Ce Jour-là

Roland Garros

Aviateur réunionnais

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Roland Garros (/ga.ʁos/) est un aviateur français, lieutenant pilote lors de la Première Guerre mondiale, né le 6 octobre 1888 à Saint-Denis (La Réunion) et mort dans un combat aérien le 5 octobre 1918 à Saint-Morel (Ardennes). Il a reçu son brevet de pilotage à l'aérodrome de Cholet en Maine-et-Loire.

Sa célébrité est d'abord venue de ses exploits sportifs en avion, et surtout de la toute première traversée de la mer Méditerranée, qu'il effectue le 23 septembre 1913 à bord d'un monoplan.

Aujourd'hui, sa personnalité reste associée au tournoi Internationaux de France de tennis dans le stade qui porte son nom depuis 1928.

Roland Garros est né le 6 octobre 1888 rue de l’Arsenal (rebaptisée depuis « rue Roland-Garros ») à Saint-Denis de La Réunion. Sa famille est depuis longtemps établie dans l’île, avec des origines toulousaines du côté paternel et lorientaises (via Pondichéry) du côté de sa mère Clara née Faure. Il n’a que quatre ans quand son père Georges Garros décide de partir avec sa famille en Cochinchine. Georges Garros ouvre à Saïgon un cabinet d’avocat pour s’occuper notamment des affaires commerciales de ses amis commerçants vietnamiens. Sa mère assure son enseignement scolaire, mais lorsqu’il atteint en 1900 le cycle secondaire, ses parents sont contraints, en l’absence de lycée dans le pays, de l’envoyer seul en métropole pour y entreprendre ses « humanités ». À cette époque, la traversée maritime dure près de deux mois entre Saïgon et Marseille. Dès ce moment, et jusqu’à la fin de sa vie, Roland Garros mène une vie pratiquement autonome, seul face à ses responsabilités.

À peine débarqué à Paris, au collège Stanislas où ses parents l’ont inscrit en 6e R1, le garçonnet de douze ans est foudroyé par une grave pneumonie et, sans attendre l’avis des parents trop lointains, la direction du collège décide de l’envoyer à l'autre collège Stanislas à Cannes.

Roland Garros y retrouve le soleil et le sport, notamment le cyclisme, qui lui feront recouvrer la santé. Comme l’a écrit son ami l’écrivain et journaliste Jacques Mortane, « la petite Reine a réussi là où la Faculté a échoué ». Ils seront champions interscolaires de cyclisme en 1906, lui sous le pseudonyme de « Danlor », afin que son père n’en soit pas averti… C’est lui aussi qui mènera à la victoire l’équipe de football du lycée Masséna de Nice. Sa scolarité, sans être brillante, sera néanmoins soutenue : il rattrapera sans trop de peine l’année scolaire perdue pendant sa pneumonie. Au milieu de quelques prix obtenus par le collégien, on trouve un premier prix de piano, dénotant une attirance certaine pour la musique.

Il gagne Paris pour l'année de terminale en Philo, qu’il prépare au lycée Janson-de-Sailly, où il se liera d’amitié avec Jean Bielovucic, un jeune Péruvien qui, comme lui, se fera un nom dans l’aviation. Puis il réussit son entrée à HEC Paris, dont il sortira dans la promotion 1908 qui porte désormais son nom. Émile Lesieur, son ami et condisciple d’HEC, international de rugby à XV, le parrainera lors de son adhésion au Stade français, où il est inscrit dans la section rugby. Et s’il pratique un peu le tennis, ce n’est réellement qu’en amateur.

Ayant obtenu son diplôme, il se fait embaucher par la firme Automobiles Grégoire comme commercial. Il devient chef d’entreprise à 21 ans avec sa boutique « Roland Garros automobiles » et vend les voitures Grégoire. Il ne devient pas avocat au grand désespoir de son père qui lui coupe les vivres.

En vacances d'été en 1909 à Sapicourt près de Reims chez l’oncle de son ami Quellennec, Roland Garros va assister à la « Grande Semaine d’aviation de la Champagne » du 22 au 29 août. C'est une révélation pour lui : il sera aviateur.

Les bénéfices de son commerce automobile lui permettent de commander aussitôt au Salon de locomotion aérienne au palais de la découverte la moins chère des machines volantes de l’époque, une Demoiselle Santos-Dumont (7 500 francs contre 30 000 à 40 000 pour un Blériot XI). L'appareil est dangereux à cause de son train d'atterrissage fragile qui se brise, ce qui vaut à la Demoiselle d'être surnommée la « tueuse d'homme ». Il n’y a pas encore d’école de pilotage : il apprendra tout seul, avec la collaboration d’un autre « Demoiselliste », le Suisse Edmond Audemars qu’il a rencontré sur le terrain d’Issy-les-Moulineaux que d’aucuns considèrent déjà comme le « berceau de l’aviation ».

Il n’a même pas obtenu son brevet de pilote aviateur qu’il est embauché pour les cérémonies du 14 juillet 1910 par le Comité Permanent des Fêtes de Cholet, où il obtient le 19 juillet son Brevet de l’Aéro-Club de France, le no 147, sur l'aérodrome de Cholet, qui porte désormais son nom. Et il totalise à peine plus de trois heures de vol lorsqu’il est engagé par l’industriel américain Hart O. Berg pour le meeting du Belmont Park à New York. Sa frêle « Demoiselle » et celle de son ami Audemars vont côtoyer les puissants Blériot XI, les Antoinette et autres Wright et Curtiss, sans bien sûr tenter de rivaliser avec eux.

À l'hôtel Astor où il est descendu, il a retrouvé son ami américain d’origine franco-canadienne John Moisant, rencontré sur le terrain d'Issy. Celui-ci organise avec son frère Alfred une tournée d’exhibitions aériennes à travers les États-Unis. Le jeune homme n’a aucune hésitation quand John lui propose de venir voler au sein du Moisant Circus, où le rejoindront Audemars, René Simon (en) et René Barrier. Pour le garçon de 22 ans, c’est l’occasion inespérée de pouvoir voler tous les jours et ainsi d’affiner sa pratique de la boussole et du pilotage par tous les temps. Le train « Cirque Moisant » traversera une bonne partie des États-Unis, puis le Mexique et enfin Cuba et vaudra à R. Garros le surnom de « cloud kisser » (« l'embrasseur de nuages ») dans les nombreux meetings d’aviation de l’époque.

Homme de record et précurseur en Amérique du Sud

De retour en France en mai 1911, Roland Garros participe aux trois grandes épreuves de l’année, la course d'aviation Paris-Madrid, le Paris-Rome et le Circuit européen. Malgré ses indéniables qualités de pilote, il se fera chaque fois coiffer au poteau et des journalistes le surnommeront « l’Éternel Second ».

Il ne tardera pas à prendre sa revanche. Il est ensuite engagé pour un meeting sur le terrain de Champirol situé sur les communes de Villars (Loire) et Saint-Priest-en-Jarez à proximité de Saint-Étienne, où il retrouve, entre autres vedettes de l’aviation, l’ami « Bielo » devenu son « frère d’armes ». Mais surtout, il y fait la connaissance de Charles Voisin et de son amie, la baronne de Laroche. La sympathie passe tout de suite entre eux et Voisin, qui s’occupe déjà des affaires de Bielovucic, accepte de prendre en mains la carrière aéronautique de son nouvel ami. C’est lui qui prépare leur participation au « meeting » du Mans et, tout de suite après, il va organiser le 1er record d'altitude que Garros arrachera avec 3 950 m au capitaine Félix, le 4 septembre 1911, en décollant de la plage de Cancale. Garros professe alors que les records d’altitude sont les plus utiles pour le développement de l’aviation car les appareils qu’on est obligé de construire pour eux sont les plus « sûrs », les « moins dangereux », les plus « capables de rendre des services ». Ce premier record le place désormais parmi les meilleurs, il est sollicité de toutes parts. À Marseille notamment, où il va renouer ses relations avec son père grâce à la médiation de leur ami commun Jean Ajalbert. Au parc Borély, plus de 100 000 spectateurs enthousiastes assisteront à ses évolutions aériennes, aux côtés de Jules Védrines, l’autre vedette du spectacle.

Puis l’industriel américain Willis Mc Cormick, créateur de la Queen’s Aviation Company limited, l’engage, avec René Barrier, Edmond Audemars et Charles Voisin, pour une grande tournée en Amérique du Sud. Avec son Blériot XI, Garros sera le premier à effectuer la traversée aérienne de la baie de Rio de Janeiro, à survoler la forêt tropicale, à prendre des photos aériennes en relief à l’aide de son Vérascope Richard. Il est le premier à voler de São Paulo à Santos en emportant symboliquement un petit sac postal et c’est de concert avec son ami Eduardo Chaves, l’un des futurs créateurs de l’aviation civile brésilienne, qu’il fait triomphalement le vol de retour Santos-São Paulo.

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