Richard Deacon, né le 15 août 1949 à Bangor au pays de Galles, est un sculpteur britannique.
Né au pays de Galles, Richard Deacon suit sa scolarité au Plymouth College et, à l'âge de 19 ans, commence ses études artistiques au Somerset College of Art (en) à Taunton, où il a été élève de John Hilliard, Ian Breakwell et Rose Fmn-Kelcey. Puis il a suivi des cours à Londres à la St Martin's School of Art de 1969 à 1972, où il s'est concentré sur la performance. De 1974 à 1977, il étudie au Royal College of Art, où il se lie avec Tony Cragg. En 1976, il s'installe à Brixton et en 1977, il crée un studio à 52 Acre Lane. Il étudie l'histoire de l'art à mi-temps au Chelsea College of Art and Design.
1978-1979 fut une période décisive pour Deacon : son fils est né et il visite les États-Unis pendant un an. Là, il réalise une série de dessins appelés It's Orpheus When There's Singing. Sa fille naît en 1982. Deacon commence à travailler sur une série de sculptures Art for Other People. C'est à ce moment que son travail commence à être reconnu.
Aujourd'hui, Deacon expose dans le monde entier (Bonnefantenmuseum, Maastricht ; Whitechapel Art Gallery, Londres ; Kunstverein, Hanovre ; MOCA/CT, Los Angeles, etc.). Il réalise aussi de nombreuses œuvres d'art public, comme Between the Eyes à Yonge Square International Plaza à Toronto, Let's Not Be Stupid à l'Université de Warwick, etc. Il enseigne aussi au London Institute, à la Hochschule für Angewandte Kunst de Vienne et à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.
Deacon fait partie des sculpteurs les plus marquants de sa génération. En 1975, il expose pour la première fois dans les galeries du Royal College of Art de Londres. En France, il est représenté par la galerie Arlogos. En 1992, une exposition personnelle lui est consacrée au musée d'Art moderne Lille Métropole de Villeneuve-d'Ascq.
En 2007, il a représenté le pays de Galles à la Biennale de Venise.
En 2010, dans le cadre d'une commande publique, il a réalisé pour la Chalcographie du Louvre une gravure à l'eau-forte intitulée Alphabet siamois.
Les œuvres de Deacon sont d'apparence abstraites, mais les thèmes récurrents de la nature et du corps humain sont implicitement présents et, très souvent, une allusion aux fonctions anatomiques, en particulier aux organes de la perception, est évoquée. La courbe est un élément important de l'esthétique de ses œuvres, et la fragilité ou la minceur des matériaux employés donnent à son travail un caractère poétique.
Deacon explore aussi dans ses œuvres le rapport entre l'intérieur et l'extérieur. Il fait partie de ces sculpteurs qui affrontent directement les matériaux. Deacon travaille avec une gamme de matériaux variés et souvent industriels comme le lamellé-collé, l'acier inoxydable, l'acier galvanisé, le polycarbonate, le contreplaqué laminé, la céramique émaillée, le plastique, le cuir ou le tissu. Dans une interview, il explique : « changing materials from one work to the next is a way of beginning again each time (and thus of finishing what had gone before) » (Deacon, 2005). Ses œuvres en céramique fabriquées à la main sont inspirées par la façon dont le matériau réagit à des méthodes de construction et de manipulation où creusement, découpe, empilement et écrasement deviennent des techniques en elles-mêmes.
Deacon se dit plus « fabricant » que sculpteur, car il apparente sa pratique à celle d'un ouvrier spécialisé : « je ne sculpte pas, je ne modèle pas, je fabrique ». Il ne cherche pas à dissimuler les procédés d'assemblage ; au contraire, il les accentue : rivets, boulons et colle font partie intégrante des formes de l'œuvre finale.
Ses constructions sont souvent d'ampleur inattendue. Auteur d'une trentaine de sculptures monumentales pour l'espace urbain ou naturel, Deacon a réalisé aussi de nombreuses sculptures de format moyen, à l'échelle du corps humain ou à celle de l'atelier, ainsi que des œuvres de petit format (Art for Other People, …and… …if… …but… …so…, Siamese Pink, Siamese Snakeskin, Siamese Yellow, Some More for the Road, etc.). Ses œuvres invitent à une expérience physique de l'objet sculpté, de même qu'à une approche sensible de leurs matériaux, de leurs modes de fabrication et de leurs lieux d'inscription.
1984 : Nomination au prix Turner
1987 : Prix Turner pour sa sculpture To My Face No. 1
1995 : Robert Jakobsen Preis, Musée Würth, Künzelsau, Allemagne
1996 : Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres (France)
1998 : Membre de la Royal Academy (RA)
1999 : Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique
2010 : Membre de l'Académie des arts de Berlin