Ce Jour-là

Richard Francis Burton

Explorateur, aventurier, écrivain et orientaliste britannique

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Richard Francis Burton, né le 19 mars 1821 à Torquay (Angleterre) et mort le 20 octobre 1890 à Trieste, est un érudit et polymathe britannique. Il est tour à tour officier militaire, escrimeur, explorateur, écrivain et poète, traducteur, linguiste, orientaliste, maître soufi, ethnologue, diplomate. Il est en outre resté célèbre comme auto-expérimentateur passionné des perversions humaines.

Il mène une vie romanesque et voyage inlassablement sur tous les continents. Il parle une quarantaine de langues ou dialectes et, maîtrisant l'arabe, il est l'un des premiers Occidentaux à faire le pèlerinage de la Mecque. Il en rapporte notamment des croquis et des mesures de la Kaaba.

Au cours de sa carrière militaire et diplomatique, il sert d'abord en Inde en qualité de capitaine de l'armée de la Compagnie anglaise des Indes orientales, puis brièvement durant la Guerre de Crimée. Il dirige ensuite l'expédition de la Société royale de Géographie qui devait aboutir à la découverte du lac Tanganyika en 1858. Il devient plus tard consul de Grande-Bretagne à Fernando Po de 1861 à 1864, à Santos de 1865 à 1869, à Damas de 1869 à 1871 et enfin à Trieste de 1871 jusqu'à sa mort en 1890.

En plus de ses fonctions officielles, il est l'auteur de quantité de livres et articles consacrés aux sujets les plus divers : voyages, escrime et ethnographie. On lui doit notamment la première traduction non expurgée des Mille et Une Nuits et du Kamasutra.

Membre de la Royal Geographical Society, cofondateur de la Société anthropologique de Londres, il est fait chevalier de l'Ordre de Saint-Michel et Saint-Georges en 1886.

Richard Francis Burton naît à Torquay, dans le Devon (Royaume-Uni), à 21 h 30 le 19 mars 1821 (dans son autobiographie, il prétendit être né dans la maison de famille de Barham House, à Elstree dans le Hertfordshire). Il est baptisé le 2 septembre 1821 en l'église d'Elstree à Borehamwood.

Son père est le capitaine Joseph Netterville Burton, un officier de l'armée britannique d'origine irlandaise. Sa mère, Martha Baker, est l'héritière d'un esquire fortuné du Hertfordshire. Le couple aura deux autres enfants, Maria Katherine Elizabeth en 1823 et Edward Joseph en 1824.

Sa famille fait de nombreux voyages durant son enfance. En 1825, elle déménage à Tours en France puis au cours des années qui suivent se déplace entre l'Angleterre, la France et l'Italie. Sa première éducation lui est prodiguée par les nombreux précepteurs employés par ses parents.

Faisant preuve d'un don précoce pour les langues, il apprend rapidement le français, l'italien, le napolitain et le latin, ainsi que divers dialectes. Des rumeurs disent que, pendant sa jeunesse, il eut une liaison avec une jeune gitane, et qu'il apprit avec elle les rudiments de la langue romani. Certains en ont fait une explication possible de la facilité presque surnaturelle avec laquelle il fut plus tard capable de maîtriser l'hindi et d'autres langues indiennes indo-européennes, la langue des gitans faisant partie de la même famille linguistique. Les pérégrinations de sa jeunesse pourraient avoir favorisé l'individualisme de Burton. Comme il le dit lui-même dans un poème du Kasidah : « Fais comme ton humanité te l'ordonne, n'attends d'applaudissements de personne excepté de toi-même ».

Burton entre au Trinity College d'Oxford à l'automne 1840. Malgré son intelligence et ses capacités, il s'aliène bientôt ses professeurs et ses camarades. Dès son premier semestre, il aurait provoqué en duel un autre étudiant qui s'était moqué de sa moustache. Burton continue à assouvir sa passion des langues en étudiant l'arabe. Il passe ce qui lui reste de temps à étudier la fauconnerie et l'escrime.

En 1842, il assiste à une course d'obstacles équestre bravant l'interdiction faite aux plus jeunes étudiants. Et lorsqu'avec ses complices, il comparait devant les autorités de la faculté, il se lance dans un discours grandiloquent sur la confiance et l'inanité de traiter des étudiants comme de vilains enfants. Ceci lui valut une peine plus sévère. Alors que les autres participants sont suspendus temporairement, il est définitivement expulsé du Trinity College. On dit qu'en quittant Oxford, il a un geste d'ultime défi pour le milieu qu'il en était venu à mépriser en faisant passer son cheval et sa voiture sur les parterres de fleurs du collège.

