Ce Jour-là

Rita de Cascia

Sainte et mystique catholique italienne, avocate des « causes désespérées », augustinienne

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Marguerite Lotti (en italien : Margherita Lotti), appelée sœur Rita de Cascia (en italien : sorella Rita da Cascia) communément simplifiée en Rita, née en mai 1381 à Roccaporena (États pontificaux) et morte le 22 mai 1457 à Cascia (États pontificaux), est une veuve italienne qui fut admise dans l'ordre des Augustines. Elle est connue comme l'avocate des « causes désespérées ». Canonisée en 1900, son corps incorrompu reste dans la basilique Sainte-Rita de Cascia.

Margherita, fille unique d'Antonio Lotti et d'Amata Ferri, naquit en 1381 à Roccaporena, hameau de Cascia, dans le diocèse de Spolète, en Ombrie, Italie. Selon la légende, un essaim d'abeilles blanches aurait tournoyé autour du bébé endormi dans le berceau le lendemain du baptême. Elles lui posaient du miel dans la bouche, sans lui faire le moindre mal. Un homme qui s'était blessé à la main et qui rentrait se faire soigner chez lui voulut chasser les abeilles avec sa main blessée et se trouva mystérieusement guéri. La famille était plus étonnée qu'inquiète. À Laerne (Belgique), on peut voir une statue de sainte Rita entourée d'abeilles.

On sait peu de choses des parents de Rita, sauf qu'ils étaient surnommés « les porte-paix de Jésus-Christ ». Ils jouaient le rôle de médiateurs entre clans et familles, pour essayer de faire oublier les exigences de la vendetta. Cet exemple, Rita ne l'oublia pas. Dès l'âge de 14 ans, elle avait pensé à la vie religieuse, mais ses parents en avaient décidé autrement. Ils avaient arrangé son mariage avec un jeune homme riche et noble du pays, Paolo Mancini. Bien qu'elle les eût suppliés de la laisser entrer au couvent, elle dut l'épouser en 1399 et fut la mère de jumeaux, Giangiacomo Antonio (Giovanni) et Paulo Maria. Son époux, Paolo, était prompt à s'emporter et, bien qu'apparemment il se fût adouci depuis la naissance de ses enfants, il s'était fait des ennemis dans la région. Pendant 18 ans elle pria pour que son mari se convertisse. Elle gravissait son calvaire en priant pour la conversion de son indigne époux. Une nuit, en 1412, il fut assassiné. Certains récits font état d'un guet-apens, d'autres d'une querelle qu'il aurait provoquée et à l'issue de laquelle il aurait été tué.

Rita continua de se consacrer à ses enfants, mais ces derniers étaient décidés à venger la mort de leur père. Elle tenta de les en dissuader et de leur faire comprendre que ce serait un meurtre. Elle pria pour qu'ils renoncent à leurs desseins et demanda à Dieu qu'Il leur prenne la vie plutôt qu'ils finissent comme leur père. Six mois plus tard, leurs deux fils moururent de causes naturelles, emportés par une épidémie de peste, après avoir imploré le pardon de leur mère et s'être convertis.

En 1420, Rita, à l'aube de la quarantaine, se retrouvait seule. Elle demanda son admission chez les religieuses augustines du monastère Sainte-Marie-Madeleine de Cascia. Elle fut éconduite, car les constitutions de l'ordre interdisaient d'accueillir les veuves. De plus, la famille de son mari et celle de son assassin ne s'étaient pas réconciliées. Le monastère avait peur de représailles. Mais elle insista, et finalement fut admise à une condition : elle devait réconcilier sa famille et les meurtriers de son mari. Elle poursuivit ce but, ce qui s'avéra difficile. Quand les deux clans s'accordèrent mutuellement le pardon devant l'évêque de Cascia (elle avait alors 36 ans), elle fut autorisée à entrer au monastère où elle resta jusqu'à sa mort, en 1457.

Religieuse âgée, Rita essaya de vivre jusqu'au bout les exigences de son état : vie de prière, obéissance, pauvreté et pénitence. Selon la légende, l'abbesse lui aurait ordonné d'arroser chaque jour un bout de bois mort afin de tester son obéissance. Ce qu'elle fit et le bois aurait donné une vigne et des grappes de raisin. Sa réputation commenca à grandir et ceux qui s'adressèrent à elles virent leurs prières exaucées. À la suite d'un sermon sur la Passion de saint Jacques de la Marche, elle demanda à Dieu de la faire participer, dans sa chair, aux souffrances du Christ. Elle aurait été exaucée et une épine de la couronne du Christ devant lequel elle priait se serait détachée pour venir se fixer sur son front. C'est pourquoi on la représente avec une plaie incurable au front. Stigmatisée par cette marque, elle supporta l'épreuve qu'elle avait demandée. Sa plaie suintait en permanence et était la source d'une odeur fétide.

Elle fut au service des plus pauvres de Cascia, qui bénéficièrent de la qualité de sa charité. Elle se rendit à Rome en 1450 pour le jubilé ou l'« année d'or » que le pape avait décidé afin de remercier Dieu d'avoir libéré le pays de toutes les guerres. À 69 ans, elle parcourt avec quelques sœurs les 180 kilomètres qui les séparaient du centre de la chrétienté.

Sur son lit de mort, Rita ne se nourrit plus que d'une hostie par jour. Elle demande à une cousine de Roccaporena qui la visite d’aller lui cueillir une rose. Bien qu’en plein hiver, la parente trouve la rose ; cet épisode est à l’origine des nombreuses représentations de la sainte répandant des roses, symbole des grâces qu’elle obtient pour ceux et celles qui font confiance en son intercession. Elle meurt le 22 mai 1457, à l'âge de 76 ans. Son corps et sa plaie répandront un parfum agréable, et son corps restera incorrompu. Dès le jour de sa mort, le peuple de Cascia proclame sainte cette « servante du Seigneur » et est l'objet d'un culte populaire, bien avant que l'Église catholique ne la reconnaisse comme telle. Le peuple de Cascia avait été témoin de miracles et de prodiges inexplicables.

La première biographie de la sœur Rita est parue en 1610. Elle est aussi mentionnée dans un volume sur quelques Augustiniens importants.

Elle fut béatifiée en 1628 par le pape Urbain VIII, et c'est au secrétaire particulier de ce dernier, le cardinal Fausto Poli, né à environ quinze kilomètres de Cascia, que l'on doit le développement de son culte, autorisé par le Saint-Siège à partir de 1672.

Le pape Léon XIII canonisa sainte Rita le 24 mai 1900. Elle est fêtée le 22 mai. Les trois miracles qui ont conduit à sa canonisation sont les suivants : l'incorruptibilité de son corps et l'odeur agréable qui émane de celui-ci, la guérison et le recouvrement soudain de la vue de la jeune Elizabeth Bergamini atteinte de la variole et restée quatre mois au couvent de Cascia en demandant l'intercession de la bienheureuse Rita, et enfin, la guérison complète et soudaine de Cosma Pellegrini en 1887, atteint d'une gastro-entérite catarrhale chronique et d'une affection hémorroïdaire incurable, ayant reçu une vision de Rita alors qu'il était sur son lit de mort.

À Cascia, les restes mortels de la sainte sont abrités derrière une grande grille en fer forgé, dans la chapelle de style néo-byzantin qui lui est consacrée. Ils sont conservés à l’intérieur d’une châsse de verre et d'argent, dans la basilique qui a été consacrée comme église le 18 mai 1947 et érigée en basilique par le pape Pie XII le 1er aout 1955. La basilique est reliée à l'ancien monastère Sainte-Marie-Madeleine. Des études médicales ont confirmé la présence sur la zone frontale gauche de traces d'une lésion osseuse (peut-être une ostéomyélite) ; le pied droit montre des signes d'une maladie dont elle a souffert pendant ses dernières années, peut-être associée à une sciatique (elle mesurait 157 cm) ; le visage, les mains et les pieds sont momifiés, tandis que le reste du corps, vêtu de l’habit des augustines, n’est plus qu’un squelette. En mai 2017, son corps incorruptible fut sorti de son enclos de verre.

Tout comme saint Jude, sainte Rita est l'avocate des « causes désespérées » et est généralement invoquée pour les cas impossibles. Rita est aussi la sainte patronne des mariages, des couples en difficulté et des problèmes maritaux. Elle est la patronne des femmes mal mariées, des victimes de violences ou d'abus, et est aussi invoquée pour des personnes malades ou gravement souffrantes.

En son honneur, un sanctuaire fut érigé à Cascia au début du XXe siècle. C'est un lieu de pèlerinage très fréquenté d'Ombrie, de même que sa maison natale. À l'entrée de Cascia, se trouve une statue de Sainte Rita. Elle a été réalisée et offerte par le sculpteur libanais Nayef Alwan. Les travaux ont été achevés en un an et la roche a été choisie du village de Tartej – une des montagnes libanaises.

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