Ce Jour-là

Robert Louis-Dreyfus

Homme d'affaires et milliardaire suisse d'origine française

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Robert Louis-Dreyfus, parfois abrégé RLD, né le 14 juin 1946 dans le 8e arrondissement de Paris et mort le 4 juillet 2009 à Zurich, est un homme d'affaires et milliardaire franco-suisse. Il est surtout connu pour ses activités dans la téléphonie et le football.

Héritier de la famille Dreyfus qui a fondé un prospère groupe familial dans le négoce et le transport maritime, le Groupe Louis-Dreyfus, Robert Louis-Dreyfus réussit brillamment dans les affaires. Après avoir échoué au baccalauréat, Robert Louis-Dreyfus est accepté à Harvard. Diplômé de cette université, il investit de l'argent remporté au poker dans l'entreprise IMS Health. Il quitte l'entreprise avec une somme importante et sa réputation récemment acquise le mène à la tête de Saatchi and Saatchi. Il participe au redressement de l'entreprise puis est appelé à la tête d'Adidas. Avec Robert Louis-Dreyfus à sa tête, Adidas devient le principal concurrent de Nike sur le marché des équipementiers sportifs. Il s'investit ensuite dans LDCom grâce à Jacques Veyrat.

Fortune faite, Robert Louis-Dreyfus devient, en 2007, le principal actionnaire et dirigeant du groupe familial. Passionné de sport, il s'implique dans le football en devenant l'actionnaire principal de l'Olympique de Marseille en 1996 puis en 1997 du Standard de Liège. Comme dirigeant, RLD remporte deux titres de champion de Belgique avec le Standard mais aucun titre majeur avec l'OM. Il meurt à 63 ans des suites d'une leucémie.

Robert Louis-Dreyfus naît le 14 juin 1946 au 8, rue de l’Élysée dans le 8e arrondissement de Paris d'un père juif et une mère catholique. Il est l'héritier de la riche famille Louis-Dreyfus.

Élevé par une nurse anglaise, Robert Louis-Dreyfus est protégé dans un cocon. Il est inscrit au cours Hattemer, premier cours par correspondance créé en France. La première rupture est sa rentrée au lycée Marcel-Roby de Saint-Germain-en-Laye. D'abord, Louis-Dreyfus n'est pas accepté par ses camarades ; il le devient en faisant le pitre. RLD change de lycée à 16 ans et entre au lycée Janson-de-Sailly. Il y apprend à jouer aux cartes, au poker en particulier, et y joue tout au long de l'année. Il échoue deux fois au baccalauréat.

En 1966, à vingt ans, Robert Louis-Dreyfus rentre à l'École des cadres, forcé par ses parents. Au début du mois de juin 1967, il s'engage dans les rangs de l'armée israélienne. Il prend le bateau à Venise le 9 juin et arrive deux jours plus tard en Israël, le lendemain de la guerre des Six jours. Il passe quatre mois dans un kibboutz. Grâce à cette école, il fait un stage de neuf mois en 1968 à Londres dans la banque Warburg.

Pendant ses années de jeunesse, Robert Louis-Dreyfus passe ses nuits à jouer au poker, Robert Louis-Dreyfus devient un bon joueur, et gagne au jeu entre trois et cinq mille francs par mois. Il se paie sa première voiture à 18 ans, et devient de plus en plus indépendant. S'il joue contre des flambeurs à Paris, il joue à Londres contre des gens très riches : les sommes gagnées sont nettement plus importantes. Il estime avoir gagné entre 450 000 et 500 000 dollars entre l'âge de 16 et de 22 ans. Cela constitue le début de sa fortune.

N'ayant pas été reçu au baccalauréat, Robert Louis-Dreyfus apprend de Nathaniel de Rothschild et Thierry Lovenbach, deux amis d'enfance, en 1970 qu'il peut entrer à la Harvard Business School en remplissant un dossier, réussissant un test d'intelligence et à exposer un projet personnel. Il obtient 813 sur 850 au test et décrit son passage dans un kibboutz israélien qui séduit le jury. Il est admis et paie ses études avec ses gains au poker, refusant l'aide de ses parents. Durant ses études, il fait de nombreuses rencontres parmi lesquelles David Dubow, patron d'IMS. Au printemps 1973, il devient titulaire d'un MBA.

Découverte du monde des affaires et du groupe familial

La première expérience professionnelle de Robert Louis-Dreyfus est un stage de neuf mois effectué chez la banque SG Warburg (en). Son patron, Sigmund Warburg, accepte Robert Louis-Dreyfus parce qu'il connaît son père. Il gagne 80 livres sterling par mois. Il y travaille sept jours sur sept. Robert Louis-Dreyfus apprend les montages financiers.

Après ce stage, il retourne à ses études et obtient le diplôme MBA de la Harvard Business School. Il décide de prendre des vacances avec trois amis rencontrés pendant ses études aux États-Unis. L'un d'eux sait piloter un avion et persuade les autres d'investir et d'acheter un Twin Comanche. Le périple part de Boston le 20 mai 1973. Le groupe passe par le Mexique, le Guatemala, le Costa Rica, le Pérou, le Chili, l'Argentine, le Brésil, et d'autres pays de l'Amérique du Sud.

En 1973, malgré une offre d'embauche de la banque Goldman Sachs, Robert Louis-Dreyfus choisit de rentrer dans le groupe familial, le groupe Louis-Dreyfus, fortement influencé par son père. Il est envoyé dans une huilerie brésilienne en difficulté et la redresse. Bien qu'il montre des résultats, on ne lui donne pas de hautes responsabilités. Il est demandé par les dirigeants de Guyomarc'h mais la famille Louis-Dreyfus lui demande d'attendre encore avant d'être patron. À 34 ans, il souhaite accéder au statut de chef d'entreprise rapidement et décide donc de quitter le groupe Louis-Dreyfus.

À la tête de différentes entreprises

En novembre 1977, David Dubow invite Robert Louis-Dreyfus à siéger au conseil d'administration de l'entreprise IMS Health. Il s'agit d'une société d'études pharmaceutiques aux États-Unis. Le fond Warburg Pincus projette alors de lancer une offre publique d'achat (OPA) sur la société en proposant 30 % de plus que la valeur des titres aux actionnaires pour le rachat de leurs titres. Louis-Dreyfus conseille alors à David Dubow de démontrer que le potentiel de valorisation des titres est supérieur à celui d'une vente immédiate. La tentative d'OPA échoue. Trois ans plus tard, alors que la santé de Dubow se dégrade, il décide de nommer Louis-Dreyfus numéro deux de l'entreprise et d'en faire le successeur désigné à la tête de l'entreprise. Il lui offre un salaire d'un million de dollars par an. RLD accepte le poste et investit ses économies dans l'entreprise. Avec ses gains au poker et ses revenus de placements en Bourse, il investit un million de dollars pour prendre un peu plus de 1 % du capital de l'entreprise. Il a de nombreuses stock options grâce à sa place dans l'entreprise. Il continue à investir jusqu'à détenir 4,9 % du capital de la société deux ans après sa nomination. Il prend le contrôle de la société en 1982 à la mort de David Dubow. L'entreprise devient une multinationale, le chiffre d'affaires passe de 170 millions à plus d'un milliard de dollars et l'entreprise s'installe dans trente nouveaux pays. De 80 millions en 1981, la capitalisation est passée à 1,8 milliard de dollars à la fin des années 1980. Le jeune patron et son équipe décident alors de vendre l'entreprise. En 1988, Robert Louis-Dreyfus cède l'entreprise à Dun & Bradstreet pour 38 dollars par actions. RLD dépose une centaine de millions de dollars en banque et part en vacances en Chine.

En 1989, les frères Saatchi, Charles et Maurice proposent à Robert Louis-Dreyfus de diriger l'agence de publicité Saatchi and Saatchi à Londres. L'entreprise est endettée à hauteur de plus de 500 millions de dollars. Louis-Dreyfus demande et obtient les pleins pouvoirs, avec cinq des huit sièges du conseil d'administration. Il entre en fonction en janvier 1990 avec une équipe composée principalement de Charles Scott, Tom Russel et Theodore Lewitt. L'état des finances de Saatchi and Saatchi est désastreux. Louis-Dreyfus doit restructurer la société et économiser partout afin de rembourser les créanciers. Peu après son arrivée dans l'entreprise, il divise par quatre son salaire. Il en fait de même avec le salaire des frères Saatchi qu'il réduit d'un tiers. Cependant, les actions de l'entreprise britannique continuent de perdre de la valeur. Le contexte international et du secteur publicitaire est peu favorable à la reprise. Robert Louis-Dreyfus commence par chasser les dépenses inutiles au fonctionnement de l'entreprise. Il décide ensuite de vendre les tableaux de la galerie Charlotte Street, récupérant quinze millions de dollars, et une grande partie de la collection de voitures des frères Saatchi. Il décide de remercier 800 salariés et de regrouper tous les autres à Charlotte Street.

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