Ce Jour-là

Rithy Panh

Cinéaste franco-cambodgien

Anúncio

Rithy Panh (en khmer : ប៉ាន់ រិទ្ធី), né le 18 avril 1964 à Phnom Penh au Cambodge, est un réalisateur, producteur de cinéma, scénariste, monteur, acteur et écrivain franco-cambodgien.

La plus grande partie de sa carrière est consacrée au traumatisme et au travail de deuil à la suite des horreurs commises par le régime des Khmers rouges entre 1975 et 1979.

Son père, fils de cultivateur, est un ancien instituteur devenu inspecteur d’école primaire.

En 1975, le jeune Rithy Panh a tout juste onze ans quand les Khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge. Suivent presque quatre ans d'un régime sanguinaire où toute la population est envoyée dans des camps de travail. Durant ces années, où il perd ses parents et une partie de sa famille, l'adolescent est témoin des pires atrocités.

En 1979, il parvient à rejoindre le camp de Mairut en Thaïlande ; il arrive en France en 1980.

Après une période durant laquelle il rejette tout ce qui pourrait lui rappeler le cauchemar dont il s'est échappé, jusqu’à la langue khmère, il décide de se consacrer à un travail de mémoire à travers le cinéma. Il abandonne alors ses études de menuiserie et entre à l’IDHEC, dont il sort diplômé en 1988.

Son premier documentaire, Site 2, traite déjà du Cambodge, et plus particulièrement des camps de réfugiés en Thaïlande. Le succès de cette première œuvre lui ouvre les portes de certains commanditaires au rang desquels la chaîne de télévision franco-allemande Arte ou le groupe Canal+.

En 1995, il est nommé coresponsable de l’Atelier Varan au Cambodge en vue de former de jeunes cinéastes aux documentaires.

En 1996, il est lauréat de l'aide à la création de la Fondation Gan pour le cinéma.

Après d'autres documentaires, eux aussi pour la plupart consacrés à son pays d’origine, il se fait connaître d’un public averti grâce à son premier long métrage de fiction, Les Gens de la rizière, coécrit avec Ève Deboise. C'est aussi le premier film cambodgien jamais présenté au festival de Cannes, en compétition.

Suivent de nouvelles œuvres qui toutes ont pour toile de fond un Cambodge qui a du mal à panser ses plaies et où Rithy Panh montre son talent à immortaliser des tranches de vies dans lesquelles les protagonistes donnent l’impression de se livrer tout en oubliant la caméra.

Une nouvelle étape dans la notoriété est franchie avec la sortie, en 2002 de S21, la machine de mort Khmère rouge. Présenté hors compétition au festival de Cannes, le film traite du devoir de mémoire à une époque où le processus de mise en place des chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens est enlisé dans des disputes entre le gouvernement cambodgien et l’Organisation des Nations unies.

Suivent Les Artistes du théâtre brûlé, un documentaire lui aussi présenté hors compétition à Cannes, qui traite de la difficulté qu’ont les artistes pour trouver leur place dans la société cambodgienne d’aujourd’hui, puis Le papier ne peut pas envelopper la braise, qui montre le sort cruel des prostituées de Phnom Penh.

En 2006, il reçoit un prix pour l'ensemble de son œuvre décerné par la Scam.

Il se lance ensuite dans un nouveau genre cinématographique avec l’adaptation du roman de Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique avec notamment Isabelle Huppert.

En 2013, il reçoit le prix Un certain regard au 66e festival de Cannes pour L'Image manquante, qui est ensuite récompensé par le prix du meilleur documentaire (ex æquo) à la 21e cérémonie des prix Lumière 2016 et, enfin, le Trophée francophone de la contribution technique pour les décors[réf. souhaitée]. Le film est par ailleurs sélectionné dans divers grands festivals américains et européens, nommé à l'Oscar du meilleur film étranger et fait partie de la sélection officielle au FIFDH de Genève 2014.

Exil sort en 2016, qui revient sur le difficile travail de deuil des survivants de la dictature khmère rouge et tente de représenter l'image des défunts. Le film est marqué par l'évocation de la solitude des exilés, perdus entre deuils, souvenirs et décalage géographique.

L'année suivante, en collaboration avec le compositeur cambodgien Him Sophy, et à la demande de l'ONG Cambodian Living Arts basée à Phnom Penh, il crée le spectacle symphonique Bangsokol, un requiem pour le Cambodge, qui est présenté à Melbourne en 2017 et à Paris en 2018.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Rithy Panh | World in Stories