Roger de Bussy-Rabutin, né le 13 avril 1618 à Saint-Émiland (actuel département de la Saône-et-Loire) et mort le 9 avril 1693 à Autun (Saône-et-Loire), comte de Bussy, est un noble français des règnes de Louis XIII et Louis XIV, officier et courtisan mais aussi homme de lettres et membre de l'Académie française.
Entré dans l'armée en 1633, il participe aux combats de la guerre de Trente Ans jusqu'en 1641, date d'un premier embastillement par Richelieu. Il reprend du service en 1644 et combat au service du roi et de Mazarin pendant la Fronde (1648-1652), puis dans la guerre contre l'Espagne (1654-1658).
Parallèlement, il mène une vie de libertin qui amène Mazarin à l'exiler sur ses terres en 1659. C'est alors qu'il écrit l'Histoire amoureuse des Gaules, un ouvrage qui suscite le scandale. En 1665, il est élu à l'Académie française, mais aussi de nouveau embastillé par Louis XIV, puis condamné à un nouvel exil qui dure jusqu'en 1683. Rentré dans la grâce du roi, il ne retrouve pas sa place à la cour et vit le plus souvent sur ses terres jusqu'à sa mort en 1693.
Né le 13 avril 1618 au château d'Epiry (actuelle commune de Saint-Émiland, près d'Autun) en Bourgogne, Roger de Bussy-Rabutin est le troisième fils Léonor de Rabutin, mestre de camp du régiment de Bussy-Rabutin et lieutenant du roi Louis XIII en Nivernais.
Sa mère est Diane de Cugnac, épouse de Léonor.
La mort de ses frères fait de lui le seul représentant de sa famille.
Il fait des études assez brillantes[réf. nécessaire] au collège des jésuites d'Autun, puis au collège de Clermont à Paris (actuel lycée Louis-le-Grand).
Carrière militaire pendant la guerre de Trente Ans (1633-1641)
En 1633, âgé de seize ans, il entre dans l’armée en tant que premier capitaine du régiment de Bussy-Rabutin, régiment d'infanterie commandé par son père.
En 1634, il prend la tête du régiment que lui cède son père, alors que le royaume de France est engagé dans la guerre de Trente Ans.
Au sein de l'armée commandée par Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force et maréchal de France, il participe aux sièges de La Mothe-en-Bassigny dans le duché de Lorraine, puis des villes de Soulaucourt-sur-Mouzon et d'Outremécourt (actuelle Haute-Marne).
Il fait ensuite la plupart des campagnes de la guerre de Trente Ans : prise des châteaux de Moyenvic, de Charmes et de Neufchâteau en 1635 ; batailles et sièges de Colloredo, de Pesmes, du château de Balançon, de Dole, de Roye, de Corbie, de Landrecies et de Maubeuge en 1637.
Il combat à Thionville en 1639, à Arras en 1640, puis à Bapaume et à Lens en 1641.
Il dit lui-même que ses deux ambitions sont de devenir « honnête homme » et de « parvenir aux grands honneurs de la guerre. »
Retour à la vie civile et mariage (1641-1643)
En 1641, le cardinal de Richelieu le fait emprisonner à la Bastille pour le punir de négligences dans son service, des soldats s'étant livrés à la contrebande du sel. Il y passe cinq mois et y fait une rencontre déterminante, celle du maréchal François de Bassompierre (1579-1646), emprisonné pour avoir comploté contre Richelieu. Bassompierre est célèbre pour ses galanteries.
Il séjourne ensuite à Paris, où sa jeunesse tumultueuse le conduit à se battre en duel et à rechercher les aventures galantes, mais il fréquente aussi les salons, notamment en compagnie de sa cousine, Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, et y aiguise son esprit piquant.
Le 28 avril 1643, il épouse sa cousine Gabrielle, fille d'Antoine II de Toulongeon et de Françoise de Rabutin-Chantal et petite-fille de Jeanne de Chantal (1572-1641), avec qui il aura trois filles : Diane, Charlotte et Louise-Françoise.