Ce Jour-là

René de Obaldia

Dramaturge et poète français

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René de Obaldia, né le 22 octobre 1918 à Hong Kong et mort le 27 janvier 2022 à Paris, est un dramaturge, romancier et poète français.

Il a écrit des textes qui sont presque tous empreints d'humour fantastique, de fantaisie et d'imagination. Il est membre de l'Académie française de 1999 à sa mort.

René de Obaldia est l'arrière-petit-neveu de José Domingo de Obaldía (1845-1910), deuxième président de la République du Panamá, et le fils du diplomate panaméen José Clémente de Obaldía, originaire de la province de Chiriquí, qui deviendra ministre de l'Intérieur du Panama. Son fils apprendra sa nomination par la presse, son père ayant disparu alors que la famille était en Chine.

Sa mère, Madeleine Peuvrel, est d'origine picarde et serait cousine de Michèle Morgan.[réf. nécessaire]

René de Obaldia naît le 22 octobre 1918 à Hong Kong, au couvent Saint-Paul, où son père, José Clemente de Obaldía, est consul du Panama. On ne lui donne alors que quelques heures à vivre. À sa naissance, son père avait quitté le domicile familial et sa mère, Madeleine Peuvrel, désemparée, n'ayant plus aucune nouvelle de son mari depuis trois mois, décide de retourner en France avec ses trois enfants, si bien qu'il n'a jamais connu son père. Elle met son fils en nourrice chez des ouvriers, tandis qu'elle s'inscrit aux cours Pigier pour devenir secrétaire.

Obaldia grandit à Amiens (lycée Louis-Thuillier) et Paris (lycée Condorcet) avant d'être mobilisé en 1940. Fait prisonnier, il est envoyé au stalag VIII C (Sagan). Il est affecté à la briqueterie de Kransdyhernfurt[réf. nécessaire] le 26 juin 1940, puis à un commando à Auras-sur-Oder, le 6 octobre 1940, pour un nettoyage de forêt. Il passe finalement quatre ans au stalag.

De retour de captivité, psychiquement assez éprouvé, il écrit des poèmes et fait de la figuration dans quelques films grâce à son ami Guy Lefranc. Il est même acteur dans un film de son ami, Une histoire d'amour (1951), où il a une courte scène avec Louis Jouvet.

Ami de Clara Malraux, d'Alain Robbe-Grillet, de Roland Barthes et de Jean-Michel Atlan, René de Obaldia commence sa carrière de dramaturge en 1961, grâce à Jean Vilar qui programme au Théâtre national populaire sa première grande pièce, Génousie, jouée au Théâtre Récamier dans une mise en scène de Roger Mollien, puis avec André Barsacq qui crée au théâtre de l'Atelier Le Satyre de la Villette. Cette comédie le hisse au niveau de ses aînés, Jacques Audiberti, Ionesco, Samuel Beckett. Il est, depuis quelque cinquante ans, l’un des auteurs de théâtre français les plus joués au monde, et l’un des plus internationaux (traduit en 28 langues).

En février 1978, il fait partie des membres fondateurs du Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés.

Il est aussi le parolier de Luis Mariano et le partenaire de Louis Jouvet au cinéma (dans Une histoire d'amour en 1951).

Élu à l'Académie française le 24 juin 1999 au fauteuil 22, succédant à Julien Green, il en devient le doyen d'âge après la mort, le 7 mars 2012, de Félicien Marceau, jusqu'à sa mort en 2022. Il y avait été reçu le 15 juin 2000 par Bertrand Poirot-Delpech. Le 22 octobre 2018, il fut le deuxième académicien à atteindre l'âge de cent ans, après Claude Lévi-Strauss (Fontenelle étant mort à 99 ans et 11 mois), puis, le 23 septembre 2019, le plus vieil académicien depuis le début de l'institution, dépassant Lévi-Strauss, et le premier à fêter ses cent-un, puis cent-deux, puis cent-trois ans.

En 2008, il est lauréat du grand prix de poésie Pierrette-Micheloud pour l'ensemble de son œuvre.

Son épouse Diane de Obaldia meurt le 8 novembre 2012 dans le 6e arrondissement de Paris à l'âge de 80 ans.

Il a vécu rue Saint-Lazare à Paris et à Trouville-sur-Mer.

René de Obaldia meurt le 27 janvier 2022 à Paris à l'âge de 103 ans. Il est inhumé auprès de son épouse au cimetière du Montparnasse (division 14).

Obaldia a été qualifié d'« inventeur du langage ».[réf. nécessaire]

Dans ses œuvres, selon le journaliste Jérôme Garcin, « on [...] parle l'obaldien vernaculaire (c'est une langue verte, savante et bien pendue, qui se décline en alexandrins, calembours et parodies). On y tient que l'absurde est plus sérieux que la raison. On y pratique un doux anarchisme. On y croise, selon la saison, Queneau, Jarry, Ionesco et Giraudoux. » En plus de ces auteurs, Obaldia a par ailleurs lui-même avoué avoir été fortement influencé par Jacques Audiberti, Roger Vitrac et Witold Gombrowicz. Il réfute pour autant cette catégorisation d'auteur de l'absurde, préférant celle du mystère, car "si la vie est absurde, c'est vraiment trop absurde".

Au début de son poème Innocentines (1969), Obaldia est l'auteur de ce vers utilisé dans les exercices d'articulation : « Le geai gélatineux geignait dans le jasmin ».

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