Rennes (en gallo : Rene /rən/ ; en breton : Roazhon /ˈrwɑːzõn/) est une commune du nord-ouest de la France, chef-lieu du département d'Ille-et-Vilaine et de la région Bretagne. La ville se situe en Haute-Bretagne — partie orientale de la Bretagne — à la confluence de l'Ille et de la Vilaine.
Située sur l'arc atlantique européen, Rennes compte 230 890 habitants intra-muros, ce qui fait d'elle la première ville de la région Bretagne, la deuxième ville du Grand Ouest et de la Bretagne historique, après Nantes, et la onzième commune la plus peuplée de France en nombre d'habitants. L'unité urbaine est peuplée de 381 156 habitants en 2023 et son aire d'attraction, qui comprend 789 516 habitants en 2023, est la dixième au niveau national. Rennes est le siège d'une métropole de 451 762 habitants en 2018, faisant ainsi partie des douze grandes métropoles françaises de droit commun (depuis janvier 2015).
À l'époque gallo-romaine, la cité fondée par les Riedones porte le nom gaulois de Condate. La ville voit son pouvoir politique s'accroitre au Moyen Âge en devenant successivement forteresse des Marches de Bretagne puis capitale du duché de Bretagne. Sous l'Ancien Régime, l'union de la Bretagne à la France range progressivement Rennes au rang de grande ville provinciale. L'implantation du Parlement de Bretagne à Rennes au XVIe siècle — devenu palais du Parlement de Bretagne au XVIIe siècle — a cependant permis à la Bretagne de conserver jusqu'à la Révolution française une certaine autonomie à l'égard du pouvoir royal de l'époque. Rennes a notamment joué un rôle important dans la révolte du Papier timbré en 1675. Victime d'un terrible incendie en 1720, le centre médiéval en bois de la ville est partiellement reconstruit en pierre (granit et tuffeau). Restée majoritairement rurale jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Rennes se développe véritablement au XXe siècle.
À partir des années 1950, la commune surnommée « ville des administrations » connaît un essor économique, urbain et démographique lié notamment à l'exode rural et à une industrialisation nouvelle (usine automobile de PSA La Janais). Durant les années 1980 et 1990, Rennes acquiert une position stratégique dans les télécommunications (création du Minitel et Transpac). Elle est depuis devenue un pôle important du secteur tertiaire en se tournant vers le numérique et les nouvelles technologies (technopole Rennes Atalante, pôle de compétitivité Images et Réseaux, labellisation French Tech, IRT b-com, choix du métro automatique VAL). En 2018, le bassin d'emploi de Rennes comprend 704 933 habitants. Elle est l'une des villes les plus productives et dynamiques de France, avec un taux de chômage autour de 6,5 % en 2018.
Rennes fait partie des grandes villes estudiantines françaises, en étant en 2024 la deuxième ville universitaire avec près de 73 000 étudiants, derrière la ville de Montpellier. Labellisée ville d'art et d'histoire, elle a conservé un important patrimoine médiéval et classique au sein de son centre historique. 90 édifices sont ainsi protégés au titre des monuments historiques.
La ville de Rennes est située en région Bretagne, dans l'Ouest de la France, à 308 km en distance orthodromique (à vol d'oiseau) de Paris. Elle est donc excentrée par rapport à l'axe Lille-Paris-Lyon-Marseille structurant le territoire français et elle l'est plus encore par rapport à la dorsale européenne qui relie Londres à Milan ou du pentagone européen. La ville cherche cependant à tirer parti de sa position centrale dans l'arc atlantique pour affirmer son rôle de ville européenne. C'est d'ailleurs à Rennes qu'a été créée en 2000 la conférence des Villes de l'Arc Atlantique qui y a son siège.
Excentrée au niveau national et européen, la ville de Rennes l'est aussi au niveau régional. Située à moins de 50 km de la limite orientale de la Bretagne à La Gravelle, Rennes se situe à plus de 250 km de l'île d'Ouessant. En distance orthodromique, elle est ainsi plus proche d'Angers (128 km) que de Brest (210 km) et plus proche de Caen (154 km) que de Quimper (180 km).
De plus, Rennes se situe au point de jonction de la liaison Manche-Atlantique constituée par la Vilaine et le canal d'Ille-et-Rance. La ville est plus proche des côtes de la Manche (55 km) que de celles de l'océan Atlantique (90 km), et est la seule ville bretonne de plus de 25 000 habitants qui ne soit pas située en bord de mer ou d'estuaire.
