Richard Garneau (Québec, 15 juillet 1930 – Montréal, 20 janvier 2013), est un commentateur sportif, un journaliste et un écrivain canadien (québécois). Il est connu pour sa carrière à la Société Radio-Canada, où il a agi comme journaliste, commentateur et chef d'antenne des émissions sportives les plus prestigieuses du télédiffuseur public canadien, La Soirée du hockey et la couverture des Jeux olympiques d'été et d'hiver.
Fils de Jean-Charles Garneau et de Marthe Devarennes et descendant de la même souche que l'historien François-Xavier Garneau, Richard Garneau est né à Québec au milieu de la Grande Dépression, le 15 juillet 1930. Il demeurait sur la rue Fraser. Il a une sœur, Madeleine, de huit ans sa cadette. Son père, jadis courtier, s'était enrichi assez rapidement après quelques transactions réussies. Il est toutefois victime du krach d'octobre 1929, qui le ruina.
Se décrivant comme un élève moyen et dissipé qui ramassait « suffisamment de miettes ici et là pour réussir [ses] examens avec tout juste ce qu'il fallait », Garneau écrit dans À toi Richard…, le premier tome de son autobiographie, paru en 1992, qu'il était doué pour l'expression orale. Il remportait, à chaque année, le premier prix au concours de diction de son école.
Après avoir fait ses études au Séminaire, il obtient un diplôme de bachelier en arts de l'Université Laval. Ayant l'ambition de devenir acteur, il étudie pendant deux ans au Conservatoire d'art dramatique Francis-Synval. Il fait ensuite un court séjour en Europe.
Suivant les conseils de Roger Daveluy (autrefois de CBV), au printemps 1953, Richard Garneau passe une audition pour travailler à Radio-Canada. Toutefois, il n'est pas retenu, par manque d'expérience. En novembre suivant, il commence à travailler à la radio de CHRC. Puis, en juillet 1954, il est embauché par la nouvelle station de télévision de Québec CFCM-TV (alors propriété de Famous Players) et en devient le premier annonceur. Pendant deux ans et demi, il comble les tâches d'annonceur, de commentateur, de rédacteur, s'occupant des présentations, des bulletins d'informations, du sport et de la présentation des concerts.
Richard Garneau entre à Radio-Canada en janvier 1957, comme « annonceur » (c'est-à-dire comme narrateur polyvalent, généraliste). Il y reste 33 ans et devient animateur puis, choisissant la section des sports, il est notamment commentateur à la Soirée du hockey pendant 23 ans.
Couverture des Jeux olympiques
Il est présent à tous les Jeux d’été à partir de Rome en 1960 jusqu'à Londres en 2012 (à l'exception d'Atlanta), surtout en tant que spécialiste de l'athlétisme, aux côtés de l'entraîneur et analyste Jo Malléjac, puis de Jean-Paul Baert, et à tous les Jeux d'hiver depuis Innsbruck en 1964 jusqu'à Vancouver en 2010 (à l’exception de Nagano). Aux Jeux d'hiver, ainsi qu'à plusieurs championnats canadiens et mondiaux, il se spécialisait en patinage artistique, aux côtés de l'analyste Alain Goldberg. Il a commenté tous les jeux du Commonwealth de 1962 à 1986 ainsi que de nombreux Jeux panaméricains, d’été et d’hiver, du Canada et du Québec.
Commentateur d'un grand nombre de Jeux olympiques d'été et d'hiver, entre autres pour Radio-Canada et RDS, il est celui qui en détient le record pour la plus longue couverture, soit 23 Jeux sur 25, en 48 ans.
Entre janvier 1998 et le 12 décembre 2012, il participe aux émissions de Joël Le Bigot Samedi et rien d’autre et Pourquoi pas dimanche à l’antenne de la Première Chaîne, en compagnie du comédien mélomane Edgar Fruitier, du cuisinier Philippe Mollé, de la journaliste culturelle Francine Grimaldi et de l'historien André Champagne.
Avec le lancement du Marathon international de Montréal, en 1977, il s'en fait un champion aux côtés de son ex-collègue Serge Arsenault. Il a aussi présidé la Fédération québécoise d'athlétisme dans les années 1970.
Il a aussi été coanimateur de l'émission Les Héros du samedi (au moins en 1983).
En attendant « Sotchi 2014 » et « Rio 2016 »
Le 14 décembre 2012, à 82 ans, Richard Garneau a la douleur de vivre la mort de son fils aîné, âgé de 54 ans, Jean Garneau. Peu après, en tout début de 2013, il doit lui-même entrer à l'hôpital pour une chirurgie cardiaque. Son fils Stéphane Garneau témoigne qu'il aurait accepté en souhaitant une remise en forme, pour pouvoir commenter ses 24e et 25e Jeux olympiques, ceux d'hiver 2014 à Sotchi, en Russie — patrie d'origine de son actuelle épouse, mère de ses jeunes filles — et ceux de « Rio 2016 »…
Le 8 janvier 2013, les médias transmettent la nouvelle que Richard Garneau a subi une chirurgie cardiaque en tout début d'année et se trouve encore hospitalisé aux soins intensifs, pour des complications survenues à la suite de l'intervention — ce qui suscite aussitôt une grande vague de sympathie chez ses collègues des médias et sur les réseaux sociaux.
Puis, le 12, une semaine après l'opération, l'espoir renaît : le coma artificiel est terminé, qui a duré 4 jours (du 5 au 9 janvier), mais son fils Stéphane invite à un « optimisme prudent ».
Encore aux soins intensifs, Richard Garneau meurt le 20 janvier 2013. La tristesse, les regrets et les hommages fusent.
« Richard Garneau mérite sans conteste une place sur la plus haute marche du podium des grandes personnalités du Québec, selon tous les professionnels qui ont eu le privilège de le côtoyer.[…] Dans une entrevue accordée au Devoir en 2002, il déclarait : « Je ne veux pas prendre ma retraite. Ils devront m’arrêter parce que je vais continuer ! » — Personne n’a jamais eu l’intention de l’arrêter, et sa voix s’éteint beaucoup trop tôt. »