Ce Jour-là

Robert Castel (sociologue)

Sociologue français

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Robert Castel, né le 27 mars 1933 à Saint-Pierre-Quilbignon et mort le 12 mars 2013 à Paris 15e, est un sociologue et philosophe français, spécialiste de sociologie du travail et des questions relatives à l'exclusion sociale.

Né à Saint-Pierre-Quilbignon, qui fait aujourd'hui partie de la commune de Brest, il commence ses études par un CAP d'ajusteur. Puis un enseignant technique lui conseille de s’orienter plutôt vers le lycée ; il persévère dans les études, jusqu'à l'agrégation de philosophie en 1959.

Il est maître-assistant de philosophie à la faculté de lettres de Lille jusqu'en 1967, année où Raymond Aron lui propose de le rejoindre à la Sorbonne. C'est à cette époque-là qu'il rencontre Pierre Bourdieu, avec qui il commence à travailler, se spécialisant en sociologie. Après mai 68, il quitte cette université pour enseigner au département de sociologie de l'université de Vincennes, qui devient l'université Paris-VIII. Il y restera dix ans.

Il termine sa carrière universitaire à l'École des hautes études en sciences sociales, dont il est directeur des études de 1990 à 2013. Il dirige de plus, de 1995 à 1999, le Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS, sous tutelle conjointe de l'EHESS, du CNRS et de l'Inserm).

Sociologie critique de la psychiatrie et de la prise en charge des malades mentaux

Dans les années 1970 et au début des années 1980, il s'intéresse à la psychanalyse et à la psychiatrie, ainsi qu'au traitement et à la prise en charge des malades mentaux, en établissant une sociologie critique de ces questions et en se rapprochant de Michel Foucault, dont il reprendra l'approche généalogique. Ces recherches aboutiront à une thèse d'État ès lettres et sciences humaines, sous la direction d'Aron, soutenue en 1980. Il est à l'origine de la constitution du Groupe d'analyse du social et de la sociabilité (GRASS). Il publie quatre ouvrages sur le sujet, dont le dernier, La Gestion des risques, va l'inciter à investir de nouveaux thèmes de recherche.

Sociologie et histoire du travail et du salariat

Dans les années 1980 et 1990, il s'intéresse au travail, en relation avec les transformations de l'emploi, l'intervention sociale et les politiques sociales. Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à partir de 1990 et directeur du Centre d'étude des mouvements sociaux (EHESS-CNRS) jusqu’en 1999, il publie des ouvrages, depuis Les Métamorphoses de la question sociale, qui analysent la constitution de la société salariale, puis son effritement à partir du milieu des années 1970 et ses conséquences : l'exclusion (ou plutôt ce qu'il appelle la « désaffiliation »), la vulnérabilité et la fragilisation qui frappent les individus « par défaut ». Il veut ainsi comprendre comment le salariat, qui fut d'abord une position méprisée, s'est petit à petit imposé comme modèle de référence et s'est progressivement associé à des protections sociales, et à la notion de propriété sociale, créant un statut constitutif d'une identité sociale qui sera ensuite mise en question par les transformations sociales intervenues après la crise économique des années 1970.

Ses œuvres les plus tardives constatent la montée croissante des incertitudes et des risques dans les sociétés contemporaines, conséquence du passage à un nouveau régime du capitalisme auquel la précarité croissante serait consubstantielle.

Dès la sortie de son ouvrage Les Métamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat, il devient une référence pour les chercheurs qui s’intéressent à l’emploi, aux politiques sociales ou à l'État. Dans son sillage, on trouve le travail de sociologues comme Jean-François Laé, Numa Murard, Marc Bessin, Denis Merklen, Claude Martin ou Albert Ogien. Par la suite, il est attentif à la réception de ses publications, examine les réactions et apporte des précisions ou des compléments.

Le Psychanalysme : l'ordre psychanalytique et le pouvoir, Éditions Maspero, Paris, 1973 (rééditions 10-18, 1976 et Champ-Flammarion, Paris, 1981).

L'Ordre psychiatrique, Éditions de Minuit, Paris, 1977.

(avec Françoise Castel et Anne Lovell) La Société psychiatrique avancée : le modèle américain, Grasset, Paris, 1979.

La Gestion des risques, Éditions de Minuit, Paris, 1981.

La Gestion des risques : de l'anti-psychiatrie à l'après-psychanalyse, Éditions de Minuit, Paris, 2011.

Les Métamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat, Fayard, Paris, 1995 ; réédition Folio-Gallimard, Paris, 2000.

Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi (avec Claudine Haroche), Paris, Fayard, 2001.

L'Insécurité sociale : qu'est-ce qu'être protégé ?, Éditions du Seuil, 2003.

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