Richard Karl Freiherr von Weizsäcker ( /fɔn ˈvaɪt͡szɛkɐ/) est un homme d'État allemand, membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne, né le 15 avril 1920 à Stuttgart et mort le 31 janvier 2015 à Berlin.
Élu député fédéral en 1969, il échoue à remporter l'élection présidentielle cinq ans plus tard. En 1979, il se présente aux élections locales à Berlin-Ouest et devient vice-président du Bundestag. Après les élections anticipées de 1981, il est investi bourgmestre-gouverneur de Berlin-Ouest.
En 1984, il se représente à l'élection présidentielle et se fait élire au premier tour avec une forte majorité, grâce au soutien des sociaux-démocrates et des libéraux. Sollicitant le renouvellement de son quinquennat en 1989, il est réélu à l'unanimité. Président populaire, respecté, il réalise des interventions fortes dans le débat public. Il quitte ses fonctions en 1994, après avoir achevé son second mandat présidentiel.
Issu d'une famille prestigieuse
Richard von Weizsäcker est le petit-fils de Karl von Weizsäcker (1853-1926) qui a été ministre-président du royaume de Wurtemberg de 1906 à 1918. Son père, Ernst von Weizsäcker (1882-1951), — important diplomate nazi, nommé en 1938 par Hitler secrétaire général du ministère des Affaires étrangères du Reich, puis ambassadeur auprès du Saint-Siège de juin 1943 à juin 1944, condamné aux travaux forcés par les Alliés lors du procès de la Wilhelmstrasse —. Son frère aîné est le physicien et philosophe Carl Friedrich von Weizsäcker (1912-2007).
Son enfance se déroule en grande partie à l'étranger, du fait des responsabilités de son père : il passe notamment quelques années en Suisse (à Bâle et Berne) et au Danemark. À 17 ans, il part en Grande-Bretagne pour étudier la philosophie et l'histoire à Oxford, puis il poursuit ses études en France, à Grenoble.
Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé dans la Wehrmacht et sert avec son frère Heinrich dans la 23e division d'infanterie. Il termine le conflit au grade de capitaine de réserve.
Blessé dans les combats de Prusse-Orientale en 1945, il est rapatrié dans sa région d'origine, où il reprend ses études d'histoire et de droit à l'université de Göttingen. En 1953, il épouse la fille adoptive d'un industriel, Marianne von Kretschmann. De ce mariage, naîtront quatre enfants :
Robert Klaus von Weizsäcker (né en 1954), professeur d'économie.
Andreas von Weizsäcker (1956–2008)
Marianne Beatrice von Weizsäcker (née en 1958)
Fritz Eckhart von Weizsäcker (1960-2019)
Il adhère en 1954 à l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), le parti du chancelier Konrad Adenauer. Ayant échoué à se faire investir candidat aux élections fédérales du 19 septembre 1965, il est coopté au comité directeur fédéral en 1966 et en est élu membre en mai 1967, lors du congrès fédéral de Brunswick.
En 1968, il est proposé par Helmut Kohl comme candidat à l'investiture de la CDU/CSU pour l'élection présidentielle de l'année suivante. Il ne recueille cependant que 20 voix à la commission de sélection, contre 45 au ministre fédéral de la Défense Gerhard Schröder.
Aux élections fédérales du 28 septembre 1969, il se fait élire député de la Rhénanie-Palatinat au Bundestag. Environ deux ans plus tard, en mai 1971, il est choisi comme président de la commission politique de la CDU lors du congrès de Sarrebruck sur proposition du nouveau président du parti, Rainer Barzel, un poste qu'il occupe sept ans.
À la suite de l'échec des chrétiens-démocrates aux élections fédérales anticipées du 19 novembre 1972, Barzel renonce progressivement à ses fonctions dirigeantes, démissionnant le 9 mai 1973 de la présidence du groupe parlementaire. Richard von Weizsäcker se lance alors dans la course à sa succession, mais il est battu le 17 mai par Karl Carstens. Il devient alors vice-président du groupe.
À l'approche de l'élection présidentielle du 15 mai 1974, il est investi comme candidat de la CDU/CSU au détriment de Hans Filbinger. Opposé au vice-chancelier libéral Walter Scheel, il recueille 498 voix, contre 530 à son adversaire, élu président fédéral dès le premier tour. Lors de la campagne pour les élections fédérales du 3 octobre 1976, il fait partie de l'équipe politique du candidat à la chancellerie, Helmut Kohl.
Réélu député fédéral de la Rhénanie-Palatinat lors du scrutin, il est choisi comme chef de file de la CDU aux élections locales du 18 mars 1979 à Berlin-Ouest. Avec un score de 44,4 % des voix, les chrétiens-démocrates obtiennent 63 sièges de députés sur 135 et ne sont ainsi pas en mesure de gouverner.