Ce Jour-là

Richard von Krafft-Ebing

Neurologue, psychiatre et aristocrate autrichien

Anúncio

Richard Freiherr von Krafft Ebing (Richard, baron Krafft-Ebing), né le 14 août 1840 à Mannheim et mort le 22 décembre 1902 à Graz, est un psychiatre germano-autrichien qui est considéré comme le père de la sexologie, bien que certains historiens contestent cette qualification.

Son ouvrage Psychopathia Sexualis, publié pour la première fois en 1886 à Stuttgart et décrivant différentes perversions sexuelles connaît un énorme succès de son vivant même. Plusieurs des termes figurant dans cet ouvrage sont passés dans le langage courant, comme les termes masochisme et sadisme, des termes qu'il a créés en se référant aux œuvres respectives de Leopold von Sacher-Masoch et du marquis de Sade. En langue allemande, il est le premier auteur à utiliser le terme pédophilie pour décrire l'attirance sexuelle envers les mineurs, une perversion qu'il nomme pedophilia erotica.

Auteur prolifique, il publie maints articles et plusieurs ouvrages. Parmi ceux-ci, Grundzüge der Criminalpsychologie (1872) et Lehrbuch der Psychiatrie marquent durablement de leur empreinte la psychiatrie et la médecine légale dans l'espace germanophone. Tout comme son mentor Wilhelm Griesinger, sa pensée est fortement influencée par la théorie de la dégénérescence. Von Krafft-Ebing a également écrit sur l'onanisme et différentes formes de ce qu'il juge alors comme déviances sexuelles (la fameuse "nymphomanie").

Auteur sujet à controverses pour ses dires, le baron dans son livre Psychopathia Sexualis affirme alors la supériorité de l'Occident sur ce qu'il nommait les peuples méridionaux :

La supériorité morale et intellectuelle du christianisme sur l'islam

Il considère que la monogamie par exemple est un trait positif acquis, témoignant du degré de civilisation d'une société.

Les femmes chrétiennes seraient élevées à l'égal de l'homme, alors que les femmes musulmanes seraient restées des objets

La pudeur étant une qualité morale, il l'attribue à l'Europe car les nations du nord, sous des climats plus froid, ont eu besoin de se couvrir le corps . Il s'agit alors de l’évolutionnisme et du déterminisme écologique le plus éhonté.

Notre auteur soutenait aussi quelques opinions sur les femmes :

La femme se doit d'être passive et ne recherche pas le plaisir sexuel ou "sensuel" comme il l'aime le dire.

L'ultime destinée, merveilleuse qui plus est pour la femme est double : Le mariage et la maternité.

Les infidélités d'une femme, doivent être jugées plus sévèrement que celle de son homologue masculin.

Elle est restée l'objet de convoitise malsaine et déshumanisante chez les Malais des Philippines et les Australiens (dans le sens "First Nation people"), comme si l'objectification de la femme avait cessé en Europe. Voilà qui est risible même 140 ans plus tard.

Richard von Krafft-Ebing est l’aîné des cinq enfants d’un haut magistrat du Grand-duché de Bade, Friedrich Karl Conrad Christophe von Krafft-Ebing. Sa mère, Klara Antonia Carolina, est la fille du juriste Carl Joseph Anton Mittermaier.

Le titre de noblesse paternel, conféré en 1770 par l’impératrice Marie-Thérèse, est élevé au rang de baronnie par l'empereur d'Autriche François Ier en 1805.

Après des études de médecine, il se spécialise en psychiatrie et est l’élève de Wilhelm Griesinger à Zurich. Il exerce dans plusieurs institutions psychiatriques.

Il enseigne dans les universités de Strasbourg, Graz et Vienne où il devient expert en médecine légale. Il contribue à vulgariser la psychiatrie en donnant des conférences et des démonstrations où il pratique l’hypnose. Il ouvre, près de Graz et dirige jusqu'à sa mort le sanatorium Mariagrün pour soigner les affections nerveuses. Il y soigne des personnes fortunées notamment la sœur de l'impératrice, Sophie-Charlotte en Bavière, duchesse d'Alençon.

Krafft-Ebing écrit et publie nombre d’articles sur la psychiatrie, mais c’est son livre Psychopathia Sexualis (« Psychopathia sexualis : Étude médico-légale à l'usage des médecins et des juristes », 1886), qui reste le plus connu de ses écrits. L'ouvrage, destiné à servir de manuel de référence aux médecins légistes et aux magistrats, est rédigé dans une langue universitaire et l’introduction insiste sur le choix d’un titre savant, destiné à décourager les profanes. Dans le même esprit, il rédige certains passages en latin. En dépit de ces précautions, le livre connaît un grand succès populaire. Il est maintes fois réédité et traduit. Une marque de la popularité de l'ouvrage est le fait que les éditions successives de l’ouvrage entre 1886 et 1903 passent de 110 à 617 et de 45 cas à 238 cas présentés. Kraft-Ebbing recevra en effet un grand nombre de lettres à prétention autobiographique, écrites par des lecteurs s'étant « reconnus » dans les cas figurant dans les précédentes éditions.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium