Roger Hanin est un acteur, réalisateur, producteur et écrivain français, né le 20 octobre 1925 à Alger et mort le 11 février 2015 dans le 15e arrondissement de Paris.
Roger Paul Jacob Levy est le quatrième des cinq enfants de deux collègues fonctionnaires des PTT, Joseph Lévy (1894-1960) — lui-même fils de Salomon Lévy et Messaouda Guedj — et Victorine Hanin (1891-1988) — fille de Meyer Hanin et Rachael Azoulay —, couple juif modeste dans la basse casbah d'Alger où il grandit au 25 de la rue Marengo, avant que sa famille s'installe à Bab El Oued, rue Mizon.
Son arrière-grand-père Joseph Lévy était marchand d’étoffes, son grand-père Salomon Lévy était rabbin et employé de mairie.
Converti au catholicisme à l’occasion de son mariage avec la productrice Christine Gouze-Rénal, l'acteur se définit lui-même ainsi : « Mon vrai nom, c'est Lévy. Mon père s'appelle Joseph Lévy. Ma mère Victorine Hanin. À l'origine [pour elle], c'était Ben Hanine. C'est une fille Azoulay. Je suis 100 % kasher sur le plan génétique. Je suis fils de communiste et petit-fils de rabbin. Je me sens très Juif. »
Pendant la Seconde Guerre mondiale son père est receveur des postes à Aubervilliers tandis que lui et sa famille sont restés en Algérie. Roger Hanin affirme que Pierre Laval, maire d'Aubervilliers de 1923 à 1942, a sauvé son père en lui fournissant des faux papiers
Il raconte également que son père était un militant « nudiste » et qu'il emmenait ses filles nues à la plage, ce qui provoquait un scandale à l'époque. À la suite d'une maladie infantile, le jeune Roger Lévy doit pratiquer des disciplines sportives et deviendra première série de ping-pong et champion de France de basket-ball militaire interarmes.
Renvoyé du lycée Bugeaud à cause des lois antisémites de Vichy qui imposent un numerus clausus en Algérie pour les élèves juifs dès 1941, Roger Hanin est finalement réintégré car son père, ancien combattant, est mutilé et invalide de guerre à 60 %. Il entame ensuite des études de pharmacie à la faculté mixte de médecine et de pharmacie d'Alger.
Après l'obtention d'une bourse pour ses bons résultats, il poursuit ses études de pharmacie à Paris en novembre 1948. En fin d'année, alors qu'il se rend à la faculté de pharmacie, un ami décorateur lui propose de faire de la figuration théâtrale dans une pièce pour laquelle il a conçu les décors. Enthousiasmé par cette expérience, il s'inscrit aux cours d'art dramatique de René Simon et Michel Vitold, prend des cours de diction pour perdre son accent pied-noir et se tourne vers le métier d'acteur. Il tient des petits rôles au théâtre et, à partir de 1952, au cinéma, prenant pour nom de scène le nom de naissance de sa mère, Hanin. Il adoptera officiellement ce nom le 14 octobre 1965[réf. nécessaire].
Avec sa carrure massive du joueur de basket qu'il fut dans sa jeunesse, Roger Hanin est d'abord cantonné dans des rôles de durs. Il obtient une certaine notoriété grâce au film La Valse du Gorille en 1959 mais se lasse de ces rôles stéréotypés.
C'est grâce à Alexandre Arcady, réalisateur du film Le Coup de sirocco à la fin des années 1970, qu'il redevient un acteur populaire. Avec Le Grand Pardon et Le Grand Carnaval, du même réalisateur, au début des années 1980, il peut donner toute la mesure de son « identité pied-noir » et entrer en bonne place dans le box-office.
Ensuite, il réalise deux films notables, Train d'enfer et La Rumba, puis il connaît la consécration à la télévision avec son rôle du commissaire Navarro créé par Tito Topin. Ce sera son rôle le plus célèbre. Il percevait trois millions de francs pour chaque épisode, record jamais égalé pour la télévision française. Le premier épisode de cette série télévisée, diffusé sur TF1, date d'octobre 1989. Le dernier tournage de Brigade Navarro a lieu le 31 octobre 2008.
Le 1er novembre 2008, il annonce sur l'antenne de RTL qu'il met un terme à sa carrière d'acteur : « Je ne tournerai plus, je ne veux plus être acteur. » Il ajoute :
« Il n'y a ni amertume ni nostalgie. J'ai fait mon tour, comme on dit. J'ai terminé. J'ai eu une carrière mirifique au sens littéral du terme. J'ai joué Othello, Macbeth, tous les grands auteurs, Pirandello, Beckett, Claudel, j'ai joué des grands rôles, je ne vais pas me mettre à bégayer. J'ai un grand projet : je vais vivre ! Sortir dans les grands restaurants, faire des voyages, lire, écrire, profiter du pognon que j'ai amassé sans avoir le temps de le dépenser jusqu'à maintenant. J'entre dans l'antichambre du paradis. »
Un an plus tard, en novembre 2009, il est victime d'un accident vasculaire cérébral en pleine rue à Saint-Tropez. Conscient de la dégradation flagrante de son état de santé, il demande à être placé sous curatelle de sa fille en 2011.
Hospitalisé depuis le 8 février 2015 à l'hôpital Georges-Pompidou à Paris, Roger Hanin y meurt trois jours plus tard à l'âge de 89 ans, à la suite d’une insuffisance respiratoire.
Le 12 février 2015, une cérémonie religieuse a lieu à la synagogue Buffault (le lieu même où ont été tournées plusieurs scènes du film Le Grand Pardon en 1981) dans le 9e arrondissement de Paris, en présence de nombreuses personnalités du cinéma et de la télévision.
Roger Hanin est inhumé le 13 février 2015 dans le carré juif du cimetière de Bologhine (précédemment Saint-Eugène), à Alger, où repose déjà son père, selon le souhait de sa famille, un retour sur sa terre natale.
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