Le royaume d'Italie est un ancien État ayant existé du 17 mars 1861 — date de la proclamation du royaume — au 18 juin 1946.
Le royaume a été établi par l'unification de plusieurs États au cours d'un processus de plusieurs décennies, appelé le Risorgimento. Ce processus a été influencé par le royaume de Sardaigne, gouverné par la maison de Savoie, qui était l'un des États prédécesseurs juridiques de l'Italie.
En 1866, l'Italie déclare la guerre à l'empire d'Autriche dans une alliance avec le royaume de Prusse et, après sa victoire, reçoit la région de Vénétie où se trouve Venise. Les troupes italiennes sont entrées dans Rome en 1870, mettant fin à plus d’un millénaire de pouvoir temporel du pape. Au cours des deux dernières décennies du XIXe siècle, l'Italie est devenue une puissance coloniale et, en 1882, elle a conclu une triple alliance avec l'Empire allemand et l'Autriche-Hongrie, après de forts désaccords avec la France sur leurs expansions coloniales respectives. Bien que les relations avec Berlin soient devenues très amicales, l'alliance avec Vienne est restée purement formelle, en partie à cause du désir de l'Italie d’acquérir le Trentin et Trieste restées à l'Autriche en 1866. Par conséquent, l'Italie a accepté l'invitation des Britanniques à se joindre aux puissances alliées pendant la Première Guerre mondiale, les puissances occidentales ayant promis une compensation territoriale au détriment de l'Autriche-Hongrie pour une participation plus généreuse que celle offerte par Vienne en échange de la neutralité italienne. La victoire de la guerre donne à l’Italie un siège permanent au Conseil de la Société des Nations, mais elle ne reçoit pas tous les territoires promis. Beaucoup parleront alors de « victoire mutilée ».
En 1922, Benito Mussolini organise une marche sur Rome et devient président du Conseil. Cela inaugure la période de l'Italie fasciste. Avec les lois fascistissimes, le régime devient totalitaire, écrasant toute opposition politique tout en favorisant la modernisation économique, les valeurs traditionnelles et l'expansion territoriale. En 1929, le gouvernement italien se réconcilie avec l'Église catholique romaine par les accords du Latran, qui accordent l’indépendance à la Cité du Vatican. La décennie suivante a été marquée par une politique étrangère agressive, l'Italie ayant lancé des opérations militaires réussies contre l'Éthiopie en 1935, l'Espagne en 1937 et l'Albanie en 1939. Cela a conduit à des sanctions économiques, au départ de la Société des Nations, à une autarcie économique croissante et à la signature d'alliances militaires avec l'Allemagne nazie et l'empire du Japon.
L'Italie fasciste est entrée dans la Seconde Guerre mondiale en tant que membre de premier plan des puissances de l’Axe en 1940 et, malgré son succès initial, a été défaite en Afrique du Nord et en Union soviétique. Le débarquement allié en Sicile a conduit à la chute du régime fasciste et le nouveau gouvernement s'est rendu aux Alliés en septembre 1943. Les forces allemandes ont occupé le nord et le centre de l'Italie, établi la République sociale italienne, et ont restauré Mussolini comme dictateur. Par conséquent, l'Italie est tombée dans la guerre civile, avec l'armée royale et le mouvement de résistance en conflit avec les forces de la République sociale et ses alliés allemands. Peu après la reddition de toutes les forces fascistes en Italie, le mécontentement civil a déclenché un référendum institutionnel qui a établi une république et aboli la monarchie en 1946.
Le royaume d'Italie occupait tout le territoire qu'elle occupe actuellement. Le développement du territoire du royaume progresse depuis l'unification de l'Italie jusqu'en 1870. Pendant longtemps, cependant, elle n'a possédé ni Trieste ni le Trentin-Haut-Adige, qui appartiennent aujourd'hui à l'Italie et qu'ils n'ont intégré qu'en 1919. Après les traités de Versailles et de Saint-Germain, le royaume obtint Gorizia, Trieste et l’Istrie (aujourd’hui des parties de la Croatie et de la Slovénie), une petite partie de la Dalmatie (Province de Zara et l'île de Lagosta) ainsi que très brièvement Adalia (En Turquie). Après la Seconde Guerre mondiale, les frontières de l’Italie actuelle sont fixées et le royaume abandonne ses revendications territoriales.