Carrière militaire (1842-1853)

Selon ses propres mots « bon à rien d'autre qu'à se faire tirer dessus pour six pence par jour », Burton s'engage dans l'armée de la compagnie anglaise des Indes orientales. Il espère combattre sur le front de la Première Guerre anglo-afghane, mais ce conflit s'achève avant son arrivée et il est affecté au 18e régiment d'infanterie indigène de Bombay basé au Gujarat sous le commandement du général Charles James Napier.

Arrivé en Inde, il se met à parler couramment l'hindoustani (qu'il avait appris à Londres), le gujarati et le marathi aussi bien que le persan et l'arabe (dont il avait commencé l'étude en autodidacte à Oxford). Sa connaissance de la culture hindouiste atteint un niveau tel que son professeur hindou l'aurait autorisé officiellement à porter le janou (la « robe de brahmane » ; cordon porté par les dvijâs). Toutefois ceci n'est pas une certitude car une telle distinction aurait nécessité d'accomplir de longues études, de pratiquer le jeûne et de se raser en partie la tête. L'intérêt de Burton (et sa participation active) aux cultures et aux religions de l'Inde est jugé étrange par beaucoup de ses camarades qui l'accusent de « tourner indigène » et le traitent de « nègre blanc ». En outre, Burton a beaucoup d'habitudes particulières qui le mettent en marge des autres soldats. Alors qu'il est dans l'armée, il entretient toute une ménagerie de singes apprivoisés dans l'espoir d'apprendre leur langage.

On donne à Richard Francis Burton le surnom de « Dick le Ruffian » en raison sa « férocité démoniaque au combat et parce qu'il avait peut être affronté en combat singulier plus d'ennemis qu'aucun autre homme de son temps ».

On lui confie la mission d'établir le relevé topographique du Sind, et c'est pour lui l'occasion d'apprendre à se servir des instruments de mesure qui lui seront plus tard utiles dans son métier d'explorateur. C'est à cette époque qu'il prend l'habitude de voyager déguisé. Sous le nom de Mirza Abdullah, il trompe souvent les gens du pays et ses camarades officiers qui ne parviennent pas à le reconnaître. Il se met à travailler comme agent pour le compte de Napier et bien que les détails de sa mission ne soient pas connus, on sait qu'il participa à une enquête secrète dans un lupanar réputé pour être fréquenté par des soldats anglais et où de jeunes garçons se prostituaient. Son intérêt de toujours pour les pratiques sexuelles l'amène à produire un rapport si détaillé et réaliste qu'il devait plus tard lui causer des ennuis, lorsque des lecteurs ultérieurs de ce rapport (dont on lui avait pourtant assuré qu'il resterait secret) en vinrent à croire que Burton avait pris part lui-même à certaines des activités qu'il y décrivait.

Souffrant, il obtient un congé maladie de deux ans et est rapatrié en Europe en mars 1849. En 1850, il écrit son premier livre, Goa et la montagne bleue (Goa and the Blue Mountains), un guide de la région de Goa. Il se rend à Boulogne-sur-Mer pour y visiter l'école d'escrime et c'est là qu'il rencontre sa future femme Isabel Arundell, une jeune catholique de bonne famille.

Mû par son goût de l'aventure, Burton obtient le soutien de la Royal Geographical Society pour une exploration dans la péninsule arabique et la permission du comité directeur de la Compagnie anglaise des Indes orientales de quitter l'armée. Ses sept ans passés en Inde l'avaient familiarisé avec les mœurs et usages des musulmans et furent une bonne préparation à sa tentative de réaliser le hajj (c'est-à-dire le pèlerinage à la Mecque et dans ce cas à Médine). C'est ce voyage, entrepris en 1853, qui lui valut sa première célébrité. Il l'avait planifié alors qu'il voyageait déguisé en compagnie des musulmans du Sind, et s'était minutieusement préparé à l'épreuve par l'étude et la pratique, allant jusqu'à se faire circoncire pour réduire le risque d'être démasqué. Burton n'est pas le premier Européen à accomplir le Hajj : Ludovico de Verthema l'avait précédé en 1503, mais avait dû pour cela se convertir à l'Islam. Le pèlerinage de Burton reste néanmoins le plus fameux et le mieux documenté de l'époque.

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