Rosella Hightower est une danseuse étoile, pédagogue et professeur de danse américaine, née à Durwood (Oklahoma) le 20 janvier 1920 et morte à Cannes le 4 novembre 2008, enterrée en Bretagne à Palais à Belle-Île.
Rosella Hightower naît le 20 janvier 1920 à Durwood, Oklahoma. Une plaque, sur la maison du Docteur Fanning, indique cette date, et non le 10 janvier, ou le 30 janvier.
Rosella Hightower est la fille unique d'un père indien Choctaw, Charles Edgar Hightower, et d'une mère irlandaise, Eula May Fanning, fille du docteur local. En 1925, son père accepte un poste à la compagnie ferroviaire Missouri-Kansas-Texas ; la famille déménage à Kansas City, dans le Missouri.
C’est l'époque de la Prohibition et du Charleston. Les premières années de Rosella sont un mélange de vie misérable et d'ambition intellectuelle. Elle travaille aux champs avec sa famille. Lili Cockerville Livingston, auteure de Native American Ballerinas (1997), dira à Lyndy Franklin, de Dance Spirit : « Lorsqu'elle rapporta son premier sac de coton, elle gagna sa place dans la famille. Elle a toujours été un garçon manqué. »
À sept ans, Rosella remporte tous les concours de charleston et de claquettes. Sa mère l'inscrit à ses premiers cours de danse. Elle commence son apprentissage classique en 1933, à 13 ans, avec Dorothy Perkins, qu'elle retournera voir souvent. Dorothy Perkins a été formée par des professeurs européens : Enrico Cecchetti, Michel Fokine et Mary Wigmann.
Lili Cockerville Livingston donne des précisions sur l' apprentissage de Rosella Hightower : « Commencer le ballet à treize ans n'a posé aucun problème... Elle avait développé vitesse et agilité en tant qu'athlète et n'avait pas encore atteint sa taille adulte... (page 13) »
« Perky donnait des cours assise sur une chaise. Petite femme, qui, selon Rosella, pesait à peine trente kilos, Mlle Perkins avait été paralysée de la taille aux pieds suite à un accident fortuit à New York. (page 14) »
« Elle choisissait toujours un élève pour traduire ses explications en mouvements pour le reste de la classe. J'ai été cette personne pendant cinq ou six ans. Mémoriser des combinaisons de pas par des mouvements de la main et quelques mots est devenu une habitude. (page 14) »
« Se produire sur scène faisait partie de la formation. J’adorais être devant un public. Je me sentais à ma place sur scène. (page 15) »
Dorothy Perkins passait ses étés à travailler avec d'autres professeurs de la méthode Cecchetti à New York, ou en Angleterre, elle étudiait l'eurythmie avec Émile Jaques-Dalcroze en Suisse ; elle correspondait avec des professeurs spécialisés en études kinesthésiques : « Perky consacrait des séances individuelles aux exercices au sol, aux étirements et au travail de chaque partie du corps... Ce fut inestimable pour comprendre le fonctionnement du corps, comment le préparer à l'effort, et comment entraîner les muscles. Je suis convaincue que c'est la principale raison pour laquelle je n'ai jamais été gravement blessée durant ma carrière... (page 19) »
À quatorze ans, Rosella est envoyée par Perkins dans une école maternelle de Kansas City qui avait demandé quelqu'un pour un cours d'initiation à la motricité : « Travailler avec des enfants de quatre et cinq ans était une bonne chose pour moi, car je devais trouver comment les divertir et essayer de créer de petites danses pour eux. » (page 17)
De quatorze à dix-sept ans, Rosella passera ses vacances d'été à prendre des cours de ballet à New York... Perkins lui a dit : « Michel Fokine est là-bas et tu dois y aller. » Outre les cours de Fokine, elle prenait des cours avec autant de professeurs différents que possible : « J'enchaînais les cours, pendant tout mon séjour. J'ai dû suivre au moins un cours dans chaque studio de Manhattan. »
Rosella Hightower décrit un cours avec Alexandra Fedorova : « Sa méthode d'enseignement était très directe. Elle était phénoménale. Son attitude était simple : si elle y arrivait, vous le pouviez aussi. Point final ! (page 19) »
Parlant de Rosella Hightower et quatre autres célèbres danseuses amérindiennes originaires d'Oklahoma (Maria Tallchief et Marjorie Tallchief, Moscelyne Larkin et Yvonne Chouteau), Lili Livingston poursuit : « Elles ont assisté aux spectacles d’anciennes compagnies de danse qui tournaient dans le Midwest dans les années 1930, et elles ont vu quelque chose de magique. Elles ont été prises de passion. ».
Dans les années 1930, de grandes compagnies de ballet effectuaient des tournées dans le Midwest. En 1937, les Ballets russes de Monte-Carlo, dirigés par le Colonel de Basil, passent à Kansas City. Léonide Massine auditionne la jeune Rosella et l'invite à rejoindre la compagnie à Monte-Carlo.
Elle s'embarque, grâce à la générosité de quelques dames de Kansas City qui se sont cotisées, et découvre en arrivant qu'elle doit passer une audition. Elle est engagée et rejoint la troupe : Alicia Markova, Alexandra Danilova, George Balanchine (futur directeur du New York City Ballet), David Lichine, Frederic Franklin, Anton Dolin. Elle rencontre André Eglevsky, son futur partenaire dans diverses compagnies.
Rosella Hightower fait ses débuts avec la compagnie dans La Septième Symphonie, en 1938. Ses premiers rôles sont Le Lac des cygnes (1940) et Carnaval (1941). Elle devient soliste. Les Ballets Russes prennent le nom de Ballet Russe Original.
Travailleuse acharnée, apprenant vite, elle affine son style et sa technique : équilibre sur pointes impressionnant, vigueur dans les sauts, facilité dans les tours, sens dramatique. Elle travaille avec la chorégraphe russe Bronislava Nijinska. Elle expliquera à Lili Cockerille Livingston qu'elle apprit véritablement l'importance du rythme en danse auprès de Nijinska.