Les rhinocéros sont les mammifères périssodactyles appartenant à la famille des rhinocérotidés (Rhinocerotidae).
Les rhinocéros font localement l'objet d'une protection et de projets de réintroduction. Ils sont très utiles pour fertiliser le sol. Ils peuvent mesurer 4 m de longueur pour 1,50 à 2 m de hauteur au garrot, et une masse pouvant avoisiner les trois tonnes. Ce sont les plus gros mammifères terrestres actuels après l'éléphant. Les rhinocéros sont du même ordre que les chevaux et les tapirs, et non celui des éléphants. Leurs cris sont un barrissement, un grognement, un halètement. Le mot « rhinocéros » vient du grec rhinos, nez, et keras, corne, car il porte une ou deux cornes sur le nez, et non sur le front comme les autres mammifères cornus. Cinq espèces actuelles sont reconnues, appartenant à quatre genres :
Ceratotherium simum ou rhinocéros blanc, à deux cornes,
Diceros bicornis ou rhinocéros noir, à deux cornes ;
Dicerorhinus sumatrensis ou rhinocéros de Sumatra, à deux cornes,
Rhinoceros sondaicus ou rhinocéros de Java, à une corne,
Rhinoceros unicornis ou rhinocéros indien, à une corne.
Le rhinocéros possède un statut particulier dans l'imaginaire européen puisque sa connaissance et ses descriptions ont longtemps existé en parallèle de la composante mythique véhiculée par la licorne. L'animal indien, décrit sous le nom de monoceros ou unicornis par Ctésias, Pline l'Ancien, Strabon et d'autres auteurs anciens, qui est probablement un mélange de l'onagre, de l'antilope du Tibet et du rhinocéros indien, entretient cette confusion. Pourtant, ils connaissent le rhinocéros puisque ces animaux exotiques sont importés pour être utilisés dans les combats d'animaux dans les arènes.
Cependant, certains auteurs antiques distinguent déjà le rhinocéros de la licorne. Diodore de Sicile mentionne l'animal sous son nom de « rhinocéros » dans sa description de l'Éthiopie. Selon lui, l'animal aiguise sa corne contre des rochers et est « ennemi de l'éléphant », dont il ne manque pas une occasion d'essayer de percer le ventre avec sa corne. Cette croyance en une hostilité naturelle farouche entre rhinocéros et éléphants apparaît aussi chez Claude Élien. Au IIIe siècle, Oppien de Syrie, dans ses Cynégétiques, affirme que l'animal peut même percer une roche avec sa corne ; il affirme aussi que les rhinocéros sont tous mâles et que, de ce fait, la façon dont ils se reproduisent reste mystérieuse.
Le Livre de Marco Polo écrit en 1298 mentionne à Sumatra les rhinocéros, qu'il appelle « unicornes » en précisant que c'est « une bête moult laide à voir et qui n'est pas telle comme nous disons ici qu'elle se prend au giron d'une pucelle vierge mais est plutôt tout le contraire ». L'animal ne sera clairement distingué de la licorne qu'au XVIe siècle, lorsqu'il est redécouvert en Europe avec le rhinocéros de Dürer. Mais Dürer n'a pas vu le mammifère et dessine un rhinocéros chimérique, et c'est cette gravure qui reste l'image du rhinocéros pendant plus de deux siècles : ni la présence d'un nouveau rhinocéros indien pendant huit années à Madrid de 1579 à 1587, représenté par une gravure de Philippe Galle en 1586 à Anvers et qui a pourtant inspiré certains artistes au XVIIe siècle, ni l'exposition d'un rhinocéros vivant à Londres en 1684-1686 et d'un deuxième en 1739 n'ont empêché le rhinocéros de Dürer de rester pour la plupart des gens l'image vraie d'un rhinocéros. Ce n'est qu'à partir du XVIIIe siècle, avec l'arrivée de rhinocéros célèbres en Europe, que l'image réaliste de ce dernier animal se substitue à celle de Dürer dans l'iconographie européenne. Le rhinocéros de Versailles et surtout la tournée européenne de Clara déclenchent une véritable rhinomania, celle-ci faisant vendre estampes, gravures, brochures et inventer rubans, harnais, bonnets, perruques et même coiffures « à la rhino ».
La principale caractéristique visible des rhinocéros est la corne sur leur nez. Selon l'espèce, il y en a une ou deux. Chez les rhinocéros fossiles, on trouve aussi des espèces dépourvues de corne. La corne avant pousse sur l'os nasal, la corne arrière (quand elle existe) sur l'avant du crâne. Malgré leur dureté, les cornes ne se composent pas d'une substance osseuse. Ce ne sont pas des cornes à proprement parler, mais des protubérances de la peau composées de kératine agglutinée, une protéine fibrillaire comme les cheveux et les ongles humains. Les vraies cornes (vaches, buffles) poussent à partir du crâne. La corne du rhinocéros pousse environ de 7 cm par an. Elle repousse comme l'ongle. La plus grande corne connue mesurait 1,58 m.
Le nom du rhinocéros en langue indienne[précision nécessaire] est relié à la mythologie de la Licorne (uni corne). Dressée vers le ciel, la corne est une grande protection et un symbole de puissance.[réf. nécessaire]
Dans certaines cultures de l'Asie orientale, les rhinocéros sont tués uniquement pour leurs cornes car elles sont utilisées pour faire des sculptures, des coupes libatoires notamment. Les supposés effets thérapeutiques et aphrodisiaques attribués à la corne broyée et la mode des poignards en corne de rhinocéros dans les classes supérieures du Yémen, comme marque de rang social et symbole de virilité, ont favorisé leur trafic sur le marché noir et le braconnage d'espèces pourtant en voie de disparition. Des tests faits en laboratoire n'ont révélé aucune des propriétés prétendues : selon Raj Amin, de la Société Zoologique de Londres, « médicalement, c'est comme se ronger les ongles ».
On distingue la corne de rhinocéros des autres cornes grâce à l'existence de poils sur la corne et à son intérieur plein, contrairement à l'ivoire, qui est creux. Les cornes de rhinocéros possèdent une couleur généralement sombre qui peut virer au marron clair selon les cornes. À sa base, cette crête est rugueuse au toucher.
Les rhinocéros ont un corps massif et des jambes grosses et courtes. Leurs pattes ressemblent à celles du tapir mais chaque pied a trois doigts se terminant chacun par un gros ongle, comme trois sabots miniatures, d'où l'empreinte caractéristique en feuille de trèfle. La peau est épaisse et de couleur grise ou brune. La peau du rhinocéros est douce près de sa bouche.
Chez les espèces asiatiques, la peau au début du cou et des jambes est si plissée qu'elle donne l'impression d'un blindage.
Les rhinocéros ont une faible capacité visuelle mais un odorat développé et une très bonne audition. Leur très mauvaise vue semble liée à des mutations du gène IFT43, qui code une protéine impliquée dans le transport d'autres protéines le long des flagelles et des cils cellulaires ; la protéine mutée serait moins efficace pour faire se rejoindre le rétinal et les opsines.
Malgré leur apparence, les rhinocéros sont dotés d'une musculature impressionnante qui leur permet de courir très vite si nécessaire mais sur une courte distance, jusqu'à 50 km/h pour les plus rapides. Très agiles, ils peuvent aussi faire volte-face en pleine course.