Renault-Nissan-Mitsubishi est une alliance liée par des participations croisées, détenue à parité par Renault et Nissan. Elle prend la suite de l'alliance Renault-Nissan.
Une société de droit néerlandais, Renault-Nissan BV, est créée le 27 mars 1999 pour élaborer une stratégie commune et développer des synergies ; elle est détenue à parité par Renault et Nissan. Cette alliance naît à la suite d'une période de difficultés financières pour Nissan, ce qui donne l'occasion à Renault de racheter une partie du groupe Nissan et d'y placer à sa tête Carlos Ghosn dans le but de le restructurer.
En 2011, Renault-Nissan devient le troisième groupe automobile mondial, derrière Toyota et Volkswagen AG. Régulièrement classée parmi les quatre premières places mondiales en nombre de ventes, l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi atteint au premier semestre 2017, la première place devant Volkswagen AG, Toyota et General Motors.
L'entente au sein de l'alliance se dégrade fortement en 2015 lorsque les ministres de l'Économie Arnaud Montebourg, puis Emmanuel Macron, font pression sur l'entreprise pour lui imposer la « loi Florange » qui permet de donner un droit de vote double aux actionnaires présents au capital depuis plus de deux ans. Face à l'opposition de Carlos Ghosn, qui rappelle que les Japonais détiennent 15 % du capital sans aucun droit de vote, Emmanuel Macron passe en force ; le mardi 7 avril 2015, il engage plus d'1 milliard d'euros de l’État pour acquérir 4,73 % du capital de Renault et viser la minorité de blocage. Le camp japonais considère dès lors l'intervention de l’État français comme illégitime, hostile et préparant une fusion flouant les intérêts de Nissan.
Le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn et Greg Kelly, respectivement président-directeur général et directeur du développement de l'alliance, sont arrêtés et placés en garde à vue au Japon pour fraude fiscale présumée et abus de biens d'entreprise, à la suite d'une dénonciation de Nissan. Le 20 novembre, le conseil d'administration de Renault nomme Thierry Bolloré directeur général et Philippe Lagayette président du conseil d'administration par intérim, en remplacement de Carlos Ghosn. Le 22 novembre, le conseil d'administration de Nissan démet Carlos Ghosn et Greg Kelly de leurs fonctions, et met en place un comité pour réformer son système de rémunération et un autre pour proposer des candidats à la présidence du conseil d'administration. Selon plusieurs commentateurs, la dénonciation et les mesures du conseil d'administration de Nissan serait due à une divergence de stratégie avec Renault et ses partisans, dont Ghosn et Kelly, qui viseraient une relation plus étroite, voire une fusion avec Nissan, alors que cette dernière y serait opposée, voire chercherait à quitter l'alliance. La manœuvre est notamment qualifiée de « coup d'État » et Hiroto Saikawa, directeur général de Nissan depuis 2017, est dépeint comme un de ces principaux instigateurs.
Depuis novembre 2018 et l'affaire Carlos Ghosn, soit la publication des accusations de malversations financières de ce dernier, l'alliance a pris un coup dans l'aile. Le nouveau conseil opérationnel, créé par un protocole d'accord le 12 mars 2019, est composé du directeur général exécutif de Renault, Thierry Bolloré, des PDG de Nissan et Mitsubishi, Hiroto Saikawa et Osamu Masuko, ainsi que de Jean-Dominique Senard, président de Renault et nouvellement chargé du partenariat franco-japonais.
Le 28 novembre 2019, le conseil d’administration décide de se doter d’un nouveau secrétaire général. Le choix se porte sur Hadi Zablit, un ingénieur franco-libanais chargé jusqu’alors de l’innovation de rupture au sein de l'Alliance et membre du comité de direction du groupe Renault.
Le 16 janvier 2023, le conseil d'administration de Nissan valide le plan de restructuration de l'alliance proposé depuis des mois par Luca de Meo, avec l'aval du gouvernement français. La participation de Renault dans le capital de Nissan passera progressivement de 43 % à 15 % et les droits de vote des 15 % que Nissan détient dans Renault seront rétablis. Les deux sociétés mettront en place un « trust » qui gérera les 28 % des titres de Nissan que Renault prévoit de céder progressivement, en fonction de l'évolution du marché boursier ; Renault continuera à recevoir les dividendes des actions logées dans ce trust.
En 2024, Renault se désengage progressivement de sa participation dans Nissan, vendant entre décembre 2023 et septembre 2024, une participation de 12,5 % dans Nissan pour 1,6 milliard d'euros, participation qui est acquise par Nissan qui supprime ces actions.
Stratégie financière et juridique
L'alliance est réalisée en deux temps. Tout d'abord, à l'initiative de Louis Schweitzer et avec le soutien du gouvernement français, Renault prend 36,4 % des parts de Nissan, et investit 5 milliards d'euros pour la restructuration de Nissan opérée sous la houlette de Louis Schweitzer qui veille à la bonne marche de l'alliance qu'il a mise en place. En juin 1999, Louis Schweitzer confie les rênes de l'Alliance à Carlos Ghosn dans le but de redresser les comptes de Nissan et sa rentabilité.
Plus tard, une participation de 15 % est prise par Nissan dans Renault (sans droit de vote), tandis que Renault augmente sa part dans Nissan jusqu'à 43,4 %. Des analystes jugent cependant que malgré les discours parlant d'alliance d'égaux, la forme effectivement prise par l'alliance relève plutôt d'une prise de contrôle de Nissan par Renault.
Ensuite, l'alliance organise une prise de participations croisées avec Daimler AG, dans laquelle Renault et Nissan prennent chacun 1,55 %, tandis que Daimler AG reçoit 3,1 % de Renault et 3,1 % de Nissan.
Depuis 2008, Renault possède aussi 25 % de AvtoVAZ (Lada).
En juin 2014, Renault-Nissan possède 67,1 % d'une coentreprise qui possède à son tour 74,5 % de AvtoVAZ, soit 50 % au total par les deux constructeurs. La répartition est 37,5 % pour Renault, et 12,5 % pour Nissan.
En octobre 2016, Renault annonce recapitaliser AvtoVaz seul, passant théoriquement de 37 % à 72,5 %. La part de Nissan descendrait de 12,5 % à 5,5 %, et celle de Russian Technologies de 25 % à 11 %.
En décembre 2016, Renaissance Capital annonce acheter 24,1 % d'Avtovaz, via une augmentation de capital de 405 millions d'euros. Renault en parallèle, passe de 37 % à 47 %, indiquant que Renault n'avait pas eu à recapitaliser en octobre. Cependant, la part de Renault dans la coentreprise possédant Lada est ici passée de 50 % à 75 %, la part de cette même coentreprise dans Lada se diluant de 75 % à 65 %, d'où la participation indirecte de Renault dans Lada de seulement 47 %.
Les marques contrôlées par Renault et Nissan sont réparties comme suit :