Robert Zemeckis (/ˈɹɑbəɹt zəˈmɛkɪs/) est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 14 mai 1952 à Chicago.
Découvert grâce au film d'aventures À la poursuite du diamant vert, il se fera mondialement connaître pour avoir réalisé la trilogie Retour vers le futur, Qui veut la peau de Roger Rabbit, Forrest Gump, qui lui vaut l'Oscar du meilleur réalisateur, et Seul au monde.
Il est considéré comme un innovateur dans le domaine des effets visuels avec l'utilisation précoce d'infographies insérées dans des séquences filmées dans Retour vers le futur 2 (1989) et Forrest Gump, l'insertion d'animation 2D dans des séquences filmées dans Qui veut la peau de Roger Rabbit, et les techniques de performance capture dans Le Pôle express (2004), La Légende de Beowulf (2007), Le Drôle de Noël de Scrooge (2009), et Bienvenue à Marwen (2018). Il est connu pour sa collaboration avec le compositeur Alan Silvestri, avec qui il travaille depuis À la poursuite du diamant vert. David Thomson (en) écrit sur lui qu'« aucun autre réalisateur contemporain n'a utilisé les effets spéciaux à des fins plus théâtrales et narratives ».
Jeunesse et révélation (1972-1984)
Robert Lee Zemeckis est né le 14 mai 1952 à Chicago, fils de Rosa (née Nespeca) et d'Alphonse Zemeckis. Son père était lituano-américain tandis que sa mère était italo-américaine. Robert est diplômé de l'université du Sud de la Californie en cinéma-télévision. Il s'est très vite fait connaître en remportant un Student Academy Award pour son film A Field of Honor (1973) auquel ont succédé de nombreux films primés.
Il se fait remarquer par Steven Spielberg, qui, impressionné, accepte d'être producteur exécutif sur ses deux premiers longs-métrages : en 1978 Crazy Day (I Wanna Hold Your Hand) et en 1980 La Grosse Magouille, que Zemeckis a co-écrit avec son collaborateur Bob Gale. Les deux films sont bien reçus par la critique, mais échouent commercialement. Le tandem a une autre histoire en stock, celle d'un adolescent voyageant dans le temps, mais aucun studio n'y croit. C'est l'acteur Michael Douglas qui propose finalement à Zemeckis de mettre en scène un projet de film d'aventure dont il serait la star, aux côtés de Kathleen Turner.
Ce film sortira en 1984 sous le nom de À la poursuite du diamant vert. Il est un nouveau succès critique et fonctionne plutôt bien au box-office, à la surprise de nombreux professionnels. Le réalisateur y rencontre surtout le compositeur Alan Silvestri, qui assurera désormais la bande son de tous ses films.
Les studios Universal donnent alors le feu vert au projet chéri par Robert Zemeckis et Bob Gale. En 1985, Retour vers le futur sort dans les salles américaines, et connait un énorme succès critique et commercial. Avec Gale, il décroche sa première nomination à l'Oscar, celui du meilleur scénario. Le cinéaste profite de cette reconnaissance pour s'atteler à un projet risqué, d'un point de vue technologique et commercial, pour les studios Disney : avec Qui veut la peau de Roger Rabbit, il peaufine en effet le procédé combinant animation et prises de vue réelles, et livre une satire du show-business qui est acclamée par la critique, en remportant 4 Oscars. Le score du film au box-office de l'année 1988 confirme le potentiel commercial du cinéaste.
Il tourne consécutivement Retour vers le futur 2 et Retour vers le futur 3, qui sortent respectivement en 1989 et 1990 : deux nouveaux chapitres qui formeront une trilogie culte du cinéma hollywoodien. Celle-ci érige le jeune Michael J. Fox en star mondiale, et associe des effets spéciaux révolutionnaires (dont les fameuses voitures volantes empruntées à Blade Runner) à un scénario riche et complexe. Il s'agit pourtant du dernier travail de Robert Zemeckis en tant que scénariste avant longtemps.
Le réalisateur s'impose alors aux côtés de ses amis et ex-mentors George Lucas et Steven Spielberg, comme l'un des plus grands « entertainers » (« faiseur de divertissements ») du cinéma américain.
Confirmation critique et commerciale (1991-2000)
Le cinéaste parcourt les années 1990 en mettant en scène des stars hollywoodiennes, et en visitant des genres chaque fois différents : en 1992, il dirige Bruce Willis et Goldie Hawn pour la comédie noire La mort vous va si bien .
En 1994, il livre la comédie mélodramatique épique Forrest Gump, qui constitue son plus gros succès commercial à ce jour, et remporte six Oscars, dont celui du meilleur réalisateur, et du meilleur acteur pour Tom Hanks. C'est la consécration, avec un film qui fait date, son palmarès aussi.
Fort de cette reconnaissance, il parvient à lancer la production de Contact, un ambitieux récit de science-fiction resté en gestation un certain temps. Porté par la star Jodie Foster, le film est très attendu et convainc la critique et le public en 1997, mais de façon moins unanime.
En 1998, il fonde avec Joel Silver la société de production Dark Castle Entertainment, ainsi nommée en hommage au réalisateur William Castle.
L'année 2000 marque un tournant : le réalisateur retrouve en effet Tom Hanks pour le film d'aventure Seul au monde, un drame inspiré de Robinson Crusoé, qui connait un énorme succès critique et commercial et vaut à l'acteur une nouvelle nomination à l'Oscar du meilleur acteur. Pour des besoins de réalisme, le tandem filme une partie du film au début de l'année 1999, et le reste du film un an plus tard, le temps pour Hanks de maigrir suffisamment et de se laisser pousser la barbe et les cheveux. En parallèle, pendant cette pause, Zemeckis met en boîte un thriller psychologique avec Harrison Ford et Michelle Pfeiffer. Intitulé Apparences, le film est basé sur une idée de Steven Spielberg et un rapprochement avec les œuvres de Alfred Hitchcock. Les critiques sont mitigées, mais le film fonctionne commercialement. Il permet surtout à la caméra du cinéaste de s'affranchir des lois de la physique, grâce au numérique.
Expérimentations numériques (2004-2010)
Zemeckis semble désormais prêt à laisser libre cours à ses expérimentations visuelles : si La mort vous va si bien regorgeait de trucages numériques à une époque où ils étaient encore peu répandus, et que Forrest Gump intégrait déjà l'acteur Tom Hanks dans de nombreuses scènes d'archives historiques, il avait aussi réussi, à la télévision, à faire tenir à Humphrey Bogart le rôle principal d'un épisode des Contes de la crypte, près de 40 ans après sa mort, par le truchement d'astuces visuelles.