Ce Jour-là

Rose Bernadette Rebienot Owansango

Tradipraticienne gabonaise

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Rose Bernadette Rébienot Owansango (née le 1er janvier 1934 à Libreville et morte le 21 janvier 2021 dans la même ville) est une tradipraticienne gabonaise. Elle est aussi maîtresse et prêtresse de plusieurs rites initiatiques traditionnels. Comptant parmi les doyennes de la communauté Mpongwè, son grade élevé lui permet d'y exercer diverses responsabilités du pouvoir spirituel et temporel.

Elle est la présidente et fondatrice de l'association Village Oyenano, située à Libreville et qui œuvre pour le développement de la médecine traditionnelle et la préservation du patrimoine culturel.

Elle est membre du Conseil international des treize grands-mères indigènes créé en 2004.

Rose Bernadette Rébiénot Owansango, est née à Libreville le 1er janvier 1934. Fille d'une union légitime, elle est l'enfant unique de ses parents.

Alors qu'elle est encore très jeune, Rose Bernadette perd sa mère. Elle est donc élevée par son père à Libreville en milieu Mpongwè et s'exprime en langue myèné. Ce dernier l'envoie recevoir une éducation religieuse catholique à l'internat des sœurs bleues de Castres, actuelle institution de l'Immaculée Conception. Elle en sort avec un diplôme d'enseignante et entre aussitôt dans la vie active. Elle n'a que 16 ans.

Après le décès de son père le 1er avril 1954, elle part s'installer à Port Gentil et y exerce son métier d'enseignante jusqu'en juillet 1962, date où elle revient à Libreville avec sa petite famille.

À son retour, elle enseigne successivement à l'école Saint Pierre, à Monfort, à Notre Dame des Victoires et à l'Immaculée Conception en qualité de surveillante générale.

Ensuite, elle entre à la Direction Nationale de l'Enseignement Catholique et fait prévaloir ses droits à la retraite.

Quelque temps après, elle entame une carrière politique comme animatrice provinciale du groupe socio-culturel Arongo, qu'elle dirige pendant plusieurs années. Plus tard, elle est nommée à la SNBG (Société Nationale des Bois du Gabon) puis à la mairie centrale de Libreville comme chargée de mission, où elle reste pendant 10 ans.

Elle accède finalement au poste de conseiller auprès du Président de la République, la consécration de sa carrière administrative.

Parcours spirituel et traditionnel

Bien qu'ayant reçu une éducation catholique, Rose Bernadette est confrontée très jeune à la médecine traditionnelle africaine. Née non-voyante, la médecine moderne ne diagnostique aucune anomalie et ne peut rien pour elle. Sa famille l'emmène voir un tradipraticien, et elle peut recouvrer la vue. Adolescente, elle souffre d'incurables douleurs aux pieds. Puis, alors qu'elle n'est qu'une toute jeune maman, des maux de tête inexpliqués et des acouphènes la rendent incapable de travailler et l'obligent à rester dans l'obscurité de sa chambre. Ne trouvant aucune solution efficace pour soulager ces divers maux, elle désespère et s'oriente vers la médecine traditionnelle. Au gré des rencontres, elle est dirigée vers les traditions de sa lignée familiale et, à travers différentes initiations, parviendra à guérir.

Elle est initiée au rite traditionnel du Ndjembè en juillet 1948 à l'âge de 14 ans. En juillet 1958, elle accède au grade suprême de Ngwèvilo (prêtresse).

Par la suite, elle est initiée au rite du Bwiti Dissumba avec l'iboga puis à celui d'Abanji , ce qui lui ouvre les portes de sa carrière de tradipraticienne à l'échelle nationale et internationale.

Avec une renommée grandissante, elle oeuvre pour une meilleure connaissance de l'utilisation de l'iboga et pour une valorisation de la place des femmes dans la société.

Devenue prêtresse et maîtresse initiatique dans les différents rites précités, celle qu'on appelle désormais Grand-Mère Bernadette, créé l'association Village Oyenano, un espace culturel situé à Libreville, destiné à la pratique de ses activités de médecine traditionnelle, où elle recevra des patients du monde entier jusqu'à la fin de sa vie. En langue myènè, le mot Oyenano signifie : « retrouvailles ». Le nom du village symbolise donc le caractère réunifiant qui prédomine dans l'approche thérapeutique de Grand-Mère Bernadette. Elle appréhende son rôle comme celui d'un pont entre deux rives, reliant les mondes visibles et invisibles, les différentes cultures, et surtout les êtres humains avec eux-mêmes.

Dans le cadre associatif du Village Oyenano, elle participe à plus d'un titre à de nombreux événements de la médecine traditionnelle et de toutes les valeurs culturelles qui s'y rapportent. Le village héberge régulièrement divers évènements de la vie communautaire comme les initiations au rite féminin gabonais, le Ndjembé, ayant lieu chaque été.

En 2018, Grand-Mère Bernadette y célèbre en tant que ngwèvilo (prêtresse) la soixantième année consécutive de son Ndjembé lors d'une édition spéciale marquée par une affluence record.

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