Le royaume d'Italie avait également des colonies et des protectorats, ainsi que des États fantoches, tels que l'Érythrée, la Somalie et l'Éthiopie, qui ont formé l'Afrique orientale italienne, la Libye ; l'Albanie, la Grèce, le Kosovo (à partir de 1941) et le Monténégro (occupé pendant la Seconde Guerre mondiale) ; une concession en Chine, à Tianjin ainsi que les îles du Dodécanèse.
Le Royaume d'Italie est une monarchie constitutionnelle. Le pouvoir exécutif est dévolu au roi, qui avait notamment le pouvoir de nommer le président du Conseil ainsi que les ministres. Le pouvoir législatif était partagé entre la Chambre des députés (chambre basse) et le Sénat (chambre haute). La loi fondamentale du royaume était le Statut albertin, dans la continuité du royaume de Sardaigne. Les ministres étaient seulement responsables devant le roi et non devant le Parlement.
Dans un premier temps, les députés sont élus au suffrage censitaire (vote plural) au scrutin majoritaire à deux tours dans des circonscriptions. Pour être élu au premier tour, un candidat devait obtenir au minimum 50 % des suffrages exprimés et 25 % des électeurs inscrits. Il existe en outre un Conseil d'État, doté de pouvoirs consultatifs, qui statue sur les conflits de compétence entre autorités administratives et tribunaux, ainsi que sur les litiges entre l'État et ses créanciers. Il se compose d'un président, de trois présidents de section, de 24 conseillers d'État et du personnel de service, et est nommé par le roi sur proposition du Conseil des ministres.
En 1882, la loi électorale augmente le corps électoral et impose le scrutin plurinominal majoritaire, qui est abandonné en 1892. Le suffrage universel masculin est adopté en 1912 puis le suffrage universel en 1919. Cette année-là, les élections générales ont lieu au scrutin proportionnel plurinominal. Cependant, aucune majorité ne se dégagea à la Chambre des députés. L'Italie connaît ensuite une période de troubles (Biennio Rosso) et deux autres élections sont organisées, en 1921 et 1924, les dernières selon la loi Acerbo qui accordait les deux tiers des sièges au parti arrivé en tête. C'est ainsi que le Parti national fasciste parvient à faire adopter les lois fascistissimes entre 1925 et 1926, ce qui met fin à la monarchie constitutionnelle de facto.
Entre 1925 et 1943, l'Italie est une dictature quasi fasciste de jure, le Statut albertin demeurant formellement en vigueur sans modification tandis que la monarchie acceptait formellement les politiques et institutions fascistes. En 1928, le Grand Conseil du fascisme prend le contrôle de l'administration gouvernementale et, en 1939, la Chambre des Faisceaux et des Corporations remplace la Chambre des députés.
Le règne de Victor-Emmanuel II (1861-1878)
Institutionnellement et juridiquement, le royaume d'Italie est un agrandissement du royaume de Sardaigne, celui-ci étant une monarchie constitutionnelle selon la lettre du Statut albertin réalisé à Turin en 1848 ; le roi nomme le gouvernement qui est responsable devant le souverain et non le parlement, il garde également ses prérogatives en matière de politique étrangère et par conséquent choisit les ministres militaires (guerre et marine). Le droit de vote est attribué, selon la loi électorale piémontaise de 1848, sur la base du recensement ; de cette manière les ayants droit au vote constituent à peine 2 % de la population. Lors des élections parlementaires de janvier 1861, sur presque 26 millions d'habitants, le droit de vote est accordé à seulement 419 938 personnes (soit 1,8 % de la population), si bien que seulement 239 583 votent ; à la fin, les votes valides se réduisent à 170 567 personnes dont 70 000 sont des employés de l’État, 85 princes, ducs et marquis sont élus, 28 officiers, 78 avocats, médecins et ingénieurs.