La retraite est la période de la vie d'un travailleur où, après s'être retiré de la vie active, continue de toucher régulièrement une somme à titre de pension. L'essentiel de ses revenus provient alors d'une rente « le plus souvent viagère », de son patrimoine accumulé au cours de la vie active, ou encore d'une aide sociale accordée aux personnes âgées.
Chaque société a ses propres coutumes, éventuellement inscrites dans une loi ou dans la constitution, fixant les conditions dans lesquelles on peut (diverses conditions d'âge, de participation financière à un système légal, état de santé, maternité, handicap, invalidité…) ou même on doit (limite d'âge) prendre sa retraite, et les sommes qui seront versées. Des systèmes de financement sont mis en place dans la plupart des pays, fondés sur :
l'aide sociale (transferts sociaux) ;
la solidarité inter-générationnelle (base de la retraite par répartition) ;
l'épargne (retraite par capitalisation, assurance-vie…)
mélangées en proportions variables.
Dans l'histoire, la retraite était un phénomène rare et court, l'âge de la retraite étant aligné sur l'espérance de vie.
Les premiers systèmes de retraite sont connus dès l'Antiquité. En raison de la professionnalisation de l'armée pendant la République les vétérans de l'armée romaine en bénéficient. Lors de la République tardive, des terres leur sont octroyées pour installer des colonies sur les nouveaux territoires conquis, ou sur des terres prétendues publiques en Italie. Sous l'Empire, ils perçoivent une prime de démobilisation d'un montant équivalent à une dizaine d'années de solde.
Sous Auguste, l'Empire romain ne parvient plus à payer les retraites de ses légionnaires. En 23 av. J.-C., le consul Caius Marius propose à Auguste de faire passer de 16 à 20 ans le nombre d'années de service militaire obligatoire. L'empereur crée en outre le Trésor militaire (Ærarium militare), caisse de retraite des légionnaires approvisionnée par une taxe de 5 % sur les héritages et de 1 % sur toutes les ventes.
Au Moyen Âge, dans les abbayes bénédictines, les serviteurs laïques de certaines abbayes percevaient des pensions (en argent ou en nature) lorsque l'âge ne leur permettait plus d'exercer leur charge. Parfois même les veuves pouvaient continuer à percevoir ces pensions. Quelques catégories sociales (religieux, militaires, artisans) bénéficiaient d'une caisse de retraite alimentée par leur confrérie.
Le versement d'une retraite prend son essor en Europe au XIXe siècle, en réponse de Bismarck à l'agitation sociale. Elle se généralise au XXe siècle avec l'allongement de l'espérance de vie.
Différents systèmes de retraites
Plusieurs grands principes de fonctionnement, qui peuvent être combinés et le sont effectivement en pratique, existent.
Ils font intervenir des contraintes règlementaires (l’État impose le système de retraite) et des décisions personnelles. Les individus, en fonction de leur préférence pour le présent, leur insouciance voire leur irresponsabilité, et par ailleurs la confiance qu’ils ont dans le fonctionnement du système et dans sa gestion (en France, par les partenaires sociaux), peuvent agir sur :
le choix de la répartition de la consommation au cours de la vie : ils peuvent se constituer une épargne qui complètera leur pension ;
le choix de leur âge de départ à la retraite dans les limites règlementaires.
Les deux grands axes d'analyse (indépendants) sont,
d'une part si le régime est organisé en fonction des contributions (à cotisation définie) ou de l'objectif de pension à verser (à prestation définie),