché les territoires qu'elle avait annexés en 1795.
Le duché de Varsovie, doté d'une Constitution rédigée à Paris et du Code Napoléon, a pour duc le roi de Saxe Frédéric-Auguste, allié de Napoléon. Le duché a aussi une armée commandée par le prince Józef Poniatowski. En 1811 et 1812, le duché se transforme en base de concentration de la Grande Armée en vue de l'offensive envisagée par Napoléon contre la Russie.
Après les désastres de la campagne et de la retraite de Russie (octobre-décembre 1812), puis le repli de la Grande Armée sur l'Elbe, le duché de Varsovie est occupé par l'armée russe au début de 1813.
Durant cette occupation, le duché est doté d'un Conseil provisoire présidé par Vassili Sergueïevitch Lanskoï.
En octobre 1813, Napoléon est de nouveau vaincu à Leipzig, bataille au cours de laquelle le prince Poniatowski à la tête du 8e corps polonais trouve la mort. Après l'échec de la campagne de France, Napoléon abdique en avril 1814.
Le destin du duché de Varsovie sera l'objet de négociations au congrès de Vienne.
Le congrès de Vienne et la création du « royaume du Congrès » (1815)
Le traité de Vienne consacre à la Pologne et aux Polonais les articles 1 à 14.
L'article 1 parle des Polonais ressortissants de la Russie, de l'Autriche ou de la Prusse et semble leur reconnaître des droits : « Les Polonais, sujets respectifs de la Russie, de l'Autriche et de la Prusse, obtiendront une représentation et des institutions nationales, réglées d'après le mode d'existence politique que chacun des Gouvernements auxquels ils appartiennent jugera utile et convenable de leur accorder. »