Ce Jour-là

Roger Madec

Homme politique français

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Roger Madec, né le 27 octobre 1950 à Paris et mort le 9 décembre 2024 à Verdelot en Seine-et-Marne, est un homme politique français, conseiller de Paris de 1989 à 2024, maire du 19e arrondissement de Paris de 1995 à 2013 et sénateur de Paris de 2004 à 2017.

Après l'obtention du baccalauréat, Roger Madec a commencé sa carrière politique comme secrétaire de section socialiste (19e section Eugène Pottier) à la fin des années 1970, dans le sillage de Manuel Escutia, leader local de ce parti (courant CERES) à l’époque. En juin 1981, lorsque Manuel Escutia est élu député du 19e arrondissement, celui-ci choisit Roger Madec comme assistant parlementaire.

En 1986, Manuel Escutia est écarté de son mandat parlementaire par la fédération de Paris, qui ne l'investit pas sur la liste pour des élections législatives qui se tiennent, cette fois, à la proportionnelle départementale. Manuel Escutia le reproche à Georges Sarre, leader parisien du courant Socialisme et République, et rompt avec ce courant. Roger Madec, devenu assistant parlementaire de Georges Sarre, s'oppose alors violemment à Manuel Escutia.

Chef d'un courant très minoritaire, Roger Madec pratique un habile jeu d'alliances variées qui lui permet de devenir incontournable et de renforcer rapidement son influence.

En juin 1988, lors des investitures pour de nouvelles élections législatives, de nouveau convoquées en scrutin d'arrondissement, Roger Madec s'allie avec un nouveau venu chez les socialistes et dans le 19e arrondissement : Jean-Christophe Cambadélis, trotskyste historique et, pour cette raison, proche depuis longtemps de Lionel Jospin. Le député sortant, Alain Billon, fabiusien, fait les frais de cette alliance et perd son siège. Roger Madec, après la victoire nationale du PS, est nommé chef de cabinet de Georges Sarre nouveau Secrétaire d'État aux transports dans le gouvernement Rocard.

En 1989, lors de la composition des listes socialistes aux élections municipales, Roger Madec rompt son alliance avec Jean-Christophe Cambadélis, s'allie avec A. Billon et les rocardiens, s'oppose au « parachutage » de Claude Estier et arrache la tête d'une liste municipale socialiste homogène. Celle-ci est largement battue par la liste chiraquienne de Jacques Féron (CNI)

Pour les observateurs, cet échec semble scellé d'une marque définitive. En fait, il n'en est rien : dès le congrès de Rennes du PS, R. Madec renforce son courant au sein des sections du XIXe. En fait, s'étant placé au centre de l'échiquier politique local, Roger Madec va pouvoir, bien que très discret et peu connu au sein de la fédération de Paris, s'affirmer désormais comme le leader du PS 19e.

Rupture avec Georges Sarre et insertion dans la majorité du PS

La guerre du Golfe, et la crise que celle-ci provoque au sein du PS, lui permet un astucieux retournement politique. Officiellement aligné sur les positions anti-guerre de Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre, Roger Madec laisse ses militants se mobiliser contre la guerre. Lorsque Jean-Pierre Chevènement démissionne du gouvernement, la crise éclate dans son courant parisien : certains leaders (Michel Charzat, Patrick Bloche) prennent clairement le parti de François Mitterrand ; Georges Sarre hésite, critique d'abord Jean-Pierre Chevènement à qui il reproche d'avoir « mal choisi son moment » pour démissionner, puis finalement choisit de lui rester fidèle. Roger Madec feint d'adopter la même posture ; il parvient ainsi à préserver sa désignation comme candidat éligible aux élections régionales. Une fois celle-ci acquise, il annonce par voie de presse sa rupture avec le courant chevènementiste et son ralliement à la majorité mitterrandiste du PS.

Construction d’un bastion local

Ainsi introduit dans le courant majoritaire du PS, Roger Madec obtient facilement l'investiture aux municipales de 1995. Profitant du premier recul des listes RPR, et du maintien au second tour de la liste du Front National, la liste conduite par Roger Madec l'emporte de justesse au second tour et son leader est élu maire du XIXe.

Il est réélu aux municipales de 2001, qui permettent à Bertrand Delanoë de devenir maire de Paris. Roger Madec est désigné quelques heures comme adjoint au maire de la mairie centrale. Mais il préfère son fief du XIXe et cède sa place parisienne à son bras droit, François Dagnaud.

Élu sénateur de Paris en 2004, Roger Madec tient d'une majorité forte, la section du PS XIXe, ne laissant à Jean-Christophe Cambadélis, son opposant local, que le bénéfice de son mandat de député. Dans la composition de la liste socialiste aux municipales - qui reste sa grande affaire - Roger Madec place ses proches et choisit ses alliés.

En 2008, la liste Roger Madec (PS - PC, mais sans les Verts qui font liste à part) est reconduite aux municipales dès le 1er tour de scrutin. Parti de 23 % aux municipales de 1989, Roger Madec remporte vingt ans plus tard 52 % des suffrages exprimés.

Roger Madec est réélu sénateur de Paris lors du renouvellement de septembre 2011, qui a vu le Sénat basculer à gauche.

Évolutions dans la préparation de l'après-Delanoë

En septembre 2008, lorsque se prépare le congrès socialiste de Reims, Roger Madec se range sur la motion du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Il s'en distancie, à l'été 2011, en annonçant son soutien à François Hollande. Son arrondissement ne le suit toutefois pas, Martine Aubry emportant au second tour 54,14 % des suffrages exprimés dans le 19e arrondissement.

Cette prise de distance à l'égard de Bertrand Delanoë est accompagnée d'autres signaux discrets, qui marquent certains rapprochements avec Jean-Marie Le Guen, député du 13e arrondissement et rival socialiste du maire : soutien tardif mais appuyé à Dominique Strauss-Kahn, approbation du principe de primaires ouvertes à toute la gauche pour la désignation du futur candidat-maire de Paris.

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