Renaat Van Elslande, né Renaat Antoon Joseph Cornelis Van Elslande le 21 janvier 1916 à Boekhoute et mort le 21 décembre 2000 à Uccle, est un homme politique belge flamand, membre du Christelijke Volkspartij (CVP).
Député de l'arrondissement de Bruxelles de 1949 à 1981, il est successivement ministre chargé des affaires culturelles, de la Culture, des Affaires européennes, de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de la Coopération au développement et de la Justice. Il est nommé ministre d'État le 26 mai 1992.
Renaat Antoon Joseph Cornelis Van Elslande naît le 21 janvier 1916 à Boekhoute, dans l'actuelle commune d'Assenede. Il grandit à Vlamertinge, en Flandre-Occidentale, dans une famille dont le père est instituteur. Il suit des humanités gréco-latines au petit séminaire de Roulers, où il est membre de l'Algemeen Katholiek Vlaamsch Studentenverbond de 1928 à 1931, puis de la Katholieke Studentenactie.
Il étudie ensuite le droit de 1936 à 1941, puis les sciences politiques et sociales de 1939 à 1942 à l'Université catholique de Louvain. Pendant ses études, il participe à plusieurs associations étudiantes flamandes, dont Met Tijd en Vlijt, le Jong Volksche Front et le Jeugdfront.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il est avocat stagiaire à Courtrai et à Louvain, puis à Bruxelles. Après la Libération, il devient lecteur à l'Université catholique de Louvain et commence une carrière journalistique. Il est rédacteur parlementaire au quotidien néerlandophone De Nieuwe Standaard, puis rédacteur en chef de l'hebdomadaire politique ’t Westen de 1945 à 1947.
Débuts politiques et mandat communal
Après son mariage, Van Elslande s'établit à Lot, dans le Brabant flamand. À la suite des élections communales de l'après-guerre, il devient bourgmestre de cette commune et exerce ce mandat jusqu'en 1976.
Engagé dans le nouveau CVP, il rejoint le centre d'études et de documentation du parti. En 1949, il est élu membre de la Chambre des représentants de Belgique pour l'arrondissement de Bruxelles. Il conserve ce mandat parlementaire jusqu'en 1981.
Au Parlement, Van Elslande s'intéresse particulièrement aux rapports entre Flamands et Wallons. Membre du Centre Harmel, il s'impose comme l'une des figures du groupe de parlementaires flamands d'après-guerre favorables à l'autonomie culturelle. Le 5 mai 1954, il dépose une proposition de loi visant à créer des conseils culturels, sans obtenir alors le soutien politique nécessaire.
Son entrée au gouvernement en septembre 1960 marque le début d'une longue carrière ministérielle. Comme ministre-sous-secrétaire d'État aux Affaires culturelles, il est notamment chargé de l'application de la loi de mai 1960 relative à l'Institut national de radiodiffusion. Par la suite, comme ministre chargé de la Culture et adjoint à l'Éducation nationale, il participe à la séparation progressive des services culturels et éducatifs selon les rôles linguistiques. Ce processus aboutit en 1968 à la scission complète du ministère de l'Éducation nationale en deux titulaires.
La chronologie de ses mandats fédéraux et ministériels est documentée par le Parlement flamand.
Après une interruption comme président du groupe flamand CVP à la Chambre entre 1965 et 1966, il revient au gouvernement comme ministre des Affaires européennes et de la Culture néerlandaise. De 1969 à 1972, il dirige de nouveau le groupe CVP à la Chambre.
Comme ministre de l'Intérieur de janvier 1972 à janvier 1973, il suit l'application des lois linguistiques et prépare les fusions de communes qui seront ensuite mises en œuvre par son successeur Joseph Michel.
En janvier 1973, il devient le premier ministre belge des Affaires étrangères néerlandophone. Les sources parlementaires et biographiques soulignent notamment son action dans les relations avec le Zaïre et dans la rationalisation de la politique belge de coopération au développement. Lors de l'éloge funèbre prononcé au Sénat le 11 janvier 2001, cette fonction est rappelée comme l'une des premières importantes de sa carrière politique.
Il termine sa carrière ministérielle comme ministre de la Justice de 1977 à 1980. Entre octobre 1978 et avril 1979, il est également vice-Premier ministre, chargé de la préparation et de la défense de la déclaration de révision de la Constitution. Il quitte la vie parlementaire en 1981.
Renaat Van Elslande est nommé ministre d'État le 26 mai 1992. Il meurt à Uccle le 21 décembre 2000. Lors de la séance du Sénat belge du 11 janvier 2001, son parcours est salué comme celui d'un avocat, journaliste, bourgmestre, chargé de cours, député et ministre.
Het buitenlands beleid van België 1973-1974-1975, Bruxelles, Ministère des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération au développement, 1976.
Het buitenlands beleid van België in 1976, Bruxelles, Ministère des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération au développement, 1977.