Ce Jour-là

Robert Capa

Photographe et correspondant de guerre d'origine hongroise

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Robert Capa, pseudonyme d'Endre Ernő Friedmann, né le 22 octobre 1913 à Budapest et mort le 25 mai 1954 en Indochine, est un photographe et correspondant de guerre hongrois.

Il a couvert les plus grands conflits de son époque et est l'un des fondateurs de la coopérative photographique Magnum, première de ce genre à voir le jour.

Il fut le compagnon de la photographe Gerda Taro, qui inventa son pseudonyme et lança sa carrière.

Il entretint une relation amoureuse avec Ingrid Bergman et une longue amitié avec Ernest Hemingway, qui s’est inspiré des photos de Capa pour écrire le livre Pour qui sonne le glas.

Né le 22 octobre 1913 à Budapest dans une famille de la bourgeoisie juive hongroise non pratiquante, il est le second fils de Dezsö Friedmann et Julianna (ou Julia) Berkovits, propriétaires d'un atelier de couture à Pest. Il est atteint de polydactylie (petit doigt supplémentaire à l'une des mains), et sa mère y voit l'annonce d'un destin hors normes. Très vite, il apprend à capter le regard des riches clientes de la maison de couture familiale, jusqu'à avoir la certitude que le véritable pouvoir est celui de la séduction.

Il fait de bonnes études mais a une adolescence agitée, fréquentant les milieux communistes révolutionnaires qu'inspire son maître à penser, l'écrivain Lajos Kassák. À l’âge de dix-sept ans, il est arrêté pour avoir participé aux activités antifascistes d’étudiants de gauche. Le régime autoritaire hongrois de l’amiral Horthy le libère à la condition qu’il quitte la Hongrie. Il part en juillet 1931 pour Berlin où il se donne pour objectif de faire carrière dans le journalisme. Grâce à son amie d’enfance exilée Eva Besnyő, il trouve un premier travail comme apprenti développeur dans une agence photographique berlinoise. Bien qu'il ne soit pas passionné par la photographie, il se lance dans cette voie car c'est le métier qui ressemble le plus au journalisme pour le jeune homme qui ne parle pas encore allemand. Parallèlement, il s'inscrit à l'Université allemande de politique pour suivre des études de sciences politiques de 1931 à 1933. Il s'y ennuie, manque d'argent (ses parents ont été ruinés par la Grande Dépression de 1929), au point de voler les côtelettes de veau du chien de sa propriétaire.

Il fait la connaissance de Simon Guttmann, patron de l’agence Dephot (Deutscher Photodienst). L'agence lui fournit un appareil Leica pour travailler comme assistant et réaliser des reportages sur le quotidien de Berlin, puis lui donne l’occasion de couvrir son premier sujet, Léon Trotski venu donner un meeting sur la révolution russe. Il part en novembre 1932 pour Copenhague afin d'y photographier Trotski qui a été invité par l'association des étudiants sociaux-démocrates pour une conférence (qui sera la dernière) devant 2 500 personnes, et qui est alors pourchassé par des assassins aux ordres de Staline. Le magazine Der Weltspiegel publie ses clichés.

Il quitte l’Allemagne en 1933 à l'arrivée d'Hitler au pouvoir, gagne Vienne mais le chancelier chrétien-social Engelbert Dollfuss y établit une dictature cléricalo-fasciste, aussi émigre-t-il finalement à Paris à l’automne 1934.

Il rencontre Henri Cartier-Bresson dans les cafés de Montparnasse, ainsi que d'autres Juifs émigrés comme lui, tels que « Chim » (David Seymour), André Kertész, Pierre Gassmann, etc. Il décide de franciser son prénom et se fait désormais appeler « André Friedmann ». Épais sourcils, yeux et cheveux noirs, lèvres charnues, son charme est immense. Il travaille fin 1933 comme figurant dans un roman-feuilleton du magazine Vu, Le tueur au boomerang.

Au café A Capoulade dans le quartier latin, il fait en septembre 1934 la connaissance de Gerda Taro, une étudiante allemande antifasciste d'origine galicienne, qui d’assistante devient photographe. Ils deviennent amants en 1935. Il fréquente l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires où elle est inscrite, comme ses principaux amis ou collègues photographes.

Le magazine de Lucien Vogel VU lui offre l'occasion de réaliser un reportage sur la Sarre, lieu de tensions grandissantes entre la France et l'Allemagne, et ainsi d'obtenir sa première carte de presse.

Au printemps 1935, il effectue un premier séjour en Espagne pour une série de reportages (match de boxe de Paolo Uzcudun, projet aéronautique du lieutenant-colonel Emilio Herrera qui veut battre le record du monde d'ascension en aéronef, fête religieuse et processions à Séville).

Alors que ses parents se séparent, son jeune frère Cornell Capa vient le rejoindre à Paris. Son père Dezsö se suicide.

En 1936, Taro invente un photographe américain dont André ne serait que l'assistant. Ses photos se vendant très mal, elle lui fait prendre un pseudonyme : « Robert Capa », qui sonne plus américain et est plus facile à prononcer. Avec ce pseudonyme de Robert « Bob » Capa, il crée un personnage, un photographe américain, chic, riche, mondain et séducteur, vendant ses photos le double.

Plusieurs versions ont été données sur l'origine de ce pseudonyme. Selon André, le prénom aurait été choisi en référence à l'acteur américain en vogue Robert Taylor, et le nom « Capa » choisi pour sa ressemblance avec celui du réalisateur américain Frank Capra. Mais cápa signifie aussi « requin » en hongrois, et ce surnom semble avoir été donné au jeune Friedmann.

La même année, il participe à la création de l’agence Alliance-Photo aux côtés de Pierre Boucher et de Maria Eisner. Il immortalise notamment le Front populaire par sa photo du 14 juillet 1936. Il photographie Léon Blum brandissant la lampe offerte par les mineurs de Carmaux, mais aussi des anonymes en grève ou les manifestations populaires. Les magazines VU et Regards publient les photos. Le numéro de VU du 15 juillet 1936 lui accorde même la couverture.

En août 1936, il part avec Gerda Taro comme envoyé spécial pour couvrir la guerre civile espagnole sur le front républicain, pour les magazines Vu de Lucien Vogel et Regards. Il photographie les miliciennes à l'entrainement, la presse apprécie les images de femmes armées. Lors de leur premier séjour en août 1936, il ne photographie pas de combats, il s'attache surtout à réaliser des portraits de combattants républicains à l'équipement rudimentaire, mais animés par une grande ferveur politique.

En Espagne, il devient un fervent antifasciste qui va même jusqu'à monter certaines photos de toutes pièces, notamment une improbable victoire des forces républicaines.

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