Ce Jour-là

Robert Fisk

Journaliste, grand reporter et correspondant de guerre britannique

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Robert Fisk, né le 12 juillet 1946 à Maidstone et mort le 30 octobre 2020 à Dublin, est un journaliste britannique, grand reporter et correspondant au Proche-Orient pendant plus de trente ans à Beyrouth du journal The Independent.

Il a publié un nombre important de livres sur la révolution iranienne, des guerres du Liban, du Golfe, d'Afghanistan, de l'invasion de l'Irak en 2003, du Kosovo et d’Algérie. Fisk a reçu plus de récompenses pour son travail de journaliste que n’importe quel autre grand reporter britannique. Il a notamment reçu le prix Amnesty International en 2000 pour ses reportages en Serbie pendant les bombardements de l’OTAN et le David Watt Memorial Award en 2001 pour sa couverture du Proche-Orient.

Dans les années 2010, ses reportages à propos de la guerre civile syrienne sont cependant controversés, avec notamment des accusations de propagande en faveur du régime de Bachar el-Assad.

Fisk est éduqué à l'école préparatoire de Yardley Court, au Sutton Valence School et à l'université de Lancaster en Grande-Bretagne et a un Ph.D. en science politique du Trinity College à Dublin en 1983. Ensuite, il travaille pour le Sunday Express, mais un conflit avec son chef de service, John Jonor, l'oblige à démissionner et à partir pour The Times. De 1972 à 1975, au sommet des tensions du conflit nord-irlandais, il est envoyé comme correspondant par The Times à Belfast, avant de couvrir la révolution des Œillets. Puis il devient correspondant au Moyen-Orient de 1976 à 1988.

Lorsqu'un de ses articles traitant de la destruction du vol 655 Iran Air par un croiseur américain est censuré par son journal, il s'en va pour The Independent où il publie son premier article le 28 avril 1989. D'après Fisk, la censure ne venait pas directement de Rupert Murdoch même si celui-ci venait de prendre le contrôle de ce journal. Selon lui il s'agissait plutôt d'une auto-censure destinée à éviter la colère du nouveau patron de ce quotidien.

Robert Fisk couvre, d'abord pour The Times, puis pour The Independent, l'invasion soviétique en Afghanistan, la révolution iranienne, la guerre Iran-Irak, la Guerre de Bosnie-Herzégovine, de nouveau l'Afghanistan, le conflit israélo-palestinien et le Liban, où il s'installe. Durant les années 1990, il interviewe trois fois Oussama ben Laden. Il le rencontre pour la première fois en 1993 au Soudan, alors qu'il travaille pour The Guardian.

Selon Reporters sans frontières, Robert Fisk subit pendant plusieurs mois en 2002 « une violente campagne d'insultes » pour la façon dont il a couvert le conflit israélo-palestinien et critiqué les politiques israélienne et américaine dans la région. L'acteur John Malkovich déclare qu'il veut tuer Robert Fisk. Robert Fisk publie un article dans The Independent, où il affirme qu'il a reçu depuis plusieurs années des lettres témoignant d'une haine grandissante, notamment, selon lui, parce qu'il a suggéré que les arabes voulaient autant la paix que les israéliens, qu'il a relaté avoir été témoin de la mort d'un libanais innocent tué par des attaques aériennes israéliennes, puis en 1996 qu'il a vu 108 réfugiés au Liban être abattus par les artilleurs israéliens.

Guerre du Liban et autres conflits

Fisk vit au Liban depuis 1976 et était présent à Beyrouth lors de la guerre civile. Il fut un des premiers journalistes à visiter le lieu du massacre de Sabra et Shatila au Liban, aussi bien que le massacre de Hama. Son livre sur le conflit libanais, Pity the Nation, est publié en 1990. Fisk couvre aussi le conflit israélo-arabe, la guerre du Kosovo, la guerre d'Algérie, la guerre Iran-Irak.

