Robert Blum (né le 10 novembre 1807 à Cologne - exécuté le 9 novembre 1848 au lieu-dit Brigittenau près de Vienne) était un homme politique prussien.
Issu d'un milieu modeste, il se forma en autodidacte, entamant une carrière d'artisan avant de devenir secrétaire d'un théâtre puis libraire à Leipzig, dans le royaume de Saxe.
Élu au Parlement de Francfort après la Révolution de Mars, il y fut un des meneurs des « démocrates » — issus de l'aile radicale du mouvement libéral - qui voulaient que l'unité allemande se réalise dans un cadre républicain. Lors de la seconde phase de la Révolution de 1848, il prit part à l'insurrection viennoise d'octobre 1848, ce qui lui valut d'être exécuté, en dépit de son immunité parlementaire, par les troupes impériales chargées de la répression.
Formation et débuts comme artisan
Issu d'une famille de tonneliers, Robert Blum était de constitution trop faible pour embrasser cette profession (les séquelles d'une rougeole l'avaient d'ailleurs rendu longtemps mal-voyant). Il apprit cependant très rapidement à lire et à écrire et commença ses études dans un collège jésuite. Il dut néanmoins les interrompre pour travailler en tant que surveillant dans une usine d'épingles. Il devait en effet gagner sa vie et aider sa famille à subsister, son père étant mort d'une tuberculose en 1815 alors qu'il était âgé de 8 ans.
Après avoir commencé un apprentissage auprès d'un orfèvre, il apprit le métier de ferronnier et de ferblantier (1821-25) et fut engagé par un fabricant de lampadaires, Schmitz. Voyageant à travers l'Allemagne au service de son patron (1825-29), il se rendit notamment à Munich, où il participa à l'installation de l'éclairage du château de Nymphenburg.
Activité littéraire et politique pendant le Vormärz
En 1829, il se rend à Berlin, où il fait ses premiers pas dans le monde littéraire, publiant quelques poèmes dans un journal.
Après un service militaire abrégé par ses problèmes de vue, il revient à Cologne et y travaille dans un théâtre (1830).
En 1832, il s'installa définitivement à Leipzig, où il devint secrétaire et caissier d'un théâtre puis libraire. Il y poursuivit ses travaux littéraires, s'inspirant de la révolte polonaise pour écrire Grochow, hymne à la Liberté (1831) ainsi qu'un drame historique sur Tadeusz Kościuszko, et de l'indépendance grecque pour rédiger une pièce intitulée La Délivrance de Candie (1836). Il fut également l'auteur de plusieurs autres pièces et de livrets d'opéra (notamment pour Albert Lortzing).
Brièvement marié à la jeune Adelheid Mey, morte en 1838 à l'âge de vingt ans, il se remaria deux ans plus tard avec Eugenie Günther, sœur d'un de ses amis. Le couple eut cinq enfants, dont l'aîné, Hans, né en 1841, deviendra le premier biographe de Robert Blum.
Dans les années 1830, Blum participa au mouvement libéral et nationaliste allemand, issu de la "guerre de libération" de 1813 mais opposé au système liberticide mis en place par le Congrès de Vienne. Il prononça ainsi des discours lors de plusieurs fêtes patriotiques et réunions politiques et entra en contact avec des intellectuels et des députés libéraux, tels que Friedrich Christoph Dahlmann ou Johann Adam von Itzstein.
En 1840, Blum entreprit l'édition d'un journal d'opposition libéral, les Sächsischen Vaterlandsblätter (les "Feuilles patriotiques de Saxe"), dont les positions radicales lui valurent les foudres de la censure et deux mois de prison en 1844. En raison de ses contacts avec les mouvements radicaux de Silésie, le journal de Blum fut interdit par le gouvernement prussien (1845), bientôt imité par ses homologues bavarois, badois et saxon.
En 1844, Robert Blum acheta une maison à Leipzig, obtenant ainsi le droit de cité dans cette ville.
Le 12 août 1845, Blum se fit connaître lors des manifestations suscitées par la visite officielle du prince Jean de Saxe. Ce dernier, considéré comme un adversaire résolu de la liberté de conscience, avait en effet été la cible d'une manifestation qui avait dégénéré en révolte après une fusillade. Tout en protestant publiquement contre la répression sanglante exercée par l'armée, Robert Blum contribua au retour au calme en rappelant les émeutiers au respect de la loi. Cette action modératrice lui attira le respect d'une grande partie des libéraux.
La même année, il aida Johannes Ronge à organiser le premier concile des "catholiques-allemands", une secte schismatique rationaliste. Blum fut le principal animateur de ce culte progressiste à Leipzig, dont la communauté "catholique-allemande" comptait environ 340 fidèles.
L'année suivante, la considération dont il bénéficiait depuis les événements d'août 1845 permit à Blum d'être élu au sénat ("Stadtrat") de Leipzig.
Favorable aux révolutionnaires polonais, il prit la défense des insurgés de Cracovie (1846) et rencontra le général Ludwik Mierosławski. Ayant lancé une nouvelle publication, Blum continua à promouvoir les idées radicales et démocrates jusqu'à la fin de la période du Vormärz.