Selon les données établies par l'Insee, Rennes est la commune centre de l'unité urbaine de Rennes, formée de 16 communes et plus largement de l'aire d'attraction de Rennes (183 communes) et de son espace urbain.
La métropole de Rennes comprend 43 communes.
La ville de Rennes s'étend quant à elle sur 50 km2 dont 8,6 km2 d'espaces verts et jardins publics.
Bien que globalement plat – l'altitude de la commune est comprise entre 20 et 74 mètres – le relief de la commune est marqué par les vallées creusées par l'Ille et la Vilaine.
Le site choisi pour la fondation de la ville est celui d'un promontoire dominant le confluent de l'Ille et de la Vilaine. Le développement de la ville s'est tout d'abord fait sur les terrains hauts au nord de la Vilaine ; les terrains marécageux situés au sud du fleuve n'ont été urbanisés qu'au XVe siècle. Le relief n'a jamais constitué un frein au développement urbain. La ville s'est progressivement développée de part et d'autre des cours d'eau pour s'étendre au XXe siècle sur les hauteurs environnantes : plateau du Haut-Quineleu, au sud de la gare, hauteurs de Maurepas et de Villejean, au nord-est et au nord-ouest du centre-ville.
En raison d'un lit peu profond, la Vilaine provoque de fréquentes inondations qui ont conduit les autorités municipales à prendre de nombreuses mesures pour les limiter. Dès le XVIe siècle, des travaux de canalisation sont envisagés afin d'améliorer sa navigabilité mais, malgré de nombreux projets élaborés à la suite de l'incendie de 1720, il faut attendre le XIXe siècle pour que les travaux soient entrepris. Après l'achèvement des travaux de canalisation, des inondations se sont encore produites, parfois catastrophiques comme en 1966 et en 1974, conduisant la municipalité à se doter d'un large éventail d'équipements. L'état de catastrophe naturelle a été constaté à la suite des inondations des 30 juin et 19 septembre 2009, consécutives à des orages exceptionnels.
La région de Rennes est localisée dans le domaine centre armoricain, dans la partie médiane du Massif armoricain qui est un socle ouest-européen de faible altitude (maximum 400 m), caractérisé par des surfaces d'aplanissement et qui résulte d'une histoire complexe composée de trois orogenèses : icartienne (Paléoprotérozoïque,ca. 2,2-1,8 Ga), cadomienne (Édiacarien 750-540 Ma) et surtout varisque (ou hercynienne, au Dévonien-Carbonifère, 420-300 Ma). La structure du Massif armoricain résulte de la superposition de l'héritage de ces deux derniers orogènes.
La ville se trouve au centre du bassin de Rennes constitué de sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux (notamment les schistes verts de Rennes utilisés en matériau de construction) issus de l'érosion de la chaîne cadomienne et accumulés sur plus de 1 500 m d'épaisseur. Les différentes couches briovériennes qui le composent ont été plissées et remaniées par la suite, notamment lors de l'orogénèse hercynienne, d'où une succession irrégulière où dominent les schistes, mais où s'intercalent des grès, des conglomérats et de nombreux faciès dont on connaît mal la répartition, faute d'affleurements. Cette irrégularité se traduit dans les reliefs caractérisés par une succession de collines et de vallées généralement peu marquées.
Une tectonique de distension E-W, associé à la phase distensive qui a affecté l'Europe de l'Ouest à partir de l'Éocène (phase de rifting liée à l'orogenèse alpine et à l'origine du rift ouest-européen), affecte également ce bassin. Il en résulte le demi-graben de Rennes – Chartres-de-Bretagne, dirigé par la faille de Pont-Péan qui a joué un rôle de drain à l'échelle régionale. Cet étroit bassin d'effondrement, s'évasant vers le nord-ouest, à fond incliné vers l'est, favorise le dépôt de sédiments observés dans de petites accumulations : les parties les plus encaissées du bassin, autour de Saint-Jacques-de-la-Lande et Le Rheu conservent les traces de la sédimentation marine au Miocène (mer des Faluns), ou de celle des sables rouges pliocènes. Ce socle, profondément altéré et régulièrement masqué par des dépôts de limons issus de l'érosion éolienne durant la dernière glaciation, donne des sols bruns à hydromorphie variable.