Ce Jour-là

Robert Brasillach

Écrivain, journaliste, critique de cinéma et collaborationniste français

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Robert Brasillach ([ʁɔbɛʁ bʁazijak] ), né le 31 mars 1909 à Perpignan et mort fusillé le 6 février 1945 au fort de Montrouge, à Arcueil, est un homme de lettres, journaliste et collaborateur français.

Outre ses activités littéraires, il est surtout connu pour son engagement politique à l'extrême droite : formé à l'Action française, il évolue vers le fascisme dans les années 1930 (tout en continuant d'écrire dans L'Action française).

Sous l'Occupation, il est partisan de la collaboration active avec les nazis et devient rédacteur en chef du journal collaborationniste et antisémite Je suis partout. Après la Libération de la France, durant l'épuration, il est jugé pour « intelligence avec l'ennemi », condamné et fusillé.

Robert Brasillach naît le 31 mars 1909 à Perpignan, où son père, Arthémile, qui a épousé sa mère, Marguerite Redo l’année précédente, est en garnison. Il a une sœur, Suzanne, née également à Perpignan en avril 1910. Robert Brasillach ne voit guère son père qu’à l’occasion de voyages qu’il fait avec sa mère au Maroc entre 1912 et 1914 pour retrouver le lieutenant Arthémile Brasillach, affecté au 1er régiment d'infanterie coloniale. Celui-ci meurt au combat le 13 novembre 1914 lors de la bataille d'Elhri, près de Khénifra, et Robert Brasillach grandit sans figure paternelle de cinq à neuf ans. Marguerite se remarie en février 1918 avec un médecin mobilisé à Perpignan, le docteur Paul Maugis ; puis la famille déménage en mars 1918 à Sens, d'où celui-ci était originaire.

Le docteur Maugis exerce avec succès la médecine de ville et la chirurgie à l’hôpital, et la famille Brasillach s’installe en 1922 dans une grande maison de dix-huit pièces boulevard du Mail. Robert passe ainsi son enfance dans l’Yonne dans un confort bourgeois, ne revenant à Perpignan que pendant les grandes vacances. Une demi-sœur, Geneviève, naît en 1921. Il fait ses études secondaires au lycée de Sens rue Thénard où Gabriel Marcel est son professeur de philosophie. Le jeune Robert est un élève brillant, doué en lettres mais indifférent aux sciences. Il est encore lycéen lorsqu’il publie en 1924 ses premiers articles, des pastiches, dans le Coq catalan, une petite revue de Perpignan. Il est même titulaire à partir d’octobre 1925 de la rubrique littéraire de La Tribune de L’Yonne titrée « Au fil des heures », qu’il signe Jacques Tournebroche, du nom d’un personnage d’Anatole France.

Robert Brasillach obtient ses baccalauréats à seize ans et demi, puis avec une bourse d’État il intègre en novembre 1925 le lycée Louis-le-Grand, au cœur du Quartier latin à Paris. Il lit beaucoup durant les trois années studieuses de classes préparatoires qu’il effectue dans ce lycée prestigieux, antichambre de l’École normale supérieure. Il se plonge dans les classiques antiques, les auteurs récents comme Baudelaire, Rimbaud, Proust ou Dostoïevski, mais aussi la littérature de son temps qu’il découvre chez les libraires, Barrès, Péguy, Valéry, Alain-Fournier, Claudel, Giraudoux, Colette, Dorgelès, Bernanos ou encore Gide. Il se lie d’amitié notamment avec Roger Vailland, Jacques Talagrand (futur Thierry Maulnier), José Lupin et surtout Maurice Bardèche. Ce dernier lui fait découvrir le cinéma, encore muet, ainsi que le théâtre, en particulier celui de Georges et Ludmilla Pitoëff, qui deviendront ses amis.

Bien que très minoritaire dans la France du milieu des années 1920, l’Action française agite le Quartier latin et organise des manifestations parfois violentes. Brasillach n’y participe pas. Il décrit lui-même bien plus tard l’orientation politique de ses jeunes années : « Nous avions dix-huit ans, un peu de confusion d’esprit, pas mal de dégoût pour le monde moderne et quelques penchants fonciers pour l’anarchie. » Pourtant, comme le notent ses biographes, il est déjà attiré par Charles Maurras et sa doctrine. Il écrit ainsi à l’été 1927 dans un portrait consacré au « vieux maître », publié dans le Coq catalan, la profession de foi monarchiste et antidémocratique suivante :

« La doctrine de Maurras est la seule doctrine importante de la Cité de notre temps qui comporte une philosophie. Maurras a bâti le plus complet des systèmes politiques, artistiques et moraux. […] Une société doit vivre comme un organisme humain. Pour cela, il faut que nous reconnaissions nos limites. Il faut laisser à une caste, à une race, le soin et l’étude du gouvernement où nous ne connaissons rien. Il faut un roi. Ce roi sera absolu, tout lui appartiendra. Ne nous insurgeons pas contre cette idée. »

En 1928, il est admis à l'École normale supérieure. Il décrira longuement cette période dans les premiers chapitres de ses mémoires Notre avant-guerre, écrit en 1939-1940.

Il assure ensuite une chronique littéraire dans L'Étudiant français durant la première moitié des années 1930 et dans le quotidien L'Action française jusqu'en 1939.

Après avoir lu Mein Kampf, il écrit en 1935 à son ami José Lupin : « C'est très réellement le chef-d'œuvre du crétinisme excité où Hitler apparaît comme une espèce d’instituteur enragé. Cette lecture m'a affligé. »

Il contribue périodiquement à la revue Combat fondée par Thierry Maulnier et Jean de Fabrègues.

Poursuivant ses activités littéraires, il devient en 1937 rédacteur en chef de l'hebdomadaire Je suis partout, journal déjà ouvertement antisémite.

Il fait partie des auteurs sélectionnés (avec Les Sept Couleurs) puis des finalistes pour le prix Goncourt en 1939, avec Simone (pour Le Paradis terrestre), mais le lauréat est Philippe Hériat avec Les Enfants gâtés.

Il est mobilisé comme lieutenant d'infanterie sur la ligne Maginot en septembre 1939. Capturé en juin 1940, il est détenu jusqu'en mars 1941 en Allemagne à l'Oflag VI A de Soest, où il écrit un roman autobiographique inachevé : Les Captifs.

Rentré en France, il reprend son poste de rédacteur en chef de l'hebdomadaire Je suis partout autorisé à reparaître depuis février 1941. Il s'y félicite de ses combats menés avant-guerre et assume avoir été, et être encore, fasciste, antimaçon et antisémite. Il affirme sa haine des Juifs, du Front populaire, de la République ou son admiration du Troisième Reich. Dans l'édition du 6 septembre 1941, il réclame la condamnation à mort des anciens ministres républicains, comme Blum, Daladier ou Mandel : « la mort des hommes à qui nous devons tant de deuils […] tous les Français la demandent. »

Et dans celle du 25 septembre 1942 : « Il faut se séparer des Juifs en bloc et ne pas garder de petits. »

Il attaquera l’archevêque de Toulouse Saliège dans Au pilori le 10 octobre 1942, pour avoir pris position publiquement contre la déportation des Juifs. Saliège sera également caricaturé dans Je suis partout (édition du 16 octobre 1942), dans laquelle le journal polémique avec les évêques (Gerlier, Saliège) s'étant opposé aux déportations de familles juives, en propageant le mythe d'une « relocalisation » des Juifs par la Gestapo :

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