Attaques terroristes du 11 septembre 2001

Robert Fisk raconte avoir rencontré Ben Laden en Afghanistan et affirme que celui-ci lui a déclaré : « je prie le bon Dieu qu'il nous permette d'ébranler l'Amérique pour qu'elle devienne l'ombre de ce qu'elle a été ». Robert Fisk relate que, plus tard, lorsqu'il a vu les photos concernant les attentats du 11 septembre 2001, il s'est dit : « c'est Ben Laden ». Fisk condamne les attaques comme étant un crime contre l'humanité mais reproche à l'administration Bush son incompétence supposée et la qualifie d'« ennemie de la démocratie » et d'« entreprise diabolique. » Il estime que le débat est malhonnête quant à la manière dont est posée la politique américaine au Moyen-Orient[réf. nécessaire]. Selon Reporters sans frontières, Robert Fisk publie après les attentats plusieurs articles où il souligne que le conflit non résolu israélo-palestinien est l'une des causes principales du terrorisme.

Le Monde diplomatique rapporte que peu après les attentats du 11 septembre, Robert Fisk publie un article dans The Nation où il estime irréaliste que les États-Unis puissent penser rester à l'abri de la violence sur son propre territoire après avoir soutenu des actes violents au Proche-Orient, comme la mort de 500 000 enfants irakiens tués par des sanctions économiques, où celle de 17 500 civils lors de l'invasion du Liban par Israël. Le journaliste Michael Walzer reproche à Robert Fisk d'être un homme de gauche qui, pour lutter contre le capitalisme, imaginerait faire alliance avec Ben Laden qui vient de frapper un symbole de la puissance économique et du libéralisme américain. Le Monde diplomatique estime que Robert Fisk ne fait que pointer du doigt les « aspects les moins respectables de la politique étrangère américaine ».

En avril 2007, lors d'une conférence, il déclare : « Les attentats du 11 septembre nous ont, malgré nous, transformés en racistes. Moi-même je me sens raciste quand je dévisage un homme barbu ou un jeune qui lit le Coran dans l’avion. Il ne faut pas permettre aux terroristes qui ont attaqué New York, Washington et la Pennsylvanie de changer notre vision du monde ! ». Et il affirme que le monde occidental doit comprendre que sa sécurité est liée à sa politique étrangère.

Le 25 août 2007, Robert Fisk signe un article intitulé : « Moi aussi, je questionne la “vérité” du 11 septembre ». Selon Conspiracy Watch, Robert Fisk se désolidarise d'abord des théoriciens du complot, ces « exaltés » qui le prennent à partie dans les conférences dans lesquelles il intervient. Mais ensuite, « il valide pourtant l’essentiel du discours conspirationniste, reprenant à son compte les principales « interrogations » du 9/11 Truth Movement ». Conspiracy Watch ajoute : « Certes, Fisk n’est pas un spécialiste des crashs d’avion ou des effondrements de bâtiments. Mais sur tout autre sujet que le 11-Septembre, il ne se permettrait pas d’écrire sans se documenter, sans mener une enquête. Or le voilà qu’il perd tout sens critique. » Selon CounterPunch, les questions posées par Robert Fisk sont « intelligentes » pour quelqu'un qui ne connaît pas les lois de la physique et qui n'a pas encore examiné les faits les plus élémentaires. Selon le journal, les questions de Robert Fisk signifient, en résumé, qu'il se déclare ignorant sur le sujet. CounterPunch estime que si Robert Fisk avait utilisé ses compétences en investigation sur le sujet, il aurait pu répondre à ses propres questions.

Le 30 octobre 2020, Robert Fisk est mort à 74 ans des suites d'un accident vasculaire cérébral à l’Hôpital universitaire Saint-Vincent-de-Paul de Dublin.

Liban, nation martyre est la version française de Pity the Nation, qui décrit la guerre civile libanaise, rappelle les détails des premières attaques kamikazes (notamment l'attentat du Drakkar) contre les Français et les Américains, et comprend aussi le récit de l’assassinat de Rafik Hariri, que Fisk a vu se perpétrer sous ses yeux. Il a été publié en 1990.

La version française de Pity the Nation comprend 60 pages de plus que la version anglaise.

La première édition du livre en 1990 fut concomitante à un drame personnel vécu par l’auteur : l'enlèvement le 16 mars 1985 de son ami Terry Anderson, correspondant de l'AP à Beyrouth. Il fut libéré le 4 décembre 1991 et Fisk savait que son livre serait lu par les ravisseurs, d'autant qu'il a été traduit en arabe. Effectivement, Anderson rapportera que ses gardiens lui en ont lu des passages. Fisk a tenté à travers son livre d'aider son ami[réf. nécessaire].

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