Ce Jour-là

Robert Klapisch

Physicien nucléaire, chercheur et vulgarisateur scientifique français

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Robert Klapisch, né le 26 décembre 1932 à Cachan et mort le 21 mars 2020 à Paris, est un physicien français.

Ses premiers travaux au CNRS en spectrométrie de masse contribuent à des résultats majeurs en astrophysique et en physique nucléaire. Il dirige des recherches d'avant-garde sur l’implantation ionique puis, en tant que directeur de la recherche du CERN, il se consacre à la physique des particules. Il dirige le programme de recherche du collisionneur proton/antiproton qui vaut au CERN en 1984 le prix Nobel de physique attribué à Carlo Rubbia et Simon van der Meer.

Il est président et fondateur de la fondation Partager le savoir qui œuvre en faveur du développement durable des pays de la Méditerranée et de l'Afrique.

Origines familiales et descendance

Le grand-père paternel de Robert Klapisch, Mordechai (né en 1872 en Pologne centrale) arrive à Paris en 1913 avec sa famille. Son père Solly Klapisch, né en 1905 à Londres, fréquente l'école élémentaire des Hospitalières-Saint-Gervais. Le père et les trois frères aînés (Henri, David et Joseph) créent la société Klapisch qui cherche à introduire en France des spécialités nordiques (harengs fumés). Un point de vente, qui existait encore dans les années 1980, était situé à proximité de l'école élémentaire des Hospitalières-Saint-Gervais.

À la fin de 1917, fuyant les bombardements de la Grosse Bertha, la famille s’établit à Décines dans la banlieue lyonnaise. Solly n’est plus soumis à l’école obligatoire et son père lui enjoint de rejoindre immédiatement l’entreprise familiale. C’est ainsi qu'il commence à 14 ans sa carrière d’industriel. Le frère aîné lui envoie de Boulogne des wagons entiers de harengs, les deux autres s’occupent de la promotion commerciale et le plus jeune est chargé de réinventer l’art ancien de la fumaison. Autodidacte, passionné par son métier et toutes les technologies, c’est sur lui que reposeront plus tard les développements techniques de l’entreprise Klapisch.

En 1921, la famille revient dans la région parisienne et installe la fabrique et le siège social de la société à Cachan, au bord de la Bièvre, dans une ancienne blanchisserie désaffectée[réf. nécessaire].

Jakob Lax, le grand-père maternel de Robert Klapisch, est né le 21 février 1880 à Micklobowoska en Galicie (qui faisait partie de l’Empire austro-hongrois, avant de devenir polonaise et aujourd’hui ukrainienne). Il arrive en France en 1928 avec ses quatre enfants. Sa fille aînée, Blima, née en 1913, se marie avec Solly en 1931. Arrivé en France en période de la crise économique de 1929-31, il a l’idée ingénieuse de valoriser les chutes de fourrures de valeur (renard argenté, Astrakan), acquises à vil prix chez les grands fourreurs, en assemblant des nappettes, qui permettaient aux dames de faire illusion en ces temps de disette. Son atelier rue des Petites-Écuries emploie une dizaine de personnes. Son succès commercial lui permet d’acquérir une belle demeure à Enghien-les-Bains et de cultiver sa passion pour le jardinage, les collections d’art et les antiquités, ce qui fut sa perte. Alors que Solly pressait son beau-père de venir rejoindre le reste de la famille à Aix-les-Bains, dans la zone d'occupation italienne, celui-ci refusa, insistant pour rester garder ses possessions. Excellent cavalier, il avait servi durant la Première Guerre mondiale dans la Garde impériale austro-hongroise. Arrêté par la police française, il est interné à Drancy et déporté par le convoi No. 45, en date du 11 novembre 1942 à Auschwitz, où il est gazé dès son arrivée le 16 novembre 1942.

Enfance et Seconde Guerre mondiale

Solly Klapisch et Blima Lax font preuve de clairvoyance, en refusant de se faire recenser comme juifs. La famille ne porte jamais l’étoile jaune, et personne ne les dénonce alors à Cachan. En revanche, deux de ses frères associés, Joseph et David, sont arrêtés et déportés. David seul survivra à la déportation.

Solly, Blima et plusieurs autres membres de la famille se rassemblent à Aix-les-Bains, dans la zone d’occupation italienne, où Solly entre en contact avec un réseau de policiers gaullistes, qui fabriquent des vrais faux papiers, provenant de communes bombardées. À la chute de Mussolini, les Allemands arrivent, Solly est prévenu qu’il est sur une liste noire. La famille se réfugie à Savigneux, sous le nom de Clapier, grâce à de vrais faux papiers, faits par Claudius Duport, directeur de l'école et secrétaire de mairie, signés par le Maire de l'époque, Pierre Dupuy, jusqu’à la Libération.

En octobre 1944, Robert Klapisch a 12 ans. Son père Solly Klapisch, qui retrouve son usine, déserte et dévastée, relance l’activité.

Robert Klapisch et Françoise Meyer (psychanalyste) ont eu deux enfants :

Coline Klapisch-Nicolella (née en 1957) est docteur en sémiotique de l'EHESS, chargée de cours en sémiologie à l'université Paris III et au CELSA, elle s'occupe de marketing qualitatif ;

Cédric Klapisch (né en 1961 à Neuilly-sur-Seine) est scénariste et réalisateur de cinéma.

Après son divorce de Françoise Meyer, Robert Klapisch et Christiane Klapisch-Zuber, directrice d’études au Centre de recherche historique de Paris (EHESS), spécialiste d’histoire de la famille du Moyen Âge et de la Renaissance, ont eu une fille :

Marianne Klapisch, née en 1969 à Paris, architecte.

Louise Klapisch, sa troisième épouse, meurt le 24 janvier 2012 d'un cancer.

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