Robert Hue, né le 19 octobre 1946 à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise), est un homme politique français.
Il est secrétaire national (1994-2001) puis président (2001-2003) du Parti communiste français (PCF). Il se présente comme candidat communiste aux élections présidentielles de 1995 et de 2002.
Entre 1997 et 2017, il est parlementaire presque sans discontinuer (député de la 5e circonscription du Val-d'Oise, député européen, sénateur du Val-d'Oise). Il fonde en 2009 le Mouvement unitaire progressiste (MUP), parti associé à la majorité présidentielle de François Hollande.
Fils de parents ouvriers et communistes, il va souvent vendre L'Humanité avec son père René, ouvrier maçon. Sa mère, ouvrière textile, a pour nom de jeune fille Raymonde Grégorius (1913-1998). Il étudie au collège d'enseignement technique de Cormeilles-en-Parisis et fonde à l'âge de 16 ans un groupe de rock, « Les Rapaces », sous le nom de scène de Willie Balton, qu'il emprunte au père d'un ami. Ceinture noire de judo, il remporte en 1963 le championnat scolaire de France.
Le 8 février 1962, il défile à Paris lors la manifestation pour la paix en Algérie dite de la « rue de Charonne », marquée par la mort de onze manifestants ; il indique qu'il adhère aux Jeunesses communistes de Montigny-lès-Cormeilles dès « le lendemain », puis un an plus tard au Parti communiste, « au moment de la Fête de l'Humanité ». Après des études d'infirmerie à Paris, il exerce en psychiatrie au centre de santé municipal d'Argenteuil.
Au Parti communiste français (PCF), il est un fidèle de Georges Marchais et acquiert des responsabilités au sein du parti[Lesquelles ?]. Il est élu maire maire de Montigny-lès-Cormeilles en 1977 . Populaire en son fief, il sera réélu plusieurs fois par la suite à ce poste auquel s'ajoutent les mandats de conseiller régional d'Île-de-France et de conseiller général du Val-d'Oise dans le canton de Cormeilles-en-Parisis.
En février 1981, il fait brièvement parler de lui lorsqu'il dénonce publiquement une famille d'immigrés marocains qu'il accuse de trafic de stupéfiants après avoir pris connaissance dune lettre de dénonciation rédigée par une voisine. Cette affaire intervient quelques jours avant le meeting de Georges Marchais à Montigny-lès-Cormeilles. l'écrivain Thierry Jonquet scénarise la controverse entourant Robert Hue dans sont roman policier « Du passé faisons table rase » sous le nom fictif de Robert Dia.
En 1987, il est élu au comité central du Parti communiste Français, puis en 1990 au bureau politique. En 1994 alors qu'il est peu connu, Georges Marchais le nomme comme successeur : il devient dès lors secrétaire national du parti communiste. Tout juste élu, il a un lapsus notoire lorsqu'il énnonce : « Je ne suis pas l'homme de personne ». Poussé par la chute du mur de Berlin et l'érosion idéologique et politique du Parti communiste, Robert Hue entame une politique de mutation du parti : ouverture à d'autres mouvements politiques, abandon d'un certain certain nombre de doctrines[Lesquelles ?], création d'un exécutif à deux têtes. il devient en 2001 président du parti alors que Marie-George Buffet est nommée secrétaire nationale. En 1995, il publie un livre « Communisme : la mutation. » , dans lequel il explique les réformes internes qu'il mène.
En avril 1995, Robert Hue est le candidat du PCF à l'élection présidentielle. Il recueille 8,64 % (2,63 millions) des voix. En 1997, il soutient l'idée de la gauche plurielle qui voit l'arrivée de la gauche au pouvoir lors de la troisième cohabitation. Il est élu député dans la 5e circonscription du Val-d'Oise, et quelques élus communistes entrent au gouvernement.
Le PCF continue alors de perdre du terrain : le nombre d’adhérents passe de 200 000 en 1998 à 138 000 en 2001. En 2001, le parti perd lors des élections municipales une grande partie de ses bastions : Argenteuil, de Colombes, Dieppe, Drancy, etc. Sur le plan judiciaire, un jugement est rendu dans l'affaire CGE et du financement occulte du PCF ; Robert Hue est relaxé.
En 2002, Robert Hue se présente de nouveau à l'élection présidentielle et obtient 3,37 % des suffrages exprimés (960 000 voix). Il s'agit alors du plus faible résultat obtenu par un candidat communiste à une élection présidentielle sous la Ve République. Jean-Marie Le Pen à la tête du front national provoque la surprise générale et accède au second tour. Le score de Hue étant inférieur à 5 %, sa campagne n'est pas remboursée entièrement : le parti connaît alors une grave crise financière, et une souscription[Quoi ?] est lancée.
Il quitte la présidence du parti, la laissant aux mains de la secrétaire nationale, Marie-George Buffet ; la fonction de président du PCF, créée par lui, cesse d'exister avec son départ. Lors des élections législatives de 2002, il perd son mandat de député face au candidat UMP, Georges Mothron, et échoue à le récupérer lors d'une élection partielle en 2003.
En 2004, Robert Hue fait son retour sur la scène politique nationale en étant élu sénateur dans le Val-d'Oise.
En septembre 2011, Robert Hue est réélu au Sénat. Il est membre du groupe du Rassemblement démocratique et social européen.
Robert Hue est aussi président du groupe interparlementaire d’amitié France Afrique du Sud au Sénat. Il a auparavant rencontré Nelson Mandela à plusieurs occasions, en 1994 et 1996. Robert Hue accompagne Jean-Marc Ayrault en Chine en décembre 2013, puis se rend avec François Hollande à Pretoria pour assister aux obsèques de Nelson Mandela. En février 2015, il est nommé par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius « représentant spécial pour les relations avec l’Afrique du Sud ».
Président du Mouvement des progressistes
Le 28 novembre 2008, il quitte le conseil national du PCF et déclare qu'il ne quitte pas le parti mais effectue néanmoins une « rupture » , ne le juge « plus réformable ». Il annonce le 9 décembre 2008 la création d’une association politique, le Nouvel espace progressiste (NEP).
Moins d'un an plus tard, il annonce la création d'une nouvelle formation politique : le Mouvement unitaire progressiste, indépendant du PCF mais autorisant la double adhésion. L'objectif affiché est de ramener la politique au plus près de la vie des gens et de s'écarter de l'organisation traditionnelle des partis politiques.