Robert Ier, né le 9 juillet 1848 à Florence et mort le 16 novembre 1907 à Viareggio, est un prince de la maison de Bourbon-Parme et le dernier souverain effectif des duchés de Parme et de Plaisance de 1854 jusqu'en 1859.
Fils de Charles III de Bourbon-Parme et de son épouse Louise d'Artois, il est l'arrière-petit-fils des rois Charles X et François Ier des Deux-Siciles, et le neveu du comte de Chambord, prétendant au trône de France et de Navarre. À la mort de son père, Robert n'ayant que six ans, il règne sous la régence de sa mère. La duchesse congédie quelques-uns des collaborateurs les plus réactionnaires de son mari mais à la suite des mouvements révolutionnaires de juillet 1854 inspirés par Giuseppe Mazzini, elle met en place une politique répressive. En mai 1859, Robert n'a que onze ans lorsque débute la seconde guerre d'indépendance. Soutenu par la France de Napoléon III, le royaume de Sardaigne pousse l'Autriche à lui déclarer la guerre. En vertu des accords de Plombières, la France vole au secours du petit royaume « agressé » par l'Empire autrichien. La régente de Parme, en raison des désordres, préfère se réfugier dans le royaume lombard-vénitien puis, en raison des défaites autrichiennes, en Suisse. La régente rédige une protestation depuis Saint-Gall le 28 juin. Le 11 juillet, la seconde guerre d'indépendance prend fin avec les préliminaires de l'armistice de Villafranca, cependant ce n'est que le 15 septembre suivant que la dynastie des Bourbons est déchue du trône et que Parme est intégrée dans la province de l’Émilie. Le 19 mars 1860, le duché de Parme est annexé au nouveau royaume d'Italie.
Après l'annexion du duché, Robert conserve le titre de « duc titulaire de Parme et Plaisance ». Il bénéficie également d'un patrimoine considérable avec de nombreuses possessions, ce qui fait de lui l'un des princes les plus riches d'Europe. En 1883, après la mort de son oncle le comte de Chambord, bien que ne pouvant pas lui succéder comme prétendant au trône de France en vertu de la loi salique, Robert hérite du domaine du château de Chambord.
Marié à deux reprises, il est le père de 24 enfants, le grand-père de 46 petits-enfants dont plusieurs sont des têtes couronnées (Boris III de Bulgarie, Charles-Hugues de Parme, Jean de Luxembourg, Anne de Roumanie, l'archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine, Charles de Bourbon-Deux-Siciles). Il est aussi l’arrière-grand-père de 135 arrière-petits-enfants.
À sa naissance, le prince Robert est le fils du prince héréditaire de Parme, Ferdinand-Charles de Bourbon (lui-même fils du duc souverain de Parme Charles II et de Marie-Thérèse de Savoie) et de Louise d'Artois (fille de Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry, et de Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, Louise d'Artois est la petite-fille paternelle du roi de France Charles X et de Marie-Thérèse de Savoie, et la sœur aînée du comte de Chambord ; elle est aussi l'arrière petite-fille maternelle de Ferdinand Ier des Deux-Siciles et de Marie-Caroline d'Autriche). Robert a une sœur aînée Marguerite-Marie, une sœur cadette Alice, et un frère cadet Henri, comte de Bardi.
Son grand-père Charles II règne alors (1847-1849) sur les duchés mais la révolution contraint cet homme affable mais peu politique à abdiquer : il quitte alors ses États et passe sa vie, sous le titre de courtoisie de comte de Villafranca, entre Paris, Nice et le château saxon de Weistropp (de) qu'il a hérité de sa mère. Le prince héréditaire Ferdinand-Charles devient le duc Charles III et il mène une politique conservatrice, mais périt assassiné en 1854.
Le 25 août 1849, Ferdinand-Charles monte sur le trône sous le nom de Charles III. Âgé de 26 ans, il est marié depuis 4 ans à Louise d'Artois, fille du duc de Berry Charles-Ferdinand d'Artois et sœur du « comte de Chambord », prétendant légitimiste au trône de France dont il a trois enfants (un second et dernier fils naîtra en 1851). Il s'agit là d'un personnage très discuté, intelligent mais étrange, dont l'une des premières actions est d'intervenir contre les membres de la régence et d'instituer une commission chargée d'étudier les dépenses du gouvernement révolutionnaire.
Le duc dit vouloir l'indépendance vis-à-vis de l'Autriche à laquelle il est lié et sur qui il peut compter en cas d'attaques extérieures ou de révoltes internes. Extravagant, il exige de ses sujets une conduite qu'il n'a pas et se montre violent. Le duché se partage entre libéraux et légitimistes, mouvement issu de la Restauration française qui s'appuie sur une campagne traditionaliste, les villes penchant plutôt du côté des libéraux. En 1853, les légitimistes de Parme, soutenus par la duchesse, souhaitent l'abdication du duc alors qu'il se trouve en Autriche pour assister à des manœuvres. Mis au courant, le duc fait surveiller étroitement sa femme et renvoie les fonctionnaires ayant participé au complot. À Parme, les impôts augmentent, les habitants vivent sous la surveillance du chef de la police Bassetti qui signe de nombreux ordres de punitions corporelles, suivant les exigences du duc. Le mécontentement gronde en ville. Le duc est poignardé dans une rue de Parme le 26 mars 1854 par Antonio Carra et meurt le lendemain à l'âge de 31 ans.
Le 27 mars, la veuve du duc, Louise-Marie, âgée de 35 ans, annonce la mort de son époux et proclame son fils Robert Ier nouveau souverain, elle-même assumant la régence. Tous les ministres sont remplacés afin d'apaiser les tensions. Succédant au gouvernement militaire de Charles III, le nouveau gouvernement doit rechercher la neutralité et l'indépendance vis-à-vis de l'Autriche, mais le 22 juillet 1854, les sujets inquiets tentent de se révolter. Tout débute par l'occupation de deux cafés, les troupes arrivées sur place tirent, ce qui provoque une insurrection que l'armée autrichienne réprime violemment. Louise-Marie montre son hostilité à une répression judiciaire excessive et demande la fin des procès et le retour en Autriche des officiers les plus durs. Les troupes autrichiennes quittent définitivement le duché le 5 février 1857.
En 1856, la Régente reçoit l'unique visite de son beau-père. Le petit duc fait alors brièvement connaissance avec son grand-père, le duc déchu Charles II.
Début mai 1859, avec le déclenchement de la deuxième guerre d'indépendance italienne, de nouveaux désordres éclatent. Ils provoquent le départ de la famille régnante pour Mantoue. Les mazziniens constituent un gouvernement provisoire mis en échec par les militaires, qui ne les soutiennent pas. La duchesse revient alors à Parme. Le 9 juin 1859, après la victoire de Magenta, Louise-Marie quitte définitivement Parme, non sans avoir exposé sa désapprobation dans une lettre de protestation rédigée depuis Saint-Gall le 28 juin.
Le 19 mars 1860, le duché de Parme est annexé au nouveau royaume d'Italie. Dès le 28 mars, la Régente fait connaître son opposition par une protestation écrite depuis Zurich tandis que l'ex-duc Charles II, grand-père de Robert, se rallie au nouveau royaume d'Italie.
L'unification de l'Italie du Nord est alors sur le point de se réaliser sous l'égide du royaume de Sardaigne. La Lombardie est annexée en juin 1859 sur la base des résultats du plébiscite de 1848. Il n'en est pas de même pour les États parmesans qui passent cependant, le 7 juin 1859, sous administration sarde.
Proche de son oncle, ce dernier s'occupe de l'éducation du jeune Robert depuis la mort de son père. Le comte de Chambord n'ayant pas eu d'enfants, il a reporté son affection sur les enfants de sa sœur. Après la mort de Louise d'Artois, en 1864, le comte et la comtesse de Chambord deviennent les tuteurs de Robert et de ses frères et sœurs.
À la mort sans descendance du comte, en 1883, le duc Robert hérite d'une partie de sa fortune et de ses biens dont le prestigieux château de Chambord. Malgré la perte de son trône, le duc bénéficie d'un patrimoine considérable et unique en Europe. La famille ducale voyage en train spécial de plus de dix voitures, dispose d'un château à Schwarzau am Steinfeld à proximité de Vienne, à Camaiore (la Villa Borbone delle Pianore (it)) dans le Nord de l'Italie auxquels s'ajoute en 1883 le château de Chambord, un des plus vastes domaines privés de France, hérité de son oncle maternel le comte de Chambord.