Jean-Baptiste-Robert Lindet, dit Robert Lindet, né le 2 mai 1746 à Bernay (ancienne province de Normandie, actuel département de l'Eure), mort le 16 février 1825 dans l'ancien 11e arrondissement de Paris, est un homme politique de la Révolution française. Il est le frère cadet de Robert-Thomas Lindet, lui aussi homme politique de la Révolution.
Entre 1791 et 1795, il est successivement élu député de l'Eure à l'Assemblée nationale législative et à la Convention nationale, où il vote la mort de Louis XVI et où il siège au Comité de Salut public. Il est élu député au Conseil des Cinq-Cents mais son élection est invalidée par la loi du 22 floréal an VI. Il est ministre des Finances entre 1798 et 1799. Il se retire de la vie politique après le coup d’État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799).
Jean-Baptiste-Robert Lindet est issu d'une famille bourgeoise. Son père, Robert Lindet, est un marchand et un négociant de bois qui épouse en 1741 Marie-Anne Jouvin. De leur union naissent quatre enfants dont Jean-Baptiste-Robert est le deuxième :
Robert-Thomas Lindet (1743-1823), curé de la paroisse Saint-Croix de Bernay, il est élu représentant du clergé aux États généraux de 1789 puis député à la Convention comme son frère cadet.
Marie Anne Thérèse Lindet (1751-1819), qui épouse, en 1772, Charles Depierre de Villeneuve, et qui entretient une importante correspondance avec ses frères durant les évènements de la Révolution.
François Lindet (1752-1826), membre de la société populaire de Bernay.
Jean-Baptiste-Robert Lindet épouse, le 18 floréal an VI (7 mai 1798) à Caen, Élisabeth Mesnil. De leur union naissent une fille :
Élisabeth Lindet (1799-1869), qui épouse, le 22 août 1829, Alexandre Bodin, député de l'Ain à l'Assemblée nationale constituante et au Corps législatif durant la Deuxième République et le Second Empire.
En 1776, Jean-Baptiste-Robert Lindet obtient la charge de conseiller au procureur de l'élection de Bernay. En 1790, il est élu maire de Bernay.
La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Jean-Baptiste-Robert Lindet, alors procureur-syndic du district de Bernay, est élu député du département de l'Eure, le premier sur onze, à l'Assemblée nationale législative.
Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. En février 1792, il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. En août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette.
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est destitué et incarcéré ainsi que sa famille à la tour du Temple.
En septembre 1792, Jean-Baptiste-Robert Lindet est réélu député de l'Eure, le troisième sur onze, à la Convention nationale. Son frère aîné est également élu, le deuxième sur onze.
Il siège sur les bancs de la Montagne. Le 10 décembre 1792, au nom de la Commission des Vingt-et-Un, il présente un « Rapport sur les crimes imputés à Louis Capet ». Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution. Le 10 mars 1793, il propose un décret relatif à la création du tribunal révolutionnaire. Son projet est soutenu par la Montagne mais est combattu par la Gironde : Hugues Monmayou (député du Lot) affirme qu' « il n'y a que les contre-révolutionnaires qui peuvent craindre » le tribunal révolutionnaire ; Pierre Vergniaud (député de la Gironde) parle de « l'établissement d'une inquisition mille fois plus redoutable que celle de Venise » ; Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux (député du Maine-et-Loire) réclame « l'appel nominal pour un pareil décret ». Le 13 avril, Lindet vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat et motive longuement son opinion :Non : Marat a servi son pays ; il a servi le genre humain ; il s'est déclaré l'ami du peuple et l'ennemi des tyrans ; il a méprisé et rejeté les faveurs de la fortune ; il a bravé les dangers, il a mis en péril sa liberté et sa vie, pour combattre le despotisme et proclamer les droits de l'homme. [...] Marat a eu le courage d'accuser et de dénoncer avec persévérance tous les traîtres, les généraux, les fonctionnaires publics, civils et militaires, les prêtres et les ex-privilégiés. [...] Si vous voulez remplir vos devoirs, poursuivez les traîtres ; faites punir les complices de Dumouriez [...].Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze. Le 18 juillet, il publie une « Exposition des motifs qui [l']ont déterminé [...] à voter pour l'arrestation » des députés de la Gironde à l'issue des journées du 31 mai et du 2 juin 1793.
Le 8 mars 1793, aux côtés de Jean-Baptiste Mailhe (député de Haute-Garonne), Lindet est envoyé auprès de la section du Panthéon. Le 3 juin, il est envoyé en mission à Lyon.
Le 9 juillet, il est envoyé en mission aux côtés de Jean-Michel Duroy (député de l'Eure) dans le département de l'Eure. Le 18, leur mission est étendue, avec Pierre-Louis Bonnet de Mautry (député du Calvados) au département du Calvados. Le 19, tous les trois sont attachés à l'armée des côtes de Cherbourg.
Membre du Comité de Salut public
Le 26 mars, Lindet est élu membre de la Commission de Salut public. Le 7 avril, il est admis à siéger au Comité de Salut public à la faveur de la démission de Jean Debry (député de l'Aisne).