Ce Jour-là

Robert Sarah

Prélat catholique guinéen

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Robert Sarah, né le 15 juin 1945 à Ourouss (région de Boké, au nord de la Guinée), est un prélat catholique guinéen. Archevêque de Conakry de 1979 à 2001, il est nommé par le pape Jean-Paul II, à la Curie romaine, au poste de secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples. Benoît XVI, dont il est proche, le nomme en 2010 à la tête du Conseil pontifical Cor unum et le crée cardinal. Le pape François lui confie le poste de préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements de 2014 à 2021, il est membre de la Congrégation pour les Églises orientales depuis 2021.

Il affiche des positions conservatrices, notamment sur l'homosexualité et les questions migratoires. Il est un défenseur du célibat consacré et un partisan de la restauration de la liturgie ad orientem. Il prend ses distances avec certaines directives du pape François.

Robert Sarah est né le 15 juin 1945 en Guinée, dans un village situé à la frontière guinéo-sénégalaise, dans une famille de cultivateurs de rôniers, de croyance animiste et appartenant au peuple coniagui, une petite ethnie ayant gardé intactes ses traditions ancestrales.

Il descend du côté maternel (seule filiation qui compte pour les Coniagui) de Loni Aloten, un résistant régional qui a combattu les Peuls et les colons au tout début du XXe siècle.

Il fréquente régulièrement une mission des pères spiritains dès l'âge de douze ans, et c'est parmi ces missionnaires qu'il découvre sa vocation. Il raconte que l'accès au sacerdoce lui paraissait impossible en tant qu'Africain d'origine modeste, d'où sa surprise quand on lui a proposé de devenir prêtre. Il étudie au petit séminaire Saint-Augustin à Bingerville, en Côte d'Ivoire.

Études en théologie, ordination et première mission

Il revient à Conakry trois ans plus tard et passe son baccalauréat, avant de rejoindre la France pour étudier la théologie et la philosophie au grand séminaire de Nancy (de 1964 à 1967), où il fréquente régulièrement la bibliothèque diocésaine nancéienne. C'est au séminaire qu'il fait la connaissance du cardinal Eugène Tisserant.

Robert Sarah est ordonné prêtre le 20 juillet 1969 en la cathédrale Sainte-Marie de Conakry.

Souhaitant poursuivre des études d'exégèse, il se rend à Rome pour suivre les cours de l'Université pontificale grégorienne où il obtient une licence en théologie. Son séjour romain, jusqu'en 1974, est entrecoupé par une année à Jérusalem, en 1971, où il étudie au Studium Biblicum Franciscanum qui lui confère un doctorat en Écritures saintes.

Il retourne ensuite en Guinée comme curé de Boké, Katako, Koundara et Ourouss, où il prend soin de visiter chaque village de sa paroisse, y compris les plus reculés qui étaient restés plusieurs années sans prêtre, depuis l'expulsion des missionnaires européens, en mai 1967, qui s'opposaient à l'africanisation du clergé guinéen et à sa soumission à la ligne officielle de l'État dirigé par Ahmed Sékou Touré.

En 1976, il enseigne au petit séminaire Jean XXIII de Conakry, dont il devient le directeur.

Outre le français, il parle l'anglais, l'espagnol et l'italien.

Robert Sarah est nommé archevêque de Conakry le 13 août 1979 par Jean-Paul II à l'âge de 34 ans, devenant ainsi l'un des plus jeunes évêques du monde. Il est consacré le 8 décembre de la même année par le cardinal Giovanni Benelli avec comme co-consécrateurs Luc Auguste Sangaré et Jean Orchampt.

Après une tournée de deux ans dans son diocèse, Robert Sarah, qui constate la misère que subissent ses concitoyens, décide de la dénoncer : « Le pouvoir use ceux qui n'ont pas la sagesse de le partager », lance-t-il notamment au dictateur Sékou Touré, qui par ailleurs s'était opposé à sa nomination à la tête de l'archevêché de Conakry. Il lutte contre le régime marxiste de Touré qui opprime l'Église catholique de Guinée et maintient la population dans la misère. En 1992, l'Église guinéenne reçoit une visite historique du pape Jean-Paul II, qui séjourne trois jours dans le pays pour « apporter sa consolation » après les souffrances subies sous Touré.

Lorsqu'il est appelé à la Curie à Rome en 2001, le général Lansana Conté, président de Guinée — depuis la mort de Touré en 1984 —, pour lui exprimer sa fierté, fait organiser un grand banquet au cours duquel il le décore de la plus haute distinction du pays. Robert Sarah profite de cette tribune pour prononcer un réquisitoire mémorable contre le régime du général Lansana Conté, qui provoque la colère de ce dernier et de son gouvernement, et qui sera qualifié de « prophétique ».

En octobre 2001, le pape Jean-Paul II le nomme à la Curie romaine au poste de secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples. À cette fonction, il désigne et encadre les évêques pour les pays de mission, c'est-à-dire la majorité des pays de l'Amérique latine, de l'Afrique et de l'Asie.

Le 7 octobre 2010, le pape Benoît XVI le nomme président du Conseil pontifical Cor Unum, dicastère qui accompagne et coordonne les actions de charité des organismes catholiques dans le monde.

Quelques semaines plus tard, il est créé cardinal par Benoît XVI lors du consistoire du 20 novembre 2010. Il reçoit alors le titre cardinalice de cardinal-diacre de S. Giovanni Bosco in via Tuscolana